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Le Nouveau-Brunswick officiellement en campagne électorale

Un scrutin est prévu pour le 14 septembre.

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Blaine Higgs en conférence de presse devant la résidence de la lieutnante-gouverneure de la province.

Le premier ministre Blaine Higgs a annoncé lundi la tenue d'élections générales le 14 septembre prochain.

Photo : Radio-Canada

Marie-Ève Brassard

Les Néo-Brunswickois sont officiellement plongés dans une campagne électorale de 28 jours, alors que sévit toujours la pandémie de COVID-19.

Au terme d’une rencontre à la résidence de la lieutenante-gouverneure, le premier ministre Blaine Higgs a confirmé que Brenda Murphy a accepté de dissoudre la 59e législature du Nouveau-Brunswick et autorisé des élections en vue d’un scrutin le 14 septembre.

Nous sommes dans une pandémie et la prochaine campagne électorale sera unique.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick

Aujourd’hui n’est pas le jour que j’espérais, a déclaré le premier ministre Higgs. Je pensais qu’on aurait [sic] arrivé à un accord pour gouverner avec une collaboration et une stabilité continue, a-t-il ajouté en faisant référence à l’échec des négociations de la semaine dernière avec les libéraux.

Blaine Higgs descend les marches devant la résidence de la lieutenante-gouverneure du Nouveau-Brunswick.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, s'est rendu à la résidence de lieutenante-gouverneure de la province, Brenda Murphy, lundi après-midi.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hugues

Au début de la semaine dernière, Blaine Higgs avait proposé aux chefs de tous les partis représentés à l'Assemblée législative de signer un accord pour ne pas déclencher d'élections avant septembre 2022, ou au plus tôt 30 jours après la déclaration d’une éventuelle fin de la pandémie par les responsables de santé publique.

Les discussions ont duré près de trois jours entiers. Le chef du Parti libéral, Kevin Vickers, a refusé l’accord, soutenant qu’il compromettait la démocratie à l’Assemblée législative.

Le premier ministre accuse l'opposition

Le premier ministre à la tête d'un gouvernement minoritaire dresse un bilan positif des derniers mois de collaboration. En vertu de l'état d'urgence déclaré pour faire face à la pandémie, Blaine Higgs s'est vu confier des pouvoirs accrus. Un comité multipartite sur la COVID-19, qui agit à titre consultatif, a notamment été créé.

Blaine Higgs qui se dirige vers des escaliers.

Le premier ministre assure que sa décision a été prise de concert avec la médecin hygiéniste en chef de la province, la Dre Jennifer Russell.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Ça a bien fonctionné de tous points de vue, a assuré le premier ministre, qui souhaitait que cette collaboration se poursuive jusqu'en 2022. Je veux être clair que c’était mon objectif [...] mais ce ne sera pas possible, car l’opposition a dit non.

« Blaine Higgs a choisi l'opportunisme politique »

Le chef libéral Kevin Vickers avait quitté la table des négociations vendredi en accusant le premier ministre de rejeter le blâme du déclenchement d'élections hâtives sur l'opposition.

Le premier ministre est la personne qui a le pouvoir de convoquer des élections. S’il y a des élections générales, le premier ministre Higgs doit assumer la responsabilité de les avoir provoquées, avait insisté Kevin Vickers, vendredi dernier.

Le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Kevin Vickers, s'adresse aux médias après que le premier ministre Blaine Higgs eut déclenché des élections durant une pandémie, le 17 août 2020.

Le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Kevin Vickers, s'est adressé aux médias après que le premier ministre Blaine Higgs eut déclenché des élections durant une pandémie, le 17 août 2020.

Photo : Radio-Canada / Jean-Philippe Hughes

Lundi après-midi, il est resté campé sur ses positions. Le premier ministre du Nouveau-Brunswick a choisi l’opportunisme politique plutôt que la santé et sécurité de nos concitoyens, a déclaré le chef libéral.

Nous avons des ouvertures d'écoles dans quelques semaines, nous avons de grosses préoccupations de nos aînés… C’est épouvantable. C’est une décision [avec laquelle] nous sommes tout à fait en désaccord, a-t-il souligné.

M. Vickers a qualifié le 17 août 2020 de jour triste pour le Nouveau-Brunswick.

C’est un jour triste pour le Nouveau-Brunswick.

Kevin Vickers, chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick

Il a ajouté que la décision de Blaine Higgs s’inscrivait dans l’idéologie conservatrice de son parti. Il [Blaine Higgs] priorise toujours les riches, les compagnies et leurs propres intérêts plutôt que les gens vulnérables et défavorisés comme les aînés.

Le chef a également insisté sur le fait que le gouvernement Higgs avait régné en divisant la population plutôt qu’en l’unissant. Il a notamment cité en exemple les différends entre les francophones et les anglophones ainsi que ceux entre les régions rurales et urbaines.

