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Forte concentration de plomb dans l’eau dans 20 écoles primaires de Sherbrooke

De l'eau s'écoule de l'embouchure d'une fontaine à boire.

Sur 417 points d’eau testés, 197 sont considérés non conformes et ne respectent pas la norme maximale de 5 microgrammes par litre de Santé Canada.

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Radio-Canada

Une campagne d’échantillonnage menée par le Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke démontre qu’une concentration importante de plomb a été détectée dans l’eau de toutes les écoles primaires construites avant 1981.

Sur 417 points d’eau testés, 197 sont considérés non conformes et ne respectent pas la norme maximale de 5 microgrammes par litre de Santé Canada.

114 points d’eau devront être condamnés puisqu’une concentration de plus de 5 microgrammes était détectée après 30 secondes d’écoulement. Pour les autres points d’eau, le CSSRS imposera aux élèves et membres du personnel de laisser couler l’eau durant 1 minute avant de la consommer.

L’école Saint-Antoine est particulièrement problématique alors que la quasi-totalité des points d’eau (14 sur 16) devra être fermée. Il faudra demander aux élèves d’apporter leurs gourdes et le Centre de services scolaire fournira des stations pour remplissage de gourdes sous peu, mentionne le CSSRS par voie de communiqué.

Questionné à savoir si l'eau avait été testé par le passé, le secrétaire général du CSSRS, Donald Landry, a répondu que c'était en 2013. La Ville de Sherbrooke avait fait plusieurs tests dans nos écoles et les tests à ce moment-là n’avaient pas révélé de problèmes majeurs. Les seuils (réglementaires) étaient toutefois plus élevés, a-t-il précisé.

Des risques proportionnels à la concentration

Selon le professeur en chimie environnementale à l'Université de Montréal, Sébastien Sauvé, les risques à la santé sont proportionnels à la concentration de plomb dans l’eau. Ça reste donc important de savoir si on dépasse un tout petit peu la norme de 5, ou si on la dépasse de beaucoup, affirme-t-il.

La norme est vraiment basée sur beaucoup d’études épidémiologiques pour déterminer à partir de quel niveau il y a un impact pour le développement intellectuel des enfants.

Sébastien Sauvé, professeur en chimie environnementale à l'Université de Montréal

Le CSSRS n’a pas souhaité dévoiler la concentration de plomb dans tous les points d'eau testés, mais nous a mentionné que la pire concentration enregistrée est 71 microgrammes, soit 14 fois plus que la norme. Il s’agit d’un point d’eau situé à l’école Saint-Antoine.

De son côté, le Dr Alain Poirier, directeur de la santé publique en Estrie, explique que ces concentrations ne comportent que très peu de risques, surtout en très faible quantité ingérée.

Les enfants ne boivent pas deux litres d’eau à l’école. Ils vont prendre un peu d’eau, se rafraîchir. Il n’y a pas de problème aigu à court terme. C’est à long terme qu’on doit éliminer le plomb [dans la] société dans tout notre environnement, y compris dans nos écoles, fait-il savoir.

Il concède néanmoins que les installations devront être remplacées pour qu'il n'y ait plus de plomb dans des fontaines dans les écoles.

Dans tous les milieux qui nous entourent, le plomb a été diminué graduellement de près de 20 fois. Est-qu’il en reste? Oui. Ce n’est pas dans l’approvisionnement d’eau, mais dans la tuyauterie. Il en reste dans nos vieilles plomberies, nos vieilles installations. Graduellement, les Villes les éliminent.

Dr Alain Poirier, directeur de la santé publique en Estrie

Diminution de la capacité d'apprentissage

Le gouvernement du Québec juge que l'exposition au plomb est généralement faible et comporte donc peu de risques pour la santé. Une exposition prolongée pendant plusieurs années pourrait toutefois avoir des effets de nature neurocomportementale, comme une diminution de la capacité d’apprentissage.

Il n’y a pas de niveau complètement sécuritaire au plomb. Chaque fois qu’on est exposé au plomb, c’est néfaste. Et les effets sont de nuire au développement intellectuel, ce qui peut causer plus de déficits d’attention, plus de toutes sortes de soucis, explique M. Sauvé

Le CSSRS assure qu’elle fera enquête pour déterminer la source de contamination à ce métal lourd. Selon le cas, des robinets et de la tuyauterie pourraient être remplacés. Des filtres certifiés pourraient aussi être installés, précise-t-on par voie de communiqué.

Le Centre de services scolaires de la Région-de-Sherbrooke procédera à une évaluation de la qualité de l’eau des 18 écoles primaires plus récentes d’ici la fin du mois de septembre. Par mesure préventive, le CSSRS demandera à toutes ces écoles de faire couler l’eau durant une minute avant consommation, et ce, même avant d’avoir effectué les tests. 5 points d’eau sur 9 sont considérés non conformes à l’école secondaire Mitchell.

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