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Les banques alimentaires forcées de s'adapter à la crise

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Des paquets de pâtes sèches sont empilées dans des boîtes de carton

Le reportage de Marie-Josée Paquette-Comeau.

Photo : CBC

Les banques alimentaires du Canada ont vu une explosion des demandes depuis avril. Pendant que certaines ont dû fermer leurs portes, d’autres ont vu leur liste de donateurs s’allonger. Plusieurs ont pu s'adapter à la COVID-19 grâce à la générosité des Canadiens.

Selon Statistique Canada, un Canadien sur sept a souffert d’insécurité alimentaire durant la pandémie, ce qui s’est reflété sur les demandes auprès des banques alimentaires. À Toronto, la Daily Bread Food Bank a vu une augmentation de 25 % des demandes d’aide.

Dans certaines petites villes comme Whistler, en Colombie-Britannique, la demande est passée de 50 familles à 300 familles par semaine. À Québec, l’organisme Moisson Québec est passé de 35 400 personnes aidées à plus de 70 000, soit le double.

On a eu des demandes de gens qui avaient perdu leur emploi, des visages qu’on n'était pas habitué de voir.

Catherine Martel, coordonnatrice aux événements, communication et financement chez Moisson Québec

Moisson Montréal a pour sa part distribué plus de 38 millions de dollars en nourriture, une augmentation de 10 millions de dollars par rapport à la même date l’an dernier. De la nourriture qui vraisemblablement serait allée à l'enfouissement terrestre si on ne l'avait pas captée, relate Richard Daneau, directeur général de Moisson Montréal.

Savoir s’adapter

Répondre à la demande a été un tour de force, selon Richard Daneau. Les bénévoles ayant disparu du jour au lendemain, il aura fallu l’aide des employés de la Ville de Montréal pour combler ce manque et suivre la cadence.

Les banques alimentaires n’ont pas toutes eu cette chance. La majorité a vu une baisse radicale de ses bénévoles pour ensuite constater une diminution des dons de nourriture allant jusqu'à 50 % dans certains marchés, explique Sylvie Pelletier, directrice des communications chez Banque alimentaire Canada.

Par exemple, Moisson Québec a acheté à ce jour pour 800 000 $ de denrées afin de pallier celles que les supermarchés avaient l’habitude de leur fournir.

Chez Moisson Montréal, l'augmentation de la demande s’est accompagnée de nouveaux donateurs qui ont contribué tant en argent qu’en produits.

Le réseau bioalimentaire nous a appelés pour nous dire : “J'ai des surplus alimentaires parce que la nourriture qui allait dans les hôtels et les restaurants ne trouve pas preneur. En voulez-vous?"

Richard Daneau, directeur général de Moisson Montréal

La COVID-19 a aussi chamboulé le réseau bioalimentaire canadien. Faute de pouvoir écouler leurs produits auprès des restaurateurs et des hôteliers, les agriculteurs ont emmagasiné les surplus alimentaires.

Pour aider les producteurs, le gouvernement fédéral a mis sur pied le Programme de récupération d'aliments excédentaires. Cette aide est dotée d’une enveloppe de 50 millions de dollars et a pour but de réorienter les produits hautement périssables qui doivent être écoulés d’urgence, tels que les fruits, les légumes, la viande, le poisson et les fruits de mer.

Plus de 22 millions de dollars seront remis à la Banque alimentaire Canada et Second Harvest pour qu’elles puissent acheter les produits et les redistribuer à travers leurs réseaux.

Ce programme s'ajoute aux 100 millions de dollars octroyés en avril dernier, en plein cœur de la crise, dont la moitié a été remise à Banque alimentaire Canada.

La générosité canadienne

Banque alimentaire Canada a lancé une collecte de fonds de 150 millions de dollars en avril afin de renflouer les coffres de ses membres vidés par la crise. En près de cinq mois, 120 millions de dollars ont été amassés.

Nous sommes émus, vraiment le soutien des Canadiens a été extraordinaire.

Sylvie Pelletier, directrice des communications, Banque alimentaire Canada

Richard Daneau dit que l’organisme est en bonne posture financière pour entamer la nouvelle vague. Aujourd'hui, on n'est pas en situation d'urgence financièrement, mais on fait les écureuils parce qu'on se dit que s'il y a une contraction économique sévère demain, la faim va augmenter.

Le directeur de Moisson Montréal a tenu à souligner la coopération de tous les acteurs de la société pour faire diminuer la faim durant la crise.

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