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Cirque du Soleil : la Caisse de dépôt a versé près de 100 M$ à Guy Laliberté

Guy Laliberté à l'émission « Tout le monde en parle ».

Guy Laliberté a fondé le Cirque du Soleil en 1984 puis l'a vendu en 2015.

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CPDQ) a allongé 75 millions de dollars américains – l’équivalent d’environ 99 millions de dollars canadiens – en février dernier, soit un mois avant l'annonce du confinement, pour racheter la participation restante de 10 % du milliardaire Guy Laliberté dans le Cirque du Soleil, lequel s'est placé à l'abri de ses créanciers quelques mois plus tard.

Le 14 février, jour de la transaction, aucun fait ne validait la possibilité d'une pandémie, et encore moins d'un confinement planétaire sans précédent, a soutenu le nouveau président et chef de la direction du « bas de laine des Québécois », Charles Émond, devant les députés de l'Assemblée nationale dans le cadre d'une commission parlementaire, lundi après-midi.

La CDPQ a radié ses investissements évalués à 170 millions de dollars américains dans l'entreprise de divertissement. La Caisse avait acquis 10 % de la société en 2015, lorsque M. Laliberté avait décidé de vendre sa participation majoritaire à un trio d'investisseurs qui comptait, parmi ses rangs, le fonds texan TPG Capital et la firme chinoise Fosun.

La décision a été réfléchie. On l'a fait d'une façon prudente, tant d'un point de vue opérationnel que stratégique. Il valait mieux, selon nous, avoir 20 % avec des droits que 10 % et être en arrière sur le banc du passager.

Charles Émond, président et chef de la direction de la CDPQ

Avec une participation bonifiée, la Caisse souhaitait que le Cirque revienne à son cœur de métier et gère sa dette plus prudemment.

Le personnage de la mouche lève les bras en l'air, sous le regard attentif d'un groupe de personnages.

Le spectacle « OVO » du Cirque du Soleil sur la scène du Royal Albert Hall de Londres

Photo : Justin Goff

Or, en février, les signes de la pandémie commençaient déjà à se faire sentir. En janvier, le Cirque avait déjà annulé ses représentations du spectacle Un monde fantastique à Hangzhou, dans la province chinoise du Zhejiang, en raison des inquiétudes concernant la COVID-19 (qui commençait alors à se répandre dans le pays).

Vous avez fait le pari qu'il n'y aurait pas de pandémie? a lancé le député solidaire Vincent Marissal au grand patron de la CDPQ.

Il y avait 500 cas de COVID dans le monde en dehors de la Chine, majoritairement en Asie, a répliqué M. Émond. Beaucoup de gens parlaient d'un épisode comme le SRAS [syndrome respiratoire aigu sévère]. Le (15) février, ici, on a le Canadien (de Montréal) qui perd 4-3 contre Dallas devant 21 000 personnes (au Centre Bell).

Gros plan de Charles Emond.

Le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Charles Emond

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Privé de revenus depuis la mi-mars parce qu'il a été contraint d'annuler ses 44 spectacles partout dans le monde, le Cirque a licencié quelque 3500 personnes à la fin juin en se tournant vers la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Un groupe de créanciers garantis du Cirque, dirigé par la firme torontoise Catalyst Capital Group, est en voie de prendre le contrôle de l'entreprise. Le mois dernier, son offre évaluée à plus de 1,2 milliard de dollars américains a été retenue comme soumission d'amorce – qui fixe les conditions minimales à respecter pour le dépôt d'éventuelles propositions rivales – par le tribunal.

Les parties intéressées ont jusqu'en fin de journée, mardi, pour déposer une proposition rivale, dont la valeur devra être supérieure d'au moins 1,5 million de dollars américains à l'entente intervenue avec les créanciers.

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