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Québec donne 1 M$ pour la webdiffusion du théâtre

Des fauteuils rouges dans une salle de théâtre.

La crise de la COVID-19 a de fortes répercussions sur le milieu du théâtre.

Photo : Unsplash/Kilyan Sockalingum

Radio-Canada

La ministre de la Culture et des Communications, Nathalie Roy, a annoncé lundi le versement d’une aide de 1 million de dollars à la Compagnie Jean Duceppe afin de faciliter la webdiffusion de pièces de théâtre sur les sites de plusieurs théâtres québécois.

Le numérique est un outil pour pallier le fait que les salles ne peuvent pas être pleines [car elles ne peuvent accueillir qu’un nombre] maximum de 250 spectateurs. Avec l’outil du numérique, on va pouvoir faire entrer de nouveaux spectateurs dans les salles, des gens qui, de leur salon, pourront voir des pièces de très haute qualité, a expliqué Nathalie Roy à Louis-Philippe Ouimet, journaliste culturel à Radio-Canada.

Le but de cette aide est de mettre en place un module numérique que les théâtres pourront intégrer à leurs sites web afin de permettre une webdiffusion de pièces captées selon les plus hauts standards, d’après le communiqué émis par le ministère.

Des webdiffusions payantes

Ce module donnera également la possibilité aux théâtres de faire payer le public qui assistera à ces pièces en ligne.

Pour nous, le numérique est un outil pour la diffusion de nos œuvres, mais également pour que les artistes soient payés, a ajouté Mme Roy.

La ministre voit le numérique comme un outil complémentaire. Bien sûr que rien ne bat l’expérience en salle, mais en attendant de pouvoir remplir nos salles, et on ne sait pas quand on pourra le faire, cela demeure un outil très intéressant pour faire entrer des spectateurs payants.

Selon elle, l’objectif est aussi qu’il n’y ait pas de vide culturel, et que l’on ait encore cette communion entre les artistes et les spectateurs.

Rendre le théâtre plus accessible hors des grands centres

L’autre intérêt de cette initiative de webdiffusion est de faire rayonner des productions théâtrales québécoises auprès des gens vivant en région, mais aussi dans toute la francophonie. Avec le web, imaginez les nouveaux publics que l’on pourrait découvrir, autant des spectateurs du Nouveau-Brunswick que de l’Ontario et de l’Alberta, a précisé Mme Roy.

Ce financement de 1 million de dollars provient du volet Ambition numérique du plan annoncé en juin dernier pour relancer le milieu culturel durement touché par la pandémie de COVID-19.

D’autres initiatives seront annoncées ultérieurement dans le contexte du programme Ambition numérique, qui est doté d’un budget de 5 millions de dollars.

C’est donc la Compagnie Jean Duceppe qui portera cette initiative numérique en partenariat avec le Centre du Théâtre d‘Aujourd’hui, le Théâtre de La Bordée, le Théâtre Denise-Pelletier, le Théâtre du Rideau Vert, le Théâtre de Quat’Sous, le Théâtre du Nouveau Monde, et le Théâtre du Trident.

Une excellente nouvelle selon le TNM

Je me réjouis de cet autre pas vers des aides que le milieu théâtral attend depuis longtemps , a réagi Lorraine Pintal, directrice générale et artistique du Théâtre du Nouveau Monde (TNM), au micro de Catherine Richer, chroniqueuse culturelle à l’émission Le 15-18.

Toutefois, elle souligne que le milieu du théâtre québécois a besoin de véritables mesures de relance pour lui permettre de bien créer et de présenter [ses] spectacles.

Depuis plusieurs mois, le monde du théâtre répète que l’État doit compenser les théâtres pour les billets non vendus en raison de la capacité d’accueil réduite des salles pour permettre la distanciation physique et la limitation des rassemblements intérieurs à 250 personnes.

Car, par exemple, le TNM doit être rempli à 80 % pour être rentable. Or ce chiffre est, pour le moment, impossible à atteindre, et la situation pourrait perdurer jusqu’au mois de juin prochain si la pandémie de COVID-19 ne se résorbe pas.

L’aide annoncée pour honorer les contrats des artistes qui ont été annulés en raison du confinement se fait également toujours attendre.

Autre demande : majorer les subventions de fonctionnement des théâtres, comme l’a fait le Conseil des arts du Canada à hauteur de 25 %.

Le milieu du théâtre a également besoin d’un coup de pouce, pour un jour, retrouver des productions à grand déploiement scénographique, et poursuivre son soutien à la relève et aux artistes issus de la diversité.

Sans véritables mesures de relance, le TNM ne pourra pas tenir à ce rythme-là jusqu’en juin, a prévenu Mme Pintal.

Cette grande dame du théâtre québécois se dit très inquiète de voir des compagnies ou des salles de théâtre mourir en raison de la crise de la COVID-19. J’ai très peur, a-t-elle confié. Pour le TNM, un petit théâtre qui ferme, c’est l’horreur, c’est désolant.

Des discussions en cours entre Québec et le fédéral

Un comité stratégique formé par le Conseil québécois du théâtre a rencontré Steven Guilbeault, le ministre du Patrimoine canadien, et le ministère de la Culture et des Communications.

Je discute actuellement avec mon homologue au fédéral en ce qui a trait à une forme de mesures pour compenser le manque de spectateurs en salle, a indiqué Mme Roy.

On est en négociations. J’en ai parlé avec M. Guilbeault le 26 juillet. Tout est sur la table, a-t-elle ajouté sans vouloir révéler le montant de la somme qui serait alloué aux théâtres pour combler le manque à gagner.

Avec les informations de Louis-Philippe Ouimet

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