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Évacuation de Red Lake : les prix de chambres d’hôtel gonflés

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Panneau indiquant le centre-ville de Dryden, en Ontario.

Le reportage de Chloé Dioré de Périgny.

Photo : Radio-Canada / Miguel Lachance

Des évacués de Red Lake auraient payé plus de 200 $ par nuit pour une chambre d'hôtel à Dryden, alors que les prix sont normalement entre 110 $ et 150 $. À l’opposé, de nombreuses personnes ont été accueillies gratuitement dans des camps et pourvoiries de la région.

Le premier ministre Doug Ford a affirmé pendant son point de presse quotidien avoir appris que le Comfort Inn aurait fait payer des chambres jusqu’à 400 $ par nuit, ce qui est démenti par la compagnie.

De nombreux résidents de Red Lake ont trouvé refuge à Dryden après avoir quitté leur ville, menacée par un feu de forêt.

Le feu de forêt Red Lake 49 vu du ciel.

Le feu Red Lake 49 brûle à environ 3 km à l'ouest de la route 105 et à environ 3 km au sud de la ville de Red Lake. Il n'a pas pris d'ampleur depuis mercredi.

Photo : Ministère des Richesses naturelles et des Forêts

Margarette Rose est l’une des résidentes qui ont reçu une mauvaise surprise concernant le prix d’une chambre.

Sa mère avait pu lui réserver une chambre pour deux nuits au prix de 164 $ par nuit, incluant les frais pour un animal de compagnie.

Lorsqu’elle a voulu réserver deux nuits supplémentaires, le meilleur prix était de 195 $, ce qui n’incluait pas les frais pour son chat ni les taxes, et seulement si elle utilisait un site tiers, comme Expedia.

Margarette Rose devant le Comfort Inn.

Margarette Rose affirme qu'elle n'a pas de problème à payer si le prix est raisonnable.

Photo : Margarette Rose

Elle raconte que le meilleur prix de base que pouvait lui offrir l’employé sur place dépassait 200 $.

Un autre résident de Red Lake, Chase William, dit que l'hôtel lui a demandé 350 $ par nuit.

Il affirme avoir rassemblé des preuves et des factures d'autres évacués qui ont aussi dû payer plus cher qu'ils ne s'y attendaient, et que ça a été envoyé au gouvernement de l'Ontario.

M. William dit avoir également informé le maire de Red Lake, Fred Mota, et le député Greg Rickford.

M. Ford a d'ailleurs été mis au courant de la situation lors d’un appel avec le maire Mota.

Il s’est insurgé lorsqu'il a entendu que des gens profiteraient du malheur des évacués pour faire des profits.

M. Ford a souligné que ce sont ultimement les contribuables qui payent pour permettre l’hébergement de réfugiés, et que l’hôtel devrait les rembourser.

Propriétaires d’entreprises, arrêtez d’escroquer les gens, ou vous en subirez les conséquences. Comfort Inn, prenez vos responsabilités.

Doug Ford, premier ministre de l'Ontario

Carolyn Kilbourne, porte-parole de Choice Hotels Canada, indique que l’entreprise a été informée de ce que le premier ministre a affirmé en point de presse au sujet du Comfort Inn de Dryden.

Nous étions évidemment très préoccupés par cette situation et avons contacté le propriétaire de l’hôtel qui a déclaré qu’aucun client ne devait payer plus de 199 dollars par nuit et nous avons confirmé cela en examinant nos canaux de réservation.

Carolyn Kilbourne, porte-parole de Choice Hotels Canada

En ce qui concerne la politique des prix, comme dans de nombreux secteurs, la tarification est basée sur la demande. L’escroquerie des consommateurs vulnérables est inacceptable et nous ne cautionnerions jamais une telle pratique, ajoute Mme Kilbourne.

Un accueil généreux à Dryden

Malgré son expérience négative à l'hôtel, Margarette Rose tient à souligner l’accueil formidable de la communauté de Dryden.

Elle trouve dommage que le Comfort Inn gâche le portrait, alors que les gens de plusieurs communautés du Nord-Ouest font preuve de beaucoup de générosité, même en temps de crise sanitaire.

Un semi-remorque en train d'être déchargé.

Ce semi-remorque livre des denrées à un camp qui accueille une centaine d'évacués de Red Lake.

Photo : Meagan Clark

C’est ce que note aussi Agathe Breton-Plouffe, qui s’est réfugiée à Ear Falls.

