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Le microbiome, un allié mieux compris contre les tumeurs cancéreuses

Représentation de bactéries à la loupe.

Le microbiome intestinal est composé de centaines de milliards de bactéries.

Photo : iStock

Radio-Canada

Des scientifiques canadiens ont identifié des bactéries intestinales qui aident le système immunitaire à combattre les tumeurs cancéreuses.

La chercheuse Kathy McCoy et ses collègues de l’École de médecine Cumming de l’Université de Calgary ont aussi réussi à cerner comment elles y parviennent.

Cette découverte pourrait éventuellement permettre de mieux comprendre pourquoi les traitements d’immunothérapie contre le cancer, qui visent à amplifier la réponse immunitaire de l’organisme, fonctionnent si bien dans certains cas, mais si mal dans d'autres.

Repères

  • Le microbiome intestinal est une colonie d’environ 100 000 milliards de bactéries tapissant les quelque 400 m2 de sa surface;
  • Il pèse entre un et cinq kilos et se nourrit de ce que nous mangeons;
  • Il est composé en grande partie de bactéries bénéfiques;
  • Il est parfois qualifié de deuxième cerveau du corps humain;
  • Plusieurs maladies seraient liées à des déséquilibres de la diversité bactérienne.

Combinaison gagnante

Dans leurs travaux, les chercheurs ont combiné des traitements d’immunothérapie à des thérapies microbiennes pour renforcer la capacité du système immunitaire à reconnaître et à attaquer les cellules malsaines des cancers de la peau (mélanome), de la vessie et colorectaux.

Des études récentes ont fourni des preuves concrètes que le microbiote intestinal peut avoir un effet positif sur l’immunité antitumorale et améliorer l’efficacité de l’immunothérapie dans le traitement de certains cancers, mais la façon par laquelle il y parvient demeurait un mystère, explique Kathy McCoy dans un communiqué publié par l’École.

Nous nous sommes appuyés sur ces travaux pour montrer comment certaines bactéries renforcent la capacité des cellules T, les soldates du système immunitaire qui attaquent et détruisent les cellules cancéreuses.

Une citation de :Kathy McCoy

Dans un premier temps, l'équipe albertaine a identifié certaines espèces de bactéries associées aux tumeurs cancéreuses colorectales lorsque ces dernières étaient traitées par immunothérapie.

Un chercheur dans un laboratoire.

Les installations permettent aux chercheurs d'étudier des maladies humaines en transplantant le microbiome humain sur des souris.

Photo : Université de Calgary/Don Molyneaux

Ensuite, ils ont introduit ces bactéries à des souris qui n’en possédaient pas, au même moment qu’une immunothérapie anticancéreuse.

Résultat : Les tumeurs ont diminué de façon importante, ce qui tend à prouver que des bactéries spécifiques sont essentielles au bon fonctionnement de l’immunothérapie.

Pour les rongeurs du groupe contrôle qui n’ont pas reçu les bactéries bénéfiques, l’immunothérapie n’a eu aucun effet.

Une molécule importante

Nous avons découvert que ces bactéries produisent une petite molécule, appelée inosine, explique le Dr Lukas Mager, qui travaille au laboratoire de la Pre McCoy et qui est le premier auteur de l’étude.

L’inosine interagit directement avec les cellules T et améliore l’efficacité de l’immunothérapie, détruisant dans certains cas toutes les cellules cancéreuses colorectales.

Une citation de :Lukas Mager
Lukas Mager and Kathy McCoy dans un laboratoire.

Les chercheurs Lukas Mager et Kathy McCoy.

Photo : École de médecine Cumming/Kelly Johnston

Avec d’autres cancers

L’équipe a ensuite validé ses résultats avec le cancer de la vessie et le mélanome, et veut maintenant les confirmer chez l’humain puisque les trois bactéries bénéfiques associées aux tumeurs chez la souris se trouvent aussi dans des cancers humains.

Le détail de ces travaux est publié dans la revue Science (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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