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Des étudiants frustrés de payer le même montant pour des cours et services en ligne

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Une femme assise devant un ordinateur portable se frotte les yeux en tenant ses lunettes d'une main.

Le reportage de Camille Feireisen.

Photo : iStock

La rentrée se fera en ligne pour la plupart des étudiants du pays. L’accès aux services habituels, sur les campus universitaires, ne sera pas le même que les années précédentes. Pourtant, les frais de scolarité ne reflètent pas toujours cette nouvelle réalité, selon certains.

Il y a bien eu une réduction de 50 % des frais pour le centre d'athlétisme et de loisirs, simplement parce que la plupart des activités ne seront accessibles qu'en ligne. Mais à part cela, tous les frais généraux, les frais de scolarité sont les mêmes, sinon plus élevés que l'année dernière, indique Brooklyn Frizzle, vice-président-e des Affaires universitaires de l'Association étudiante de l'Université McGill.

À l’Université York, l’étudiant Nate Denaro a calculé que même avec des frais réduits, il dépensera environ 270 $ cette année pour le centre d’athlétisme et de loisirs.

Même son de cloche pour Fifi Wei, qui est sur le point de commencer sa première année au Collège Sheridan. Elle a remarqué sur sa facture qu’elle devra payer pour un centre de santé qui se trouve sur le campus… auquel elle n’aura pas accès. Ces frais ne sont toutefois pas facultatifs, lui a fait savoir l’administration de l’institution.

Une femme avec des cheveux longs bruns et des yeux bruns, elle porte un chandail blanc.

Julia Pereira

Photo : Photo remise par Julia Pereira

C’est une période difficile et beaucoup d’étudiants ont du mal financièrement. Ils se préparent à payer les frais de scolarité en plus de leurs frais de subsistance, cela ajoute au stress financier.

Julia Pereira, présidente de l'Alliance des étudiants de premier cycle de l'Ontario

D'autant que la pandémie n’a pas non plus permis à tous les étudiants d’avoir un travail durant l’été, rappelle Sébastien Lalonde, président du Caucus des syndicats étudiants francophones et bilingues en Ontario.

Sébastien Lalonde dans les studios de Radio-Canada à Toronto.

Sébastien Lalonde

Photo : Radio-Canada / Ramin Pezeshki

Le gouvernement donne la Prestation canadienne d’urgence aux étudiants, mais celle-ci n’est que de 1250 $, contrairement à la Prestation canadienne d’urgence de 2000 $, ça pose des limites.

Sébastien Lalonde, Fédération canadienne des étudiantes et étudiants Ontario

Des pétitions pour la réduction des frais de scolarité

Dans plusieurs universités, comme Ryerson à Toronto et Concordia à Montréal, des étudiants ont lancé des pétitions en ligne pour demander aux administrations universitaires de revoir le montant qu'elles facturent.

Plusieurs associations universitaires s’entendent pour demander à leurs institutions d’enseignement respectives d'au moins réduire les frais afférents, facturés pour les activités étudiantes et les installations sportives, par exemple, qui ne seront pas utilisées.

Nous, on demande que si la facture étudiante a été payée et que l’étudiant n’a pas accès au service, qu’il soit remboursé. N’importe quel consommateur, s’il n’a pas accès au produit qu’il a payé, il est remboursé, c’est la base.

Jade Marcil, présidente de l’Union étudiante du Québec

Pour le moment, il n’y a aucune annonce des universités pour dire s'ils vont retirer des frais particuliers, ajoute Jade Marcil. Elle souligne aussi qu'il y a des ententes qui existent entre les administrations universitaires et les associations étudiantes pour faire payer certains frais.

Même si certaines activités ne sont plus disponibles, certaines administrations tardent vraiment à se prononcer à savoir si elles vont rembourser les étudiants ou non, dit-elle.

Certaines universités réduisent les frais afférents

Pour leur part, plusieurs établissements postsecondaires contactés se disent sensibles aux difficultés économiques auxquelles font face leurs étudiants, et certains ajustent les frais pour en tenir compte.

Au Collège Sheridan, par exemple, les frais supplémentaires qui permettent normalement d’entretenir les installations sportives ont été réduits.

Photo d'étudiants marchant près de l'enseigne de l'Université York.

