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Un employé de la Ville d’Ottawa renvoyé pour avoir frappé un membre du public

« Ce parc et ses installations sont fermés, mais vous pouvez le traverser », peut-on lire sur l'affiche.

Une affiche à l'entrée du parc Lawson, dans l'est d'Ottawa, indiquait ce printemps que les citoyens pouvaient le traverser, mais pas s'y arrêter.

Photo : Radio-Canada / Jean-Sébastien Marier

Radio-Canada

Une enquête des Services des règlements municipaux conclut qu’un agent chargé de faire respecter les règlements municipaux d’Ottawa a fait « un usage excessif de la force » lorsqu’il a frappé un citoyen lors d’une intervention le 4 avril dernier.

Par voie de communiqué, vendredi, le directeur général des services de protection et d’urgence, Anthony Di Monte, indique que l’agent a été congédié.

Même s’il s’agit là d’un incident isolé et que cet événement ne s’est pas répété, une agression commise à l’endroit d’un membre du public dans l’exercice de ses fonctions est un acte très grave, mentionne un communiqué de la Ville d’Ottawa.

Après l’examen de témoignages, les Services des règlements municipaux ont conclu qu'il est indéniable que l’agent chargé de faire appliquer les règlements municipaux a frappé le membre du public .

Le fil des événements

C’est en avril dernier, dans un article du Ottawa Citizen, qu’Obi Ifedi a affirmé avoir été plaqué et frappé à la bouche par un agent municipal au parc Marlene Catterall. À ce moment, des restrictions sur l’utilisation des parcs publics étaient en place, en réponse à la COVID-19.

Après une enquête du Service de police d’Ottawa (SPO), l’agent avait été orienté vers un programme de déjudiciarisation préalable à l’inculpation, une solution de rechange pour certaines infractions sans violence. Aucune accusation n’avait été déposée.

Le 9 juin, le maire Jim Watson et la conseillère Jenna Sudds avaient demandé dans une lettre au directeur de la ville, Steve Kanellakos, de fournir des détails sur les événements, et de présenter un plan afin d’éviter des incidents similaires.

De graves allégations ont été récemment soulevées au sujet du comportement d’un agent des règlements de la Ville d’Ottawa , pouvait-on y lire. [Nous] demandons officiellement un examen complet de l’incident en question du point de vue des relations de travail et de toute infraction au code de conduite connexe et des exigences en matière de formation liée à ce type d’interaction .

L’agent s’est d’abord vu confier des tâches administratives, avant d’être mis en congé dans l’attente des résultats de l’enquête municipale.

M. Di Monte avait alors répondu, dans une note du conseil municipal, que l’individu aurait refusé de quitter le parc lorsque l’agent lui aurait demandé.

L’agent aurait demandé l’aide de la police avant qu’une poursuite à pied ne s’engage. En voulant aider les forces de l’ordre, l’agent aurait été impliqué dans une bagarre avec l’individu.

M. Ifedi et sa fille de sept ans devant un immeuble à logements.

Obi Ifedi et sa fille Zoe. M. Ifedi a été frappé par un employé de la Ville d'Ottawa responsable de faire respecter les règlements municipaux.

Photo : Courtoisie David Anber

M. Ifedi aurait reçu plusieurs amendes totalisant 2010 $, puisqu’il ne se serait pas conformé aux ordonnances provinciales et aurait refusé de s’identifier.

Selon l’avocat de M. Idefi, David Anber, plusieurs détails dans la déclaration du directeur général étaient faux. Par ailleurs, son client aurait eu une lèvre fendue et des égratignures après avoir été poussé au sol par l’agent.

L’avocat de M. Ifedi critique l’enquête du SPO

La Ville a indiqué en point de presse vendredi après-midi que le directeur des services municipaux, Roger Chapman, communiquera avec la présumée victime.

M. Idefi voulait que la Ville reconnaisse l’erreur qui a eu lieu et, dès le début, il n’a pas eu cette reconnaissance. Si la Ville veut parler à M. Idefi pour s’excuser, je crois qu’il va apprécier , souligne Me Anber.

L’avocat dénonce que le SPO n’ait pas ouvert de dossier criminel alors que son enquête a déterminé que l’agent avait commis une infraction criminelle .

C’est épouvantable qu’un agent de la ville puisse avoir une conclusion spéciale pour lui, donnée par la police d’Ottawa, qui n’existe pas pour les autres membres du public , dit l’avocat.

La conseillère du quartier appuie la décision

La conseillère du quartier Baie, où a eu lieu l’incident, est satisfaite de la décision de la Ville. Je pense que c’est la bonne décision. C’était clair de ce qu’on a vu dans les enregistrements qu’une force excessive a été utilisée , dit-elle.

Selon elle, le renforcement des règles au printemps en raison du coronavirus était nécessaire, mais n’aurait pas dû mener à cette altercation.

Amener son enfant au parc semble être la chose normale à faire, et de se faire dire de s’en aller, était un peu dur pour plusieurs, particulièrement s’ils n’avaient pas d’autre endroit où aller, qu’ils n’ont pas leur propre jardin , ajoute-t-elle.

Je soutient la décision du personnel , a pour sa part indiqué le maire vendredi après-midi, en précisant qu’il ne peut émettre plus de commentaires.

La Ville a reçu de plus de 1000 appels pendant la pandémie concernant des rassemblements. Moins de 50 amendes ont toutefois été remises. Le maire a expliqué que les agents municipaux privilégient l’éducation et la sensibilisation lors de leurs interventions, en particulier pendant la pandémie.

La Ville assure aussi que tous ses agents d’applications des règlements municipaux sont formés sur l’usage de la force visant à assurer la sécurité des agents et le recours aux techniques de désescalade .

Avec les informations de Matthew Kupfer, Kimberley Molina et Ryan Patrick Jones de CBC

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