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Vote par correspondance : la poste américaine ne garantit pas l'efficacité du système

Une employée des postes trie du courrier.

De nouvelles mesures imposées à ses employés par le service postal américain causent des retards d’au moins une semaine à certains endroits.

Photo : Associated Press / Matt Rourke

Radio-Canada

Pendant que de nombreux États américains s'efforcent d'étendre leur système de vote par correspondance en pleine pandémie de coronavirus, le service postal du pays a récemment envoyé une lettre à 46 États et au District de Columbia les avertissant qu'il ne peut pas garantir que tous les bulletins de vote envoyés par courrier pour l'élection de novembre arriveront à temps pour être comptés.

En grave difficulté financière, la poste subit une vaste réforme organisationnelle et politique depuis la nomination à sa tête de Louis DeJoy, un important donateur républicain, notamment à la campagne de Donald Trump.

En raison de la crainte de recevoir une avalanche de courrier supplémentaire si la popularité du vote par correspondance continuait à augmenter, l’envoi de ces lettres fin juillet aurait cependant été planifié avant l’arrivée de M. DeJoy, à la mi-juin, montrent des documents obtenus par le Washington Post.

Certains États prévoient un volume de courrier électoral dix fois supérieur à la normale en raison de l'élection présidentielle.

Réduction des coûts et retards

Des mesures mises en place par les administrateurs du service postal afin de réduire leurs coûts de fonctionnement ont déjà retardé la distribution du courrier d’au moins une semaine à certains endroits.

La poste exige désormais que ses employés limitent les heures supplémentaires qu'ils effectuent. Et une nouvelle décision de mettre hors service 10 % des machines de tri du service postal suscite maintenant la crainte que ces ralentissements ne fassent qu'empirer.

Louis DeJoy a écrit jeudi une lettre à ses employés affirmant que les ralentissements des livraisons sont des conséquences involontaires de ses mesures d'efficacité, et que la discipline qu'il apporte augmentera nos performances pour les élections et la prochaine saison de pointe et maintiendra le haut niveau de confiance du public que nous avons gagné pour notre dévouement et notre engagement envers nos clients tout au long de notre histoire.

Vendredi, la sénatrice Elizabeth Warren a signalé que le Bureau de l’inspecteur général des postes enquêtait sur ces perturbations, à la demande des démocrates.

Être « réalistes »

Six États et Washington ont donc été avertis que les bulletins de vote pourraient être retardés pour un petit nombre d'électeurs.

Mais dans 40 autres États – dont les États clés du Michigan, de Pennsylvanie et de Floride –, on s’attend à de plus sérieux désagréments et on prévient que les électeurs qui enverront leur bulletin de vote trop près de la date d’échéance pourraient être privés de leur droit de vote.

La poste demande aux responsables des élections et aux électeurs de considérer de manière réaliste le fonctionnement du courrier.

Martha Johnson, porte-parole du United States Postal Service, dans un communiqué

Réagissant rapidement, quelques États ont déjà modifié leur processus électoral en obligeant les électeurs à demander ou à déposer leurs bulletins de vote plus tôt, ou en décidant de retarder le dépouillement des résultats.

Par exemple, les responsables électoraux de Pennsylvanie ont demandé jeudi dernier à la Cour suprême de l'État l'autorisation de compter les bulletins de vote trois jours après le jour du scrutin.

Mais dans de nombreux autres États, les délais n'ont pas été ou ne peuvent pas être ajustés alors qu'il ne reste que quelques semaines avant que les premiers bulletins de vote par correspondance n'arrivent.

En grave déficit

Le service postal américain est en difficulté depuis des années en raison de la baisse des volumes de courrier et de l'essor du numérique. Il a publié une perte nette de 2,2 milliards de dollars au deuxième trimestre de 2020. Au total, il a accumulé 80 milliards de pertes depuis 2007.

Le Congrès est d’ailleurs en pleine négociation pour lui accorder des fonds additionnels, ce qui a fait dire jeudi au président américain, Donald Trump, que le financement de la poste et du vote par correspondance pour les prochaines élections constituait la principale pierre d'achoppement entre la Maison-Blanche et les démocrates sur un nouveau plan de soutien à l'économie des États-Unis.

Mercredi, il avait précisé qu'il refusait d’approuver un financement d'urgence de 25 milliards de dollars pour les services postaux, ainsi qu’un financement supplémentaire de 3,5 milliards de dollars pour le vote par correspondance.

Depuis des mois, Donald Trump s’oppose à la hausse du vote par la poste, déclarant que les bulletins de vote par correspondance conduisent nécessairement à une fraude électorale généralisée.

La nomination de Louis DeJoy à la tête du United States Postal Service (USPS) a d’ailleurs fait dire à plusieurs que le président mettait un de ses partisans à la tête du service postal avant les élections afin de pouvoir le contrôler.

Louis DeJoy a été nommé à son poste à l'unanimité par le conseil des gouverneurs de l'USPS, qui comprend trois républicains et un démocrate. En 20 ans, il est le premier patron à ne pas être issu des rangs de l'organisation.

Avec les informations de Washington Post, courriernewsroom.com, et Reuters

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