L'Université York à Toronto

Photo : CBC

Aux universités York et Ryerson, de nombreux services, comme ceux liés à la carrière et les bibliothèques, ont été transférés en ligne. Les frais restent donc en place.

En revanche, à Concordia et McGill, il est prévu de facturer les étudiants pour les frais afférents, à moins que les services ne deviennent complètement indisponibles ce semestre.

Demander une réduction des droits de scolarité

Certains étudiants aimeraient aussi une réduction des droits de scolarité du fait que la qualité n'est pas la même en ligne, selon eux. Mais les universités soutiennent que l'enseignement virtuel coûte le même montant et a le même résultat que les cours en personne.

campus de l'université de Toronto

L'Université de Toronto

Photo : Radio-Canada / (Evan Mitsui/CBC)

L’Université justifie sa position en disant que les cours seront inchangés et que la qualité sera identique, mais notre propre expérience nous fait dire que l’apprentissage en ligne n’est certainement pas la même chose qu’en personne et met en avant une foule de nouveaux obstacles, considère Muntaka Ahmed, présidente de l'Association des étudiants de l'Université de Toronto.

Surtout dans certaines filières, selon elle, comme en Faculté des Arts et des Sciences.

Nous avons appris que bon nombre des cours qui devaient reprendre en personne seront finalement donnés en ligne, en raison des lignes directrices de la Santé publique. Ce changement a été fait alors que certains étudiants sont déjà inscrits. On pense que ce n’est pas juste que l’Université facture le même montant alors que l’enseignement ne sera pas le même que l’an dernier, dit-elle.

Même son de cloche pour Sébastien Lalonde, qui a obtenu son diplôme cette année. J’ai fait mes examens de fin d’année en ligne, et beaucoup de gens ont eu des problèmes, notamment les étudiants étrangers avec le décalage horaire, les universités n’étaient pas prêtes et nous non plus, dit-il.

Vue aérienne de l'Université de Montréal.

L'Université de Montréal.

Photo : Getty Images / Sébastien St-Jean

En Ontario, les droits de scolarité des étudiants canadiens sont gelés, mais pas ceux des étudiants internationaux.

Selon les projections financières d'il y a quelques années, l'université devrait augmenter les frais de scolarité de 5,3 % pour les étudiants internationaux, précise la présidente de l'Association des étudiants de l'Université de Toronto.

En dehors de l’Ontario, certaines universités, comme McGill à Montréal, ont au contraire augmenté leurs droits de scolarité, qui sont indexés.

Pour nous, c'est une augmentation de 3,1 %, estime Brooklyn Frizzle.

Les réponses des ministères

Du côté du ministère de l’Enseignement supérieur du Québec, une porte-parole répond par courriel que le gouvernement ne compte pas diminuer les droits de scolarité.

Il est important de rappeler que les étudiants québécois bénéficient de droits de scolarité parmi les moins élevés au Canada et d’un régime d’aide financière parmi les plus généreux. Le ministère étudie actuellement les possibilités de bonification du Programme de prêts et bourses, précise le courriel.

Le ministère des Collèges et des Universités de l’Ontario rappelle pour sa part dans un courriel : En 2019-2020, le gouvernement a introduit une réduction de 10 % des frais de scolarité, qui sont gelés pour la prochaine année. De plus, la mise en place des cours en ligne a nécessité des ajustements aux plateformes en ligne et que cela a coûté cher aux établissements.

Les gouvernements doivent aider les universités

Les associations étudiantes ne comptent toutefois pas lâcher le morceau : les gouvernements doivent mettre davantage la main à la pâte et délier les cordons de la bourse.

Nous, on souhaiterait voir une subvention de la part du fédéral et une coopération entre les ministères provinciaux afin, en bout de ligne, d’aboutir à la gratuité des études postsecondaires, explique Sébastien Lalonde.

En ce moment, il y a eu des communications avec le ministère de l’Enseignement supérieur pour savoir comment il pourrait aider les universités. Nous, on demande qu'il s’engage à aider les universités qui auraient besoin de rembourser certains frais, ajoute Jade Marcil.

Il en va de l’avenir et du bien-être des étudiants, disent-ils, mais aussi, à long terme, de l’économie du pays.

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