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Une rentrée théâtrale adaptée à la COVID-19 chez Duceppe

Une femme et un homme habillés en noir posent.

Catherine-Anne Toupin et Anglesh Major

Photo : Duceppe

Radio-Canada

Le Théâtre Jean-Duceppe a dévoilé jeudi la programmation de sa rentrée théâtrale. L'automne sera marqué par le retour de la pièce King Dave, interprétée par le comédien montréalais d’origine haïtienne Anglesh Major, et placé sous le signe de l’agilité en raison des contraintes posées par la pandémie de COVID-19. 

L'année 2020 s’annonçait comme celle de l’envol pour le duo formé de David Laurin et Jean-Simon Traversy, qui entre dans sa troisième saison à la tête de la direction artistique de ce théâtre montréalais aux pièces d’envergure. 

Toutefois, la pandémie de COVID-19 a bouleversé leurs plans, tout comme ceux des autres institutions culturelles. Si, en temps normal, le Théâtre Jean-Duceppe peut accueillir 750 personnes, seulement 187 spectateurs et spectatrices pourront y prendre place en raison des mesures de distanciation physique.  

Un King Dave réécrit au programme

Pour lancer sa saison, Duceppe a choisi de miser sur Toutes les choses parfaites, de Duncan Macmillan. Déjà présentée en formule « 5 à 7 » en 2018 puis l’an dernier, cette pièce aux touches humoristiques est enrichie de scènes inédites. 

Ce qui était sûr pour moi, Jean-Simon [Traversy] et toute l’équipe, c’était qu’il fallait ouvrir la saison avec quelque chose de lumineux, qui donne envie de vivre et de revenir au théâtre, a expliqué David Laurin à Katerine Verebely, la chroniqueuse culturelle de l’émission Tout un matin.

David Laurin et Jean-Simon Traversy ont également choisi de présenter, à partir du 29 septembre, la pièce King Dave, qui avait eu du succès au théâtre La Licorne, en 2005, et avait valu à Alexandre Goyette le Masque du texte original ainsi que celui de l’interprétation masculine. En compagnie d'Anglesh Major, Alexandre Goyette a complètement réécrit le texte de cette pièce afin d’aborder notamment la question du racisme systémique.

Pétrole en version balado

Après ces deux pièces solos, Duceppe proposera, à partir du 21 octobre, une deuxième vague de représentations du spectacle Le loup. En mars dernier, la présentation de cette création de Nathalie Doummar avait été interrompue par l’entrée du Québec en confinement. 

En décembre, c’est la pièce La meute, de Catherine-Anne Toupin – déjà auréolée de succès au théâtre La Licorne en 2015 – qui prendra l’affiche. Ce suspense psychologique parle notamment de cyberintimidation et de sexisme. 

Si la pandémie de COVID-19 n’était pas venue jouer les trouble-fête, Duceppe aurait dû ouvrir sa saison avec la pièce Pétrole, de François Archambault, réunissant une quinzaine de comédiens et comédiennes sur scène. Au lieu d’être incarné devant un public en chair et en os, ce texte, créé lors des résidences d’écriture de Duceppe, prendra vie en version audio, sous forme d’un balado. Ce suspense climatique sera aussi publié le 22 septembre aux éditions Atelier 10, avant d’être présenté sur scène à une date ultérieure.

Faire preuve de flexibilité

Pour limiter les risques de voir la COVID-