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Le Dr Ngola doit comparaître pour une affaire liée aux mesures d'urgence

Son nom est indiqué sur une plaque à côté de la porte.

L'ancien bureau du Dr Jean-Robert Ngola, à Campbellton.

Photo : Radio-Canada / Serge Bouchard

Radio-Canada

Le Dr Jean-Robert Ngola, qui a été soupçonné d’être à l’origine d’une éclosion de COVID-19 dans le Restigouche, doit bientôt comparaître en cour pour une affaire non criminelle. Ses avocats préparent de leur côté une poursuite contre le gouvernement et le Réseau de santé Vitalité.

Il ne s'agit pas d'une accusation criminelle, souligne l’équipe d’avocats du Dr Ngola qui confirme la réception, en juillet, d’une citation à comparaître pour une infraction. L’équipe emploie le mot potentiel, car elle dit attendre de savoir si les avocats de la Couronne chercheront ou non à traiter devant la cour cette question qui est de nature réglementaire.

La comparution est prévue pour le 26 octobre en vertu du même ensemble de lois qui servent lors de simples infractions, comme dans le cas d'une contravention pour excès de vitesse, expliquent les avocats de la défense.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) indique qu’un homme de 50 ans, de Campbellton, a reçu une citation à comparaître le 26 octobre en vertu de la Loi sur les mesures d’urgence, pour ne pas s’être conformé à une directive, à une ordonnance ou à une prescription établie par cette loi.

La GRC ne révèle pas l’identité de cet homme.

Le corps policier dit cependant avoir reçu, le 30 mai, une plainte du Réseau de santé Vitalité et du gouvernement du Nouveau-Brunswick au sujet d’une personne qui n’aurait pas respecté l’ordonnance obligatoire de s’isoler à son retour d’un voyage à l’extérieur de la province.

La défense prépare une poursuite

Les avocats du Dr Ngola confirment l’intention d’intenter une poursuite contre le gouvernement du Nouveau-Brunswick et le Réseau de santé Vitalité pour la façon dont ils ont traité leur client.

Lors d’une mise à jour provinciale au sujet de la COVID-19 le 27 mai dernier, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a annoncé un nouveau cas de COVID-19 et il a affirmé qu’un professionnel de la santé irresponsable n’a pas été honnête sur les raisons de son déplacement.

Le Dr Ngola a rapidement été accusé par plusieurs personnes sur les médias sociaux d’être à l’origine d’une éclosion de COVID-19 dans le nord du Nouveau-Brunswick. Le médecin a été la cible de propos racistes, violents, cruels et sans merci, selon ses avocats.

Ses avocats ont déjà réclamé au moins deux fois des excuses du bureau du premier ministre, mais sans succès. Le médecin, selon ses avocats, a subi une violation du droit à la vie privée.

Le fait de distinguer un travailleur médical racialisé par un premier ministre et son gouvernement, l'appel à criminaliser un travailleur médical racialisé par un premier ministre et son gouvernement, traiter en bouc émissaire un travailleur médical racialisé par un premier ministre et son gouvernement équivaut à une conduite sans précédent en histoire nord-américaine, affirme l'équipe de défense du Dr Ngola.

Me Joël Étienne, qui fait partie de l'équipe de défense du Dr Ngola, affirme que les interventions répétées du gouvernement Higgs dans le cas de son client traduisent la mauvaise foi de l'administration dans le dossier.

Le grand problème ici depuis le début, ce sont les actions disproportionnées prises par les acteurs gouvernementaux par rapport à Jean-Robert [Ngola]. C'est comme utiliser un bazooka pour essayer de tuer un moustique, déclare l'avocat.

La défense annonce que l'avocat Christian Michaud, qui a remporté des victoires en défendant les droits linguistiques de minorités au Nouveau-Brunswick, fait désormais partie de l'équipe. Ce dossier m'interpelle au plus haut point, parce que je suis très préoccupé par la façon dont la branche exécutive s’est comportée, a déclaré Me Michaud. L’avocat chevronné affirme que plusieurs droits du Dr Ngola ont été violés par le Réseau de santé Vitalité et l’administration Higgs, notamment le droit à la présomption d’innocence.

Les avocats du Dr Ngola ont aussi retenu les services d’un expert nord-américain qui évaluera s’il y a eu du racisme systémique dans cette affaire. Un rapport à cet effet sera rédigé et ensuite rendu public selon les avocats du médecin.

La poursuite n’a pas encore été déposée en cour.

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