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Washington durcit encore le ton à l'égard du géant chinois Huawei

Un logo Huawei affiché dans un magasin de détail à Beijing, en Chine.

Donald Trump accuse le groupe chinois d'espionnage.

Photo : Getty Images / FRED DUFOUR

Agence France-Presse

Washington a durci le ton lundi à l'égard du géant chinois des technologies Huawei, qualifié d'espion par Donald Trump, en étendant les sanctions existantes à ses filiales internationales, dans le contexte de la relation dégradée entre la Chine et les États-Unis.

Les États-Unis ont interdit de territoire 38 filiales internationales de Huawei afin de limiter leur accès aux technologies américaines, selon ce qu'a indiqué lundi le département américain au Commerce dans un communiqué.

Donald Trump a qualifié le groupe chinois d'espion lors d'une entrevue téléphonique sur la chaîne Fox News.

Vous avez des puces électroniques, des choses que vous ne pouvez même pas voir. [...] Ils espionnent, a-t-il assuré.

Huawei se défend d'être à la solde de Pékin et se dit être la cible d'accusations injustes visant à entraver son développement commercial international.

Le président Trump a également menacé les pays qui commercent avec Huawei, comme le Royaume-Uni, en affirmant : Nous ne ferons pas affaire avec vous, parce que si vous utilisez un système Huawei, cela signifie qu'ils vous espionnent, cela signifie qu'ils nous espionnent, et j'ai obtenu de presque tous les pays qu'ils l'abandonnent.

Un bras armé de la surveillance du Parti communiste chinois

Washington veut empêcher Huawei et d'autres fournisseurs chinois de dominer le marché des nouvelles technologies et le réseau 5G.

L'administration Trump considère en effet Huawei comme un bras armé de la surveillance du Parti communiste chinois, a indiqué le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, dans un communiqué distinct.

Il est reproché à Huawei d'utiliser ses filiales internationales pour contourner les sanctions américaines, imposées en raison des craintes pour la sécurité nationale au vu des liens supposés de l'entreprise avec le gouvernement chinois, ce que dément Huawei.

Le durcissement des mesures doit protéger la sécurité nationale des États-Unis, la vie privée de nos citoyens, et l'intégrité de nos infrastructures 5G contre l'influence néfaste de Pékin, a noté M. Pompeo.

Huawei et ses filiales ont accentué leurs efforts pour obtenir des semi-conducteurs de pointe, développés ou produits à partir de logiciels et de technologies américaines, afin d'atteindre les objectifs politiques du Parti communiste chinois, a estimé de son côté le secrétaire au Commerce, Wilbur Ross, cité dans le communiqué.

Hong Kong, TikTok et le virus chinois

Dans le viseur de l'administration Trump depuis un an et demi, Huawei est déjà sur une liste noire destinée à empêcher le groupe chinois d'acquérir des technologies américaines indispensables à ses téléphones.

Ce nouvel assaut des États-Unis s'inscrit dans un contexte de regain de tensions depuis plusieurs mois avec la Chine, à laquelle Donald Trump reproche notamment la pandémie de COVID-19, qu'il surnomme le virus chinois.

La Chine nous a fait des choses terribles, a encore déploré lundi le président américain. Ils ont empêché [le virus] de s'étendre en Chine, mais pas de gagner les États-Unis et le reste du monde, a-t-il continué.

Les États-Unis accusent également d'espionnage l'application TikTok, propriété de l'éditeur chinois ByteDance, et souhaitent la bannir des téléphones américains.

La situation à Hong Kong, territoire autonome sur lequel la Chine veut reprendre le contrôle, est un autre point de tension.

Les deux puissances économiques avaient signé en grande pompe un accord commercial au mois de janvier. Il devait marquer une trêve dans une guerre commerciale de près de deux ans, et ouvrir la voie à de nouvelles discussions.

Toutefois, la Chine n'a pas réalisé ses engagements d'achats de produits américains.

Une rencontre virtuelle était prévue samedi pour faire le point, mais elle a été reportée.

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