L’Alliance des gens réitère l’importance d’un gouvernement minoritaire

Le chef de l’Alliance des gens, un petit parti qui a fait élire trois députés, a publiquement remercié le premier ministre pour son travail fait sur le dossier de la pandémie.

Kris Austin en conférence de presse.

Kris Austin, le chef de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, un parti connu pour son hostilité à l'égard des politiques de bilinguisme officiel.

Photo : Radio-Canada

Kris Austin ne comprend toutefois pas l’importance du déclenchement d’élections à l’automne. C’est un véritable casse-tête. Et je pense que les gens du Nouveau-Brunswick devront y penser lorsqu’ils iront aux urnes.

Pourquoi n’était-ce pas correct de déclencher des élections municipales, mais que ce l’est pour les élections provinciales? a-t-il demandé.

L’homme politique a ajouté que le gouvernement minoritaire des deux dernières années a permis à plusieurs voix de s’exprimer et que cette façon de faire a plu aux Néo-Brunswickois.

Je crois que les Néo-Brunswickois sont fatigués des gouvernements majoritaires et des décisions menées par un seul parti.

Kris Austin, chef de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick

Je veux réitérer l’importance d’avoir un gouvernement minoritaire , a-t-il insisté. Retourner en majorité, ce n’est pas une option.

« Une élection qui va à l'encontre des intérêts de la population »

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, partage les préoccupations de ses homologues de l'opposition.

Le parti, qui compte trois élus dont le chef, estime que la confirmation d’une élection générale pour le 14 septembre va à l'encontre des intérêts de la population du Nouveau-Brunswick.

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, s'adresse aux médias après que le premier ministre Blaine Higgs eut déclenché des élections durant une pandémie, le 17 août 2020.

Le chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, David Coon, s'est dit en désaccord avec la décision du premier ministre de déclarer des élections pendant la pandémie.

Photo : Radio-Canada

La grande majorité de la population ne veut pas avoir d'élections en temps de pandémie. Les craintes et l'inquiétude des gens sur la santé de leurs familles sont tout à fait justifiées et légitimes et nous les comprenons , a souligné M. Coon.

C’est incroyable que M. Higgs ait lancé une élection maintenant.

David Coon, chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick

Selon lui, Blaine Higgs avait bel et bien le choix de ne pas déclencher les élections. Il est ridicule pour M. Higgs de dire qu’il n’avait pas le choix, a-t-il lancé.

Une campagne électorale avec des restrictions

Malgré les critiques de l’opposition, le premier ministre a assuré que sa décision a été prise de concert avec la médecin hygiéniste en chef de la province.

Je veux que les gens du Nouveau-Brunswick sachent que j’ai consulté notre médecin hygiéniste en chef, la Dre Jennifer Russell, et elle m’a dit que nous pouvons procéder en toute sécurité à des élections générales.

Les progressistes-conservateurs ont pour leur part décidé de mettre en place certaines restrictions. Par exemple, les candidats du parti ne seront pas autorisés à faire de porte-à-porte, selon M. Higgs. Aussi difficile que ce soit à imaginer, nos candidats ne feront pas de porte-à-porte et ne [livreront] pas de papier en main propre à votre porte. Les candidats devront être créatifs et innovants.

Le premier ministre Blaine Higgs de dos entrant dans la résidence de la lieutnante-gouverneure du Nouveau-Brunswick.

Le premier ministre Blaine Higgs dirige un gouvernement minoritaire depuis maintenant 21 mois. Les élections à date fixe étaient initialement prévues en 2022.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Nous respecterons des protocoles stricts et continuerons de nous comporter de manière à assurer la sécurité de notre province, a souligné le premier ministre.

D'autres partis pourraient toutefois décider de mener leur campagne électorale autrement, puisque cette décision ne relève pas du gouvernement en place, mais d'Élections Nouveau-Brunswick.

L'organisme responsable des élections a d'ailleurs annoncé qu'il faudra un certain temps avant que tout soit prêt.

Contrairement à une élection prévue où les bureaux seraient déjà ouverts, nous pouvons seulement commencer à expédier le matériel de notre entrepôt à compter d'aujourd’hui, a expliqué la directrice générale des élections, Kim Poffenroth, par voie de communiqué.

Ainsi, les déclarations de candidature et les demandes de bulletins de vote spéciaux pour les votes par correspondance ne pourront pas être traitées par les bureaux du scrutin tant qu’ils ne sont pas entièrement fonctionnels.

Un gouvernement minoritaire depuis 21 mois

Le Parti progressiste-conservateur, qui dirige un gouvernement minoritaire depuis novembre 2018, détient 20 sièges à l’Assemblée législative et le Parti libéral, 19, sans inclure le président de la Chambre. L’Alliance des gens et le Parti vert ont trois sièges chacun. Il y a aussi un député indépendant et deux sièges vacants.

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