•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La COVID-19 a forcé Denise Filiatrault à modifier plusieurs fois sa prochaine pièce

Elle porte une longue veste à fleurs, de style kimono.

Denise Filiatrault sur le plateau de « Bonsoir bonsoir » en avril 2019

Photo :  La production est encore jeune inc. / Karine Dufour

Cecile Gladel

La prochaine pièce de Denise Filiatrault, Adieu Monsieur Haffmann, adaptée de la pièce du Français Jean-Philippe Daguerre, était prête depuis longtemps, mais la célèbre metteuse en scène a dû la réécrire plusieurs fois pour pouvoir espérer la présenter en respectant les règles sanitaires de la santé publique.

Je l’ai préparée l’année dernière. Je l’ai réarrangée une première fois, puis en arrivant en salle, j’ai vu qu’il n’y avait pas assez de distances, donc j’ai tout recommencé. La dernière scène est très difficile, car ils sont cinq à table. Ce n’est pas évident de les distancer, à moins que je ne les fasse se lever souvent pour qu’ils ne soient pas assis les uns près des autres. Je ne pouvais pas faire une table avec 1,5 mètre entre chaque personne, sinon ça aurait fait la grandeur de la scène, explique Denise Filiatrault en entrevue téléphonique.

L'homme regarde au loin.

Ariel Ifergan dans la pièce « Adieu Monsieur Haffmann »

Photo : Théâtre du Rideau vert

Cette dernière souligne que les répétitions, qui ont commencé lundi, se déroulent très bien.

Je change encore des scènes deux ou trois fois pour garder les distances entre les personnages. Ils ne peuvent plus se toucher, c’est un petit peu embêtant, mais on y arrive. Ce n’est pas évident, mais ça se tient très bien sinon je ne l’aurai pas fait.

Denise Filiatrault

Elle ajoute qu’elle a tout de même dû enlever des scènes de tendresse dans lesquelles des personnages se prennent dans les bras et s’embrassent. Danser collés, c’est fini, ajoute la metteuse en scène.

Malgré les nombreux changements que Denise Filiatrault a été obligée de faire à sa mise en scène, elle est très heureuse du retour du théâtre sur scène. Les gens s’ennuyaient et ont envie de sortir, d’après les ventes de billets qui se passent bien. Bien sûr, il n’y aura que 150 personnes dans une salle qui en contient 426, mais on laissera durer la pièce un peu plus longtemps, espère-t-elle.

C’est le grand intérêt de Denise Filiatrault pour la Seconde Guerre mondiale l’a poussé à vouloir adapter la pièce Adieu Monsieur Haffmann, de l’acteur et metteur en scène français Jean-Philippe Daguerre. L’histoire se déroule sous l’Occupation allemande, quand un bijoutier juif qui risque de perdre son commerce en confie la direction à son employé. Ariel Ifergan, Julie Daoust, Laurent Lucas, Renaud Paradis et Linda Sorgini jouent dans cette pièce.

La pièce sera présentée au Théâtre du Rideau vert du 29 septembre au 31 octobre 2020, après plusieurs mois de disette théâtrale.

Pas sa dernière mise en scène

À l’âge de 89 ans, Denise Filiatrault n’entend pas encore arrêter de faire de la mise en scène et devait présenter deux spectacles pour la saison 2020-2021 du Théâtre du Rideau vert. Ce n’est pas ma dernière pièce, je ne sais pas quand sera la prochaine. Il y en a une autre qu’on aurait dû annoncer cette semaine, mais pour la faire, il faut que les règles [sanitaires] changent ou qu’on trouve un vaccin, précise-t-elle.

La pièce en question, dont Denise Filiatrault ne dévoile pas le titre, regrouperait une vingtaine d’acteurs et d’actrices. Il faudrait donc pouvoir remplir la salle pour que ce soit rentable. Sinon, on ne la fait pas et on attend la saison prochaine.

La femme est assise dans une salle de théâtre.

Denise Filiatrault en entrevue

Photo : Radio-Canada

Si la directrice artistique du Théâtre du Rideau vert dit que ce n’est pas sa dernière pièce, elle confirme qu’elle n’a pas d’autres projets que le théâtre, même si elle est encore en forme. À mon âge, c’est assez. J’aurai 90 ans l’an prochain, il ne faut pas exagérer.

Elle mentionne cependant que Michel Tremblay a écrit une pièce de 30 minutes pour Jacques Godin et elle sur le vaccin. Rien n’est encore décidé, mais cette pièce serait diffusée sous forme de lecture où les deux artistes seraient assis.

On a passé l’âge, Jacques et moi, [d’apprendre des textes]. Il faudrait trouver une autre pièce d’une demi-heure pour faire la première partie, car on n’a plus d’entracte.

Denise Filiatrault

Par ailleurs, la dame de théâtre ne comprend toujours pas le refus du Conseil des arts d’accorder une subvention au Théâtre du Rideau vert. Tous les théâtres de Montréal font du théâtre populaire. C’est exactement les mêmes metteurs en scène qui travaillent dans d’autres théâtres, les mêmes acteurs, et j’ai choisi des pièces de répertoire. Je ne comprends pas, c’est donc du parti pris. Ça n’a rien à voir avec nous, affirme-t-elle.

Un confinement heureux

Confinée pendant plusieurs mois, Denise Filiatrault avoue avoir très bien vécu cette période. Elle en a profité pour revoir la mise en scène d’Adieu Monsieur Haffmann, mais aussi pour regarder la télévision et lire.

Contrairement à ce que tout le monde pensait et qui demandait à mes filles comment j’allais, moi qui adore bouger. C’est plutôt moi qui les encourageais et qui leur disais que ça allait se terminer et qu’il fallait se calmer. C’est la première fois que ça m’arrive en 60 ans de carrière. Ça m’a fait beaucoup de bien, mais j’avais hâte de recommencer.

Denise Filiatrault
Katherine Levac pose sur un fond bleu et Rosalie Vaillancourt sur un fond rose.

Katherine Levac et Rosalie Vaillancourt

Photo : KOTV/Marianne Plaisance – Facebook/RosalieVaillancourt

La metteuse en scène s’est aussi dite très flattée que Katherine Levac et Rosalie Vaillancourt aient intitulé leur prochain spectacle Moé et l’autre.

Je suis très contente qu’elles nous rendent hommage de notre vivant.

Denise Filiatrault
Les deux comédiennes assises à une table regardent dans la même direction avec un air étonné.

Dominique André (Dominique Michel) et Denise Létourneau (Denise Filiatrault) dans Moi et l'autre, en 1967.

Photo : Radio-Canada / André Le Coz

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !