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L’éditeur de Fortnite déclare la guerre à Apple et à Google

Epic Games a intenté jeudi des poursuites contre les deux géants du web.

Capture d'écran du jeu vidéo Fortnite, on voit plusieurs personnages armés converger vers une boîte.

Environ 350 millions de personnes ont joué à « Fortnite » depuis 2017, année de la sortie de ce jeu de tir et de survie devenu une vedette des compétitions de sport électronique.

Photo : Epic Games

Radio-Canada

Epic Games, l’éditeur de l’ultrapopulaire jeu vidéo Fortnite, a intenté jeudi des poursuites contre Apple et Google après que les deux géants eurent retiré le jeu de leur magasin d’application respectif, l'App Store et le Play Store.

Fortnite est disparu des deux plateformes quelques heures après qu’Epic Games y eut ajouté son propre système de paiement, conçu pour contourner les règles des boutiques virtuelles, lesquelles perçoivent une commission de 30 % de toute transaction.

Le geste a visiblement été posé de manière intentionnelle : Epic Games n’a pas tardé à déposer des poursuites contre les deux géants du web, qu’il accuse de pratiques anticoncurrentielles.

Apple, cible numéro un

Apple est plus gros, plus puissant, plus enraciné et plus pernicieux que les monopoles d'antan, déclame la plainte déposée jeudi devant un tribunal fédéral.

Epic Games a demandé au tribunal de forcer Apple à changer ses règles pour tous les développeurs d'applications.

L'application Fortnite sur l'écran d'un iPhone.

Apple est dans le collimateur de nombreux régulateurs et éditeurs d'applications qui contestent son emprise sur l'App Store.

Photo : afp via getty images / LIONEL BONAVENTURE

Apple impose des restrictions déraisonnables et illégales pour monopoliser les deux marchés, indique la plainte du studio, qui qualifie la commission de 30 % de taxe tyrannique.

Apple est devenu ce contre quoi il pestait autrefois : le monstre qui veut contrôler les marchés, bloquer la concurrence et étouffer l'innovation, détaille le document.

Le fabricant de l'iPhone est dans le collimateur de nombreux régulateurs et éditeurs d'applications qui contestent son emprise sur l'App Store, passage obligé du téléchargement d'applications sur ses populaires appareils, des téléphones intelligents aux tablettes.

Autre signe de la nature préméditée du geste d’Epic Games : le studio a rapidement diffusé une vidéo parodiant plan par plan la publicité « 1984 » du premier ordinateur Macintosh d’Apple (Nouvelle fenêtre), diffusée lors du Super Bowl de cette même année. Inspirée du roman 1984, de George Orwell, cette fameuse publicité vantait l'indépendance et la liberté qui distinguaient les Macintosh des ordinateurs d’IBM, le « Big Brother » de l’informatique.

« Epic Games a décidé de défier le monopole de l’App Store. En réponse à cela, Apple a bloqué Fortnite sur des milliards d’appareils. Rejoignez le combat pour empêcher 2020 de devenir 1984 », peut-on lire à la fin de la vidéo d’Epic Games, un véritable pied de nez à Apple.

Apple tient son bout

Apple n’a pas tardé à défendre ses politiques et à lancer une pointe à Epic Games après avoir retiré Fortnite de l’App Store.

Epic a des applications dans l’App Store depuis une décennie et a bénéficié de l’écosystème de l’App Store. [...] Epic a accepté les conditions d’utilisation, et nous nous réjouissons qu’il ait pu bâtir une entreprise prospère sur l’App Store. Le fait que ses intérêts commerciaux le mènent à vouloir une entente spéciale ne change rien au fait que ces règlements créent une situation équitable pour tous les développeurs, peut-on lire dans une déclaration fournie au site The Verge (Nouvelle fenêtre).

La marque à la pomme s'est défendue contre des attaques similaires posées dans le passé en expliquant que les commissions servaient à protéger les applis et le public des pirates et des arnaques. Son pourcentage peut baisser à 15 % à partir de la deuxième année d'un abonnement.

Epic Games a riposté sur son site web en soulignant le fait qu’Apple ne réserve pas le même traitement pour tous les développeurs, permettant à des milliers d’applications –dont Amazon, Grubhub, Nike SNKRS, Best Buy, DoorDash, Fandango, McDonald’s et StubHub – de percevoir des paiements directs.

Le cas Google

La situation est différente du côté du système d'exploitation de Google, Android, qui permet aux développeurs de proposer leurs applis sur différentes plateformes, comme le Galaxy Store de Samsung. Il est même possible de télécharger des fichiers d’applications (.apk) directement du web.

Epic soutient toutefois dans sa poursuite que Google emploie toutes sortes de stratégies légales et techniques pour décourager les utilisateurs et utilisatrices de se procurer des applications de sources autres que le Play Store, notamment en faisant apparaître des fenêtres surgissantes de sécurité épeurantes et répétitives.

Une page du magasin Google Play affichant plusieurs jeux gratuits

Il existe des solutions de rechange au Play Store sur Android.

Photo : Radio-Canada / Simon Rail Laplante

Google s’est imposé en tant qu’intermédiaire inéluctable pour tout développeur d’applications souhaitant atteindre les utilisateurs Android, ajoute Epic Games.

Google se défend en soutenant que le Play Store n’est pas le guichet unique pour les applications Android.

Pour les éditeurs de jeu qui choisissent de passer par le Play Store, nous avons des règlements cohérents, qui sont justes pour les développeurs et garantissent la sécurité du magasin pour les utilisateurs, a indiqué le géant du web à l'Agence France-Presse.

Fortnite reste offert sur Android, mais nous ne pouvons plus le proposer sur Play parce qu'il enfreint nos règles, poursuit le groupe, tout en se disant disposé à discuter avec l'éditeur afin que le jeu puisse revenir.

Environ 350 millions de personnes ont joué à Fortnite depuis 2017, année de la sortie de ce jeu de tir et de survie devenu une vedette des compétitions de sport électronique.

En plus d’avoir droit à des versions mobiles, il est offert sur toutes les plateformes majeures, dont la Nintendo Switch, la PlayStation 4, la Xbox One, Windows et macOS. Des versions sont également prévues pour les consoles de prochaine génération, la PlayStation 5 et la Xbox Series X.

Avec les informations de Agence France-Presse, The Verge, Business Insider, TechCrunch, et Le Monde

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