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Il y a 55 ans était adoptée la fin de la discrimination électorale raciale aux États-Unis

Le président Lyndon B. Johnson signe le Voting Rights Act, qui interdit la suppression du droit de vote des Américains noirs lors des élections.

La loi appelée Voting Rights Act. adoptée en août 1965, est considérée comme un des piliers de la lutte des droits civiques des Afro-Américains.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le 6 août 1965, le président Lyndon B. Johnson a signé le Voting Rights Act. Cette loi a mis officiellement fin aux pratiques de suppression du droit de vote des Noirs aux États-Unis. Des reportages de Radio-Canada nous en expliquent le contexte.

Un droit bafoué

Trois Noirs sur quatre ne votent pas.

George Smith, ex-avocat de l’Association pour l’avancement des gens de couleur (NCAA), 1965

Le 6 août 1965, le président américain Lyndon B. Johnson a apposé sa signature à un projet de loi interdisant certaines pratiques empêchant certains Afro-Américains de voter aux élections.

Le Voting Rights Act est considéré comme l’apogée de la lutte de la communauté noire des années 1950 et 1960 pour l’obtention de ses droits électoraux.

Pour comprendre le geste présidentiel, il faut revenir un peu dans le temps.

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Camera 65, 7 mars 1965

Le 7 mars 1965, Camera 65 présente une entrevue avec George Smith, un avocat ayant travaillé avec l’Association nationale pour l’avancement des gens de couleur, qui milite pour l’obtention des droits civils des Afro-Américains depuis 1909.

George Smith raconte que les électeurs noirs sont souvent empêchés d’exercer leur droit de vote, surtout dans les États du sud des États-Unis.

Les autorités locales inventent toutes sortes de tactiques pour rendre impossible leur inscription sur les listes électorales. On impose par exemple des examens d’orthographe ou de connaissance de la Constitution américaine très difficiles, que la plupart des Afro-Américains, moins scolarisés, ne réussissent pas.

À certains endroits, les autorités locales imposent des taxes aux électeurs pour voter! Cela désavantage les électeurs noirs, généralement plus pauvres que les électeurs blancs.

Dans l’État de l’Alabama, dans le comté où se trouve la ville de Selma, il y aurait 15 000 Afro-Américains habilités à voter. À peine 300 sont inscrits sur les listes électorales.

En mars 1965, des centaines de manifestants protestent à Selma contre cette discrimination raciale. L'événement est historique.

Selma

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Camera 63, 28 mars 1963

Le 28 mars 1963, Camera 63 présente une interview réalisée par un journaliste de Radio-Canada avec un militant d’un mouvement étudiant noir. Le jeune homme explique pourquoi il participe à une marche entre la ville de Selma et Montgomery, la capitale de l’Alabama.

Il veut que les Américains et le monde entier sachent que les Noirs américains sont empêchés de voter, particulièrement dans les états du sud des États-Unis comme l’Alabama.

Ce qu’on appelle la troisième marche, entre Selma et Montgomery, a commencé le 21 mars 1963. Elle s’organise en réponse à la très violente répression effectuée par les forces de l’ordre et les suprémacistes blancs lors de précédentes marches pour les droits qui sont parties de Selma les 7 et 9 mars 1963.

La police blesse alors des dizaines de personnes et un homme afro-américain perd la vie. Deux militants blancs des droits civiques sont aussi tués. Le monde et les États-Unis voient ces violences se dérouler en direct à la télévision et sont horrifiés.

À la Maison-Blanche, le président Lyndon B. Johnson ne décolère pas. Quelques jours plus tard, il présente un projet de loi visant l’interdiction des tactiques restreignant le droit de vote des Noirs au Congrès, à Washington.

Un puissant instrument

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Image de manifestants participant à la marche de Selma vers Montgomery.

Comme le rappelle l’animateur Roger Bouchard de l’émission radiophonique La revue de la semaine, le 8 août 1965, l’adoption du Voting Rights Act était l’aboutissement d’un processus de 13 mois.

En 1964, l’administration Johnson avait fait adopter au congrès le Civil Rights Act, qui intégrait des dispositions partielles pour garantir le droit de vote des Afro-Américains.

Le Voting Rights Act confirmait l’interdiction de restreindre le droit de vote de la communauté noire.

Le journaliste Guy Lamarche explique dans son reportage la joie qu’exprime le président Johnson lorsque le projet devient une loi. Il exhorte aussi tout spécialement les électeurs afro-américains à se prévaloir de ce droit de vote qu’il qualifie de puissant instrument.

Cette idée de puissance du geste de voter est reprise par le président américain Barack Obama alors qu’il est présent à Selma pour les commémorations du cinquantième anniversaire de ces événements déterminants de l’histoire américaine.

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Téléjournal, 7 mars 2015

Le cinquantième anniversaire des marches de Selma est souligné par la journaliste Nathalie Cloutier au Téléjournal du 7 mars 2015.

« Le mot le plus puissant de notre démocratie, c’est le mot Nous, le peuple, » soutient le premier président noir des États-Unis.

Il souligne par contre qu’il reste encore beaucoup de ponts à traverser et de combats à mener pour arriver à l’égalité raciale aux États-Unis.

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