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Quelle puissance étrangère réussira-t-elle à imposer son choix au Liban?

Les deux hommes assis lors d'une conférence de presse.

Le président libanais Michel Aoun reçoit le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif au palais Baabda.

Photo : via reuters / DALATI NOHRA

Radio-Canada

Après la visite très remarquée du président français Emmanuel Macron deux jours après l’explosion du port de Beyrouth, où il a demandé un changement de système politique, plusieurs personnalités étrangères ont défilé dans la capitale libanaise pour présenter leur option sur la nature de l’enquête concernant le drame et la formation du futur gouvernement.

Vendredi, pas moins de trois responsables étrangers ont rencontré le président libanais Michel Aoun.

Le premier à avoir été reçu est le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, dont le pays est un allié du Hezbollah.

M. Zarif a déclaré à l’issue de sa rencontre avec le président Aoun qu’il n'est pas humain d'exploiter la douleur et la souffrance du peuple à des fins politiques.

Nous pensons que c'est au gouvernement et au peuple du Liban de décider de l'avenir du Liban, a-t-il indiqué, tout en assurant que son pays et des entreprises privées iraniennes étaient prêts à contribuer à la reconstruction du pays, notamment dans le secteur de l'électricité.

L’enjeu de l’enquête sur l’explosion du port

De son côté, le sous-secrétaire d’État américain David Hale a annoncé que la police fédérale américaine (FBI) allait se joindre aux enquêteurs sur l'invitation des autorités libanaises.

Or, le président Michel Aoun, le gouvernement démissionnaire et le Hezbollah avaient rejeté dès le départ l’idée d’une commission d’enquête internationale.

La France a de son côté ouvert sa propre enquête. Deux des victimes de l’explosion, qui a fait plus de 170 morts et 6500 blessés, sont de citoyenneté française.

Vue aérienne des dégâts causés par les explosions dans le port de Beyrouth.

La double explosion survenue le 4 août au port de Beyrouth a fait des dégâts matériels considérables jusqu'à plusieurs kilomètres du port.

Photo : Getty Images

Plusieurs voix au Liban réclament une enquête internationale, notamment les familles des victimes.

Des experts de l'ONU ont également réclamé une enquête indépendante et rapide, se disant inquiets de l'impunité dont bénéficient, selon eux, les responsables libanais.

Les autorités libanaises ont nommé le juge Fadi Sawan, connu selon des sources judiciaires pour son indépendance et sa probité, pour mener l'enquête sur les causes de l'explosion.

Les ministres interrogés au sujet du nitrate d'ammonium, dont un stock mal entreposé est à l'origine des explosions, devront comparaître devant une instance spéciale.

Qui formera le prochain gouvernement?

Le sous-secrétaire d’État américain a également rencontré l'ancien premier ministre Saad Hariri, évoqué dans les médias locaux comme futur chef de gouvernement.

Les États-Unis sont prêts à soutenir un gouvernement libanais qui reflète et répond à la volonté du peuple, qui s'engage honnêtement et agit pour un vrai changement, a affirmé M. Hale. Nous ne pouvons accepter davantage de promesses vides et de gouvernance dysfonctionnelle, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, M. Hale doit se réunir samedi avec des représentants de la société civile, qui réclame un gouvernement qui ne soit pas issu de la classe politique traditionnelle, pour remplacer le gouvernement démissionnaire.

De son côté, la ministre française des Armées, Florence Parly, a souligné la nécessité de former le plus rapidement possible un gouvernement de mission, chargé pour une durée limitée de mener des réformes profondes.

Florence Parly s'adresse aux journalistes.

La ministre française des Armées Florence Parly s'adressant aux journalistes à Beyrouth

Photo : Reuters / THAIER AL-SUDANI

Le Hezbollah intransigeant

Le chef du puissant Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, a rapidement exprimé son désaccord avec cette option dans un discours télévisé vendredi soir.

M. Nasrallah opte pour un gouvernement d'union nationale rassemblant les partis traditionnels qui contrôlent la vie politique.

Répondant aux appels à la formation d’un gouvernement neutre, il a affirmé qu'il n'existe pas de personnes neutres au Liban.

Jeudi, le patriarche maronite libanais Bechara Boutros Al Rai avait exprimé sa crainte de voir l'avenir du Liban décidé par des pays étrangers, sans désigner aucun de ceux-ci.

Ils ont commencé à cuisiner des choses qui ne servent pas les intérêts du Liban, mais les intérêts de politiciens et de factions, ce que nous rejetons totalement et contre quoi nous nous battrons, a-t-il assuré dans un sermon.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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