Plusieurs membres du groupe Facebook Evacuees of Red Lake 2020 indiquent aussi avoir été bien traités.

Roger Nesbitt, directeur général de Dryden, a déclaré que la ville accueille plus de 600 personnes évacuées.

Eric Melillo installe un lit de camp.

Une cinquantaine de lits de camp ont été installés au Dryden Memorial Arena lundi, lorsque les résidents ont commencé à quitter Red Lake.

Photo : Eric Melillo

Nos hôtels à Dryden sont pleins. Beaucoup de personnes évacuées ont également trouvé un logement chez des parents et des amis dans la région. Les camps de touristes ou de pêcheurs de toute la région ont ouvert leurs portes aux évacués.

Roger Nesbitt, directeur général de Dryden

Meagan Clark, du Clark's Resorts & Outposts, raconte que sa famille a accueilli gratuitement plus d’une centaine d’évacués.

Des chalets et des voitures.

Plusieurs personnes ont été accueillies dans ces chalets.

Photo : Meagan Clark

Nous leur avons tous fourni de la nourriture, de l’eau, des sacs de couchage, des oreillers, des articles de toilette et d’autres fournitures médicales et nous ne faisons payer absolument rien. Il y a beaucoup d’autres camps qui font de même.

Des caisses de nourriture.

Quelques-unes des denrées qui ont été reçues par Clark's Resorts & Outposts.

Photo : Meagan Clark

Mme Clark note que des pourvoiries connaissent une saison très difficile en raison de la pandémie et de la fermeture de la frontière.

Ces sites touristiques sont confrontés à une année entière sans revenu et beaucoup risquent de perdre leur entreprise, mais ils ont quand même ouvert leurs portes aux personnes évacuées sans frais. Mes parents font partie de ce groupe d’individus extraordinaires.

Meagan Clark, Clark's Resorts & Outposts

Selon des informations recueillies par CBC News, le Rock Shore Lodge, à Perrault Falls, loge aussi des résidents de Red Lake gratuitement.

Accès restreint à Red Lake

La Police provinciale de l’Ontario contrôle depuis vendredi matin l’accès à la communauté de Red Lake. Tous ceux qui ne sont pas considérés comme des travailleurs essentiels ne peuvent plus se rendre dans la ville ou y circuler.

Les policiers ont mis en place vers 8 h des barrages autour de la communauté, selon un ordre donné par le ministère des Richesses naturelles et de Forêts (MRNF).

Une carte du Nord-Ouest de l'Ontario et du Manitoba montre que Red Lake se trouve au Nord-Est de Winnipeg.

Le feu Red Lake 49 a éclaté lundi tout près de la ville.

Photo : CBC

La route 105, qui était déjà fermée en direction nord depuis mardi, est maintenant bloquée dans les deux sens entre Red Lake et Goldpines.

Selon le maire de Red Lake, environ 4000 résidents ont quitté la ville. Entre 200 et 300 personnes seraient encore sur place.

Des employés municipaux ont frappé aux portes, avec l’aide de partenaires communautaires, et malheureusement, certaines personnes refusent tout simplement de partir, a déclaré le maire.

Avertissement de pluie en vigueur

Plusieurs secteurs du Nord-Ouest de l’Ontario, dont Red Lake, pourraient recevoir d’ici samedi matin jusqu’à 70 mm de pluie, selon Environnement Canada.

Si la pluie est une bonne nouvelle pour les garde-feux, de la foudre et des vents forts pourraient toutefois compliquer leur travail.

Dans un communiqué, le MRNF a déclaré que son personnel, les équipements lourds et les avions déployés font de grands progrès dans la lutte contre l’incendie; cependant, la taille de ce dernier est inchangée par rapport à mercredi et reste à 552 hectares.

Il n'est toujours pas maîtrisé.

Nous avons eu deux orages hier (jeudi)... ils nous ont apporté 10 mm de pluie, et nous chanceux, mais ç'a aussi apporté beaucoup d’éclairs, explique M. Mota.

Les vents d’ouest ne sont pas favorables, parce qu’ils soufflent les flammes en direction de la ville, mais je pense que la pluie que nous avons eue nous aide beaucoup à combattre ce feu.

Fred Mota, maire de Red Lake

Vendredi, les équipes de garde-feux se préparent à des orages violents qui approcheront dans la soirée, avec la possibilité de grêle et de rafales pouvant atteindre 100 km/h, selon M. Mota.

Avec les informations de CBC

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