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Des sables mouvants à Saint-Henri-de-Taillon

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Un homme de dos avec les jambes enfoncées dans le sable.

Cet homme s'est enfoncé jusqu'aux cuisses sur la plage.

Photo : Courtoise Éric Scullion

Radio-Canada

Pour une deuxième année consécutive, des résidents de Saint-Henri-de-Taillon, au Lac-Saint-Jean, voient leur plage se transformer en véritables sables mouvants.

Les citoyens s'enfoncent parfois jusqu'aux hanches, ce qui soulève un enjeu de sécurité, particulièrement pour les enfants.

Depuis quelques jours, les balades d'Éric Scullion sur la plage ne sont pas reposantes. Le résident du chemin sur le lac se remémore les événements de l’été dernier.

Je ne m'attendais vraiment pas que ça se reproduise une nouvelle fois cette année et cette année, je dirais que c'est plus long la distance où on perd de la portance et qu'on cale jusqu'aux genoux et plus, raconte le riverain.

Rio Tinto recharge cette plage avec la même méthode depuis 1986. Mais selon Éric Scullion, la matière a changé en 2018.

Ils ont changé de banc d'emprunt, qu'on appelle, et depuis deux ans, ce phénomène-là se produit. C'est assez inquiétant en fait. Il n'est pas arrivé de malheur encore parce que c'est un secteur privé. Si c'était sur la Pointe-Taillon, je vous le dis, ce serait déjà réglé, croit-il.

Après analyses l'an dernier, Rio Tinto a produit un rapport qu'elle refuse de rendre public. Elle affirme surveiller le phénomène de près et rappelle aux gens qu’ils doivent faire preuve de prudence.

La perte de consistance du sol, qui a lieu vraiment sur une petite partie de la plage à Saint-Henri-de-Taillon, est due à une combinaison vraiment spécifique de facteurs naturels comme l'abondance des précipitations, la force des vents, la topographie, le rehaussement de la nappe phréatique, mais aussi la composition du sol en profondeur et en surface.

Malika Cherry, porte-parole, Rio Tinto

Phénomène de « boulance »

Comme l'explique Julien Walter, hydrogéologue à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), le sol perd de sa résistance parce que le sable est sursaturé d'eau et que les grains flottent plutôt que de se compacter.

On a connu de grosses pluies dans les dernières semaines et on a vraiment des chemins d'écoulement de l'eau souterraine. C'est vraiment les grains qui ne se tiennent plus parce que la pression de l'eau est trop forte pour les maintenir tous ensemble, de maintenir une capacité portante du sol. Ça fait littéralement des sables mouvants et on arrive à s'enfoncer, expose Julien Walter.

Un homme de dos avec les jambes enfoncées dans le sable.

Cet homme s'est enfoncé jusqu'aux cuisses sur la plage.

Photo : Courtoise Éric Scullion

Les images de jambes enfouies dans le sable jusqu’à mi-cuisse frappent l’imaginaire.

Quand je lisais des bandes dessinées quand j'étais jeune, on voyait que certaines personnes tombaient dans les sables mouvants. On les voyait s'enfoncer, s'enfoncer. Ils ne pouvaient pas s'accrocher et finissaient par disparaître. J'ose espérer que ce ne sera pas le cas autour du lac Saint-Jean. Mais promenez-vous à deux et minimisez les risques, enchaîne le spécialiste en hydrogéologie.

Julien Walter n’est pas surpris que ce phénomène survienne aux abords du lac Saint-Jean, le point le plus bas de la région.

Même si la situation devrait rentrer dans l'ordre avec l'écoulement des eaux, le riverain Eric Scullion, lui, espère une solution durable et demande à Rio Tinto de creuser un canal pour drainer le sol.

D'après le reportage de Priscilla Plamondon Lalancette

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