•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les hôpitaux pourraient ne pas être prêts pour un nouveau pic à l'automne

L'Agence de la santé publique du Canada a présenté vendredi de nouvelles prévisions.

Plan moyen de la Dre Tam, qui agite les mains.

La Dre Theresa Tam estime que le réseau canadien de la santé doit tenter de prévoir toute éventualité.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le système de santé du pays pourrait ne pas suffire à la tâche malgré tous les efforts déployés depuis le début de la pandémie, advenant une nouvelle vague de COVID-19 cet automne, a averti vendredi l'Agence de la santé publique du Canada.

L'Agence estime qu'un nouveau pic qui surviendrait au cours de l'automne demeure possible.

Les documents de l'Agence montrent qu'elle vise un scénario dit de combustion lente, dans lequel le nombre de cas demeure faible, afin que le système de santé puisse faire face à l'afflux de patients.

Mais son scénario le plus pessimiste envisage un pic plusieurs fois pire que ce que le Canada a connu jusqu'à maintenant, a signalé l'administratrice en chef de l'Agence, la Dre Theresa Tam, à l'occasion d'une conférence de presse, vendredi, à Ottawa. Cette grande crête serait suivie jusqu'en 2022 de hauts et de bas successifs continus, qui amèneraient dans les hôpitaux un nombre de patients excédant leurs capacités.

Theresa Tam a préféré ne pas chiffrer les conséquences d'une telle éventualité.

Et la pression qu'une recrudescence marquée de la COVID-19 occasionnerait s'ajouterait notamment à celle causée chaque année par la grippe et le rhume, qui provoque habituellement une augmentation du nombre d'hospitalisations au cours de l'automne et de l'hiver.

Si une telle situation devait se concrétiser, le réseau de la santé pourrait être dépassé, a prévenu la Dre Tam. Et si cela se produisait, la mortalité augmenterait beaucoup, a-t-elle prévenu.

En revanche, les nouvelles habitudes qu'ont prises les Canadiens depuis quelques mois – lavage des mains plus fréquent, port du masque, distanciation physique, isolement en cas de maladie et autres – peuvent aussi diminuer l'impact des virus respiratoires, a noté la Dre Tam.

Continuer à renforcer les capacités du réseau de la santé tout en exhortant les Canadiens à garder de bonnes habitudes sanitaires nous donnera les meilleures chances de maintenir l'épidémie dans une dynamique de combustion lente.

Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada

L'Agence de la santé publique surveille l'impact de toutes ces mesures sur la grippe, notamment, et estime tout à fait possible que celle-ci soit cette année moins virulente que dans le passé.

Les Canadiens sont néanmoins encouragés à profiter des vaccins contre l'influenza qui devraient être offerts cet automne.

Être prêt pour le pire des scénarios

Globalement, le réseau canadien de la santé a jusqu'ici pu résister à la pandémie, qui a atteint un premier sommet à la fin avril. Les hôpitaux n'ont pas manqué de chambres ni de respirateurs.

De plus, les gouvernements ont depuis multiplié les achats de matériel nécessaire, dont les tests et les équipements de protection personnelle.

Nous sommes beaucoup mieux préparés que nous l'étions avant, a convenu la Dre Tam.

La Dre Tam maintient néanmoins qu'il faut se préparer au pire des scénarios. Le nouveau coronavirus pourrait muter, par exemple, a-t-elle mentionné. On ignore les effets que le changement de saison pourrait avoir, a-t-elle aussi dit.

Quelque chose pourrait arriver à ce virus. Qui sait? Quelque chose pourrait changer. Si tout à coup [la propagation du virus] se mettait à accélérer d'une certaine manière, sous certaines conditions...

Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada

La position des autorités sanitaires a toujours été d'espérer le mieux tout en se préparant au pire.

Nous planifions plus que nécessaire, même plus que ce que nous avions fait pour la première vague, a expliqué Theresa Tam. Et je pense que c'est la chose prudente à faire. Ce scénario doit servir à pousser tous nos partenaires dans le système de santé à planifier plus que nécessaire.

Les jeunes adultes soudainement plus touchés

Par ailleurs, la tranche d’âge la plus touchée, ces dernières semaines, était celle des adultes âgés de 20 à 39 ans, avec un pic vers la mi-juillet, a souligné l’Agence de la santé publique.

Toutefois, l’incidence de la COVID-19 semble avoir diminué de nouveau dans toutes les tranches d’âge depuis. Ce portrait demeure cependant incertain, car il pourrait y avoir eu du retard dans la déclaration d’un certain nombre de cas à la fin juillet et au début août.

De nouvelles percées sont à prévoir dans le nombre de cas déclarés, a cependant averti l’agence fédérale dans des documents remis aux journalistes. Notre responsabilité collective est de limiter leur taille et leur impact.

Dans ses prévisions chiffrées, l'Agence s'est encore une fois limitée au court terme. Ainsi, en date du 23 août, soit dans moins de 10 jours, le nombre d'infections au Canada pourrait avoir atteint 127 740 cas, dont 9115 décès.

L'agence a d'autre part indiqué que 1,9 million de Canadiens avaient à ce jour téléchargé l'application de notification Alerte COVID que le gouvernement fédéral a développée avec l'aide de celui de l'Ontario et de certains employés de l'entreprise Shopify à titre personnel.

Le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique, a invité les Canadiens – et en particulier les jeunes qui fréquentent les bars – à la télécharger et à l'utiliser lorsqu'elle aura été adoptée par leur province. Elle n'est pour l'instant pleinement fonctionnelle qu'en Ontario.

Avec les informations de CBC, et La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !