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Grève au port de Montréal : Ottawa privilégie la négociation

Des hommes portant des pancartes discutent en cercle.

Le mouvement de grève se poursuit depuis une semaine au port de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Prenez note que cet article publié en 2020 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le gouvernement Trudeau ne donne aucune indication voulant qu'il opte pour une loi spéciale afin de forcer le retour au travail des débardeurs du port de Montréal. Il préfère donner une chance aux négociations en cours.

Interpellée par quatre ministres québécois et ontariens, qui se disent inquiets de l'impact économique de la grève, la ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi, ne bronche pas.

Notre gouvernement croit au processus de négociation collective, car nous savons que les meilleures ententes sont conclues à la table de négociation, et nous nous attendons à ce que les deux parties continuent de travailler ensemble pour parvenir rapidement à une entente, souligne la ministre Tassi dans un communiqué publié lundi après-midi.

« Nous savons que des progrès encourageants ont été réalisés au cours des récentes négociations entre les deux parties. »

— Une citation de  Filomena Tassi, ministre fédérale du Travail

Marc Garneau, ministre des Transports, et moi-même avons communiqué avec les parties, et nous continuons à souligner l’urgente nécessité que les deux parties parviennent rapidement à une entente, insiste Mme Tassi en notant de plus que le Service fédéral de médiation et de conciliation maintient son engagement constant envers les deux parties.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) avait publié un peu plus tôt son propre communiqué réclamant du gouvernement libéral qu'il n'intervienne pas, justement. Même s'il peut être tentant de s'impliquer, les libéraux doivent respecter le droit du syndicat de négocier avec l'employeur. Il ne devrait y avoir aucune pression et certainement aucune loi de retour au travail de la part du gouvernement fédéral, y a déclaré le chef adjoint du NPD Alexandre Boulerice.

Ce désir de donner une chance aux négociations n'est pas sans rappeler le conflit de travail au Canadien National (CN), l'automne dernier, dans le cadre duquel Ottawa n'avait pas non plus voulu faire adopter une loi spéciale.

Le conflit de travail entre le CN et les Teamsters avait finalement pris fin après une semaine, syndiqués et patrons ayant conclu une entente de principe.

« Appel au leadership d'Ottawa »

Les ministres de l'Économie et du Travail du Québec et de l'Ontario, Pierre Fitzgibbon, Jean Boulet, Monte McNaughton et Victor Fedeli, avaient cosigné, plus tôt lundi, une lettre demandant une intervention du gouvernement fédéral dans le dossier de la grève des débardeurs, après une semaine d'interruption des activités.

Dans cette missive, les ministres disaient rejoindre diverses associations et organisations économiques pour réclamer une « entente négociée ».

En plus de la ministre Tassi, le ministre de l'Innovation, des Sciences et de l'Industrie, Navdeep Bains, était lui aussi interpellé.

Les gouvernements Legault et Ford ne précisaient pas de quelle façon ils souhaitaient qu'Ottawa intervienne; ils se contentaient d'inviter les ministres fédéraux à « exercer leur leadership afin de faciliter une résolution ».

La semaine dernière, déjà, plusieurs organisations économiques, dont la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, appelaient le fédéral à nommer un médiateur et à forcer le retour au travail.

Les partisans de cette approche évoquaient notamment la fragilité de la reprise économique, qui serait mise à mal par la poursuite de la grève.

Des travailleurs manifestent dans le port.

Quelque 1125 débardeurs sont en grève au port de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Un « écosystème » s'appuyant sur le port

La missive des ministres envoyée lundi décrivait le port de Montréal comme étant « indispensable » et au cœur d'un « écosystème » reliant « les importateurs et exportateurs canadiens, dont 6300 entreprises en transport et logistique ».

Selon les ministres québécois et ontariens, la grève affecte notamment quelque 40 000 conteneurs, dont certains ont dû être déchargés dans d'autres ports de la côte est, que ce soit au Canada ou aux États-Unis, puis transportés vers leur destination – souvent à fort prix.

Cette paralysie des activités portuaires « a un impact sur tout le Canada », plaidaient les signataires de la lettre. Le port de Montréal est le plus important dans l'est du pays.

Questionné à ce sujet lors d'un point de presse, lundi à Montréal, le ministre Jean Boulet s'est bien gardé de s'immiscer dans la gestion des relations de travail au palier fédéral, le port de Montréal relevant d'Ottawa.

Ça demeure une pression amicale, a-t-il assuré, jugeant important de souligner ce que ça peut avoir comme conséquences si le conflit perdure.

Dans le respect des juridictions [fédérales et provinciales], je n'ai pas l'intention de dicter quand et comment intervenir, a-t-il insisté.

Longues négociations

Il y a 10 jours, le Syndicat des débardeurs déposait un préavis de grève générale illimitée, grève qui a débuté trois jours plus tard, le 10 août.

Après 65 séances de négociation depuis septembre 2018, les syndiqués ont affirmé avoir été poussés à la grève en raison de récentes modifications apportées aux conditions de travail des débardeurs par les compagnies maritimes.

Le syndicat avait déjà déclenché deux grèves de quatre jours chacune dans les semaines précédant le 10 août.

Les horaires et les salaires sont autant de pierres d'achoppement entre les travailleurs et les patrons.

Avec les informations de La Presse canadienne

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