•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des salons de coiffure en situation précaire

Les entreprises de beauté craignent l'éventualité d'une nouvelle fermeture en cas de deuxième vague.

Un homme masqué dans un salon de coiffure vaporise du nettoyant sur un chiffon.

Gregory Audal, barbier et propriétaire de G&G, à Montréal, préparait son entreprise au respect des mesures sanitaires le 14 juin, la veille de la réouverture des salons de coiffure à Montréal.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Après une réouverture euphorique en juin, les salons de coiffure voient la cadence des coups de ciseaux ralentir de plus en plus. Avec la pandémie, certaines habitudes ont changé, au point où de nombreuses entreprises de beauté craignent de ne pas pouvoir survivre à un second arrêt de leurs activités.

On sent qu’il y a un petit peu d’essoufflement, constate Benoît Auger, propriétaire de Rayko Coiffure. Établi dans l’arrondissement de LaSalle, à Montréal, depuis 58 ans, l’établissement peut miser sur des fondations solides, mais Benoît Auger s’attend à ce que les prochains mois soient assurément difficiles.

Déjà, la distanciation physique le contraint à réduire sa clientèle de 30 %. À cela s’ajoutent les clients du salon qui étirent dorénavant la période entre leurs rendez-vous – étant donné qu'ils n'ont pas à se rendre au travail –, craignent d'y contracter le coronavirus ou sont aux prises avec un stress financier.

Des hommes, en majorité, ou des personnes aux cheveux courts ont décidé de se couper les cheveux eux autres même. Les ventes de rasoirs ont explosé dans les derniers mois. Ça dénote qu’il y a du travail qui se fait à domicile de façon très artisanale.

Une citation de :Benoît Auger, propriétaire de Rayko Coiffure

Des clients, comme Catherine Lupien, tolèrent maintenant d’avoir les cheveux plus longs, voire une repousse.

Regardez-moi la petite trace grise! s’exclame-t-elle Je vais repartir avec tantôt! Pas question, cette fois-ci, d’une coloration. Ce sera seulement une coupe de cheveux; on investit peut-être un peu moins là-dedans.

Le spectre d’un autre confinement

L’Allied Beauty Association estime, après avoir sondé ses membres d’un bout à l’autre du Canada, que plus d’un propriétaire d’entreprise de beauté (salon de coiffure, studio d’esthétique, etc.) sur trois craindrait de devoir mettre la clé sous la porte, de déclarer faillite ou de changer de profession dans l’éventualité d’une deuxième fermeture en raison de la COVID-19.

Son directeur général, Alain Audet, affirme en plus qu’un travailleur sur cinq a déjà quitté l’industrie, soit de façon permanente ou temporaire. Dans les salons où ces personnes étaient employées comme travailleurs autonomes et louaient une chaise, les effets sur les revenus du propriétaire, conjugués à une baisse de volume de la clientèle, se font sentir.

Certains se seraient d’ailleurs tournés vers le travail au noir pour, entre autres, bénéficier de la Prestation canadienne d’urgence.

C’est le salon de coiffure traditionnel qui en paie la note. [...] On se questionne tous sur comment ça va finir, dit, inquiet, Alain Audet.

Du moment qu’il y a une accalmie, les salons vont-ils être profitables? Et s’il y a une autre fermeture, vont-ils être capables de rouvrir? C’est une des grandes, grandes craintes.

Une citation de :Alain Audet, directeur général, Allied Beauty Association

Convaincu que les entreprises ont mis en place des mesures très sécuritaires, Alain Audet plaide pour que son industrie puisse demeurer ouverte en cas de deuxième vague.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !