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Des Premières Nations dénoncent un racisme systémique au sein du gouvernement fédéral

Un employé de Pêches et Océans relance à l'eau un saumon rose dans la rivière Adams, en Colombie-Britannique.

Un employé de Pêches et Océans relance à l'eau un saumon rose dans la rivière Adams, en Colombie-Britannique.

Photo : Reuters / Andy Clark

Radio-Canada

Cinq Premières Nations de la Colombie-Britannique contestent une décision fédérale sur la pêche au saumon sur leur territoire. Elles affirment également que la décision d’attribution de quotas de pêches du saumon témoigne d’un racisme systémique de la part des responsables fédéraux de Pêches et Océans.

Les cinq nations Nuu-chah-nulth sont contrariées par la décision d'Ottawa de donner une allocation excédentaire de saumon aux pêcheurs commerciaux plutôt qu'aux Premières Nations. Cette annonce est survenue cette année en raison de la réduction de la pêche récréative pendant la pandémie de COVID-19.

Clifford Atleo, également appelé Wickaninnish, est négociateur principal pour l'une des nations. Il estime que les pêcheurs commerciaux et sportifs ont davantage de droits pour pêcher au large de l'île de Vancouver.

Selon lui, la dernière décision visant à empêcher les pêcheurs des Premières Nations de capturer davantage de saumon quinnat cette année montre que le racisme systémique est bien vivant au sein du ministère fédéral de Pêches et Océans.

Nous sommes plus que convaincus que nous ne sommes pas traités équitablement, nous savons que nous ne sommes pas traités équitablement.

Clifford Atleo, négociateur principal pour l'une des nations

Cela montre bien une fois de plus la façon dont le gouvernement nous traite [...] Et je pense que le gouvernement ne se rend pas compte à quel point il peut être raciste. Il y a des politiques séculaires qui n'ont jamais changé, déplore-t-il

Une décision du tribunal de 2018

En 2018, une décision de la Cour suprême de la Colombie-Britannique a demandé à Ottawa d'adopter une approche plus généreuse en ce qui concerne les allocations de saumon quinnat aux Premières Nations, étant donné l'importance de cette espèce pour le peuple Nuu-chah-nulth.

Malgré cette décision et les changements qui ont depuis placé les Premières Nations à une priorité plus élevée que les pêcheurs sportifs, les nations Ahousaht, Hesquiaht, Tla-o-qui-aht, Ehattesaht et Mowachaht/Muchalaht affirment que leurs allocations annuelles de pêche n'ont pas augmenté.

Cette année, les cinq Premières Nations ont appris qu'elles pouvaient pêcher 7724 saumons quinnats, ce qui équivaut à environ plus d’un poisson par personne pour les 5000 membres de leurs communautés.

La COVID-19 a apporté une nouvelle dynamique aux allocations de saumon cette année, car moins de pêcheurs sportifs ont pu venir en raison des restrictions de pandémie. Cela signifie que la flottille de plaisance devrait capturer 15 000 saumons de moins que prévu pour cette année, selon les chiffres fournis par le Ministère.

Cependant, aucun de ces surplus ne va aux Premières Nations.

Une décision à revoir?

La porte-parole du ministère des Pêches et des Océans du Canada, Jennifer Kuss, a souligné par communiqué les améliorations apportées sur ce sujet, conformément aux instructions des tribunaux.

Ce changement garantit que [la pêche] alimentaire, sociale et cérémonielle continue d'être prioritaire et donne également la priorité à la pêche commerciale basée sur les droits des cinq Premières Nations par rapport à la pêche récréative et commerciale, a-t-elle écrit.

Les Premières Nations demandent à Ottawa de revoir sa décision sur le surplus de saumon pour cette année afin de leur accorder une partie des prises supplémentaires.

Les Premières Nations Nuu-chah-nulth soutiennent qu'Ottawa aurait pu fournir une partie des prises inutilisées de cette année à leurs habitants pour les aider à soutenir leurs collectivités éloignées. Selon Clifford Atleo, les responsables de Pêches et Océans Canada n'entrevoient pas d’ouvrir la porte à de telles discussions.

Le gouvernement essaie de dire qu'il nous consulte, qu'il négocie avec nous. Il crée ses plans de pêche, le met sur la table et c’est à prendre ou à laisser, affirme-t-il.

D'après les informations de La Presse canadienne

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