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Un centre de prévention des surdoses au centre-ville de Sherbrooke

La directrice générale d'Iris Estrie, Claudia Pâquet et l'intervenante, Amélie Lechasseur.

La directrice générale d'Iris Estrie, Claudia Pâquet et l'intervenante, Amélie Lechasseur.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les utilisateurs de drogues auront bientôt accès à un lieu sécuritaire pour consommer des stupéfiants au centre-ville de Sherbrooke.  Un centre de prévention des surdoses ouvrira ses portes le 1er septembre dans les locaux d’IRIS Estrie.

Une pièce de l’organisme communautaire sera aménagée afin que les utilisateurs puissent s’injecter, ingérer ou inhaler leurs propres substances sous la supervision permanente d’intervenants. Du matériel, comme des seringues, sera aussi fourni sur place.

« C’est un endroit pour sauver des vies, lance d’emblée la directrice générale d'IRIS Estrie, Claudia Pâquet. Ça permet de prévenir la transmission du VIH et des ITSS. On peut aussi faire de l’accompagnement auprès de certains itinérants ou des gens plus marginalisés. C’est aussi un outil pour les rediriger vers les services de santé et services sociaux. »

Chaque membre du personnel aura sa formation en réanimation cardiorespiratoire et sera en mesure d’administrer la naloxone, un médicament qui permet de traiter un surdosage d'opioïdes.

Sur place, un autre outil pour prévenir les drames : des bandelettes-tests réactives au fentanyl, un opioïde 100 fois plus puissant que la morphine.  

« On peut les aider à faire le test sur leur propre drogue.On a des protocoles d’urgence. On veut faire ça dans le respect et sans jugement, car nos usagers ne vont pas faire les services hospitaliers, car ils ont justement peur d’être stigmatisés et jugés », raconte  l’intervenante, Amélie Lechasseur.

« Si les gens viennent consommer ici, ils seront plus calmes à la sortie. On a prévu un temps de repos.  », ajoute Mme Pâquet.

Par manque de financement, le centre sera ouvert quelques jours par semaine seulement et selon des horaires limités.

L’Arche de l’Estrie et Élixir sont aussi partie prenante du projet. Le premier est un organisme de soutien aux personnes vivant avec le VIH/SIDA, alors que le second travaille à la prévention des dépendances chez les femmes.

Une main tient une bandelette.

Les bandelettes de détection de fentanyl détectent rapidement si une drogue est coupée au fentanyl ou pas.

Photo : Vancouver Coastal Health

La pandémie, un accélérateur du projet

Le projet de centre de prévention des surdoses est dans l’air depuis plus d’une décennie à Sherbrooke, mais sans jamais prendre son envol. La pandémie a permis à Iris Estrie de mettre le pied sur l’accélérateur.

« Ça fait dix ans que les gens nous disent qu’ils sont à la recherche d’un lieu pour s’injecter de manière sécuritaire, pour se protéger et un endroit où ils ne se feront pas achaler par la police »,  explique Claudia Pâquet.

Depuis le début de la crise sanitaire, les intervenants sur le terrain ont constaté une augmentation importante des problèmes de consommations de drogue au centre-ville de Sherbrooke.

« Avec la COVID, ça fait en sorte que les choses ont déboulé rapidement, souligne Mme Pâquet.  En quelques semaines, le centre était déjà en train de se mettre en branle. »

Des rencontres  auprès des résidents du quartier sont aussi déjà entamées pour sensibiliser les résidents et les commerçants aux bénéfices reliés à ce projet.

« Les gens semblent rassurés jusqu’à présent, affirme la directrice générale. On n’est pas non plus dans un quartier très familial. Il y a beaucoup de ressources en itinérance sur la Wellington Sud. Les gens sont habitués d’avoir de la mixité sociale. »

Du matériel stérile est fourni par Iris Estrie.

Du matériel stérile est fourni par Iris Estrie.

Photo : Radio-Canada

Un projet temporaire?

Pour le moment, le centre de prévention des surdoses sera ouvert jusqu’au 31 décembre. Iris Estrie espère pouvoir maintenir le service de manière permanente et même d’élargir l’offre en y ajoutant, par exemple, une unité mobile.  Le financement sera le nerf de la guerre.

Le gros défi dans tout ça, ce sera de faire perdurer le service, car les surdoses, ça fait longtemps qu’on en parle. Ça fait longtemps que les gens meurent. C’est le temps de faire quelque chose!

Une citation de :Amélie Lechasseur, intervenante IRIS ESTRIE

Pour exploiter légalement un site de prévention des surdoses, une exemption a été  accordée par la santé publique du Québec relativement à l'application de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances  afin de faire en sorte que le personnel et les clients du site ne puissent être arrêtés pour possession de ces  substances dans ce lieu.

En temps normal, c'est Santé Canada qui autorise les activités d'un site de prévention des surdoses. En contexte de pandémie à la COVID-19, Santé Canada a donné, de façon exceptionnelle, le pouvoir aux provinces d’accorder les exemptions.

« On travaille sur une demande d’exemption auprès de Santé Canada pour que ça soit permanent, car c’est un véritable besoin et que c’est un service qui a davantage d’effets positifs que négatifs», estime Claudia Pâquet.

Avec les informations de Philippe Grenier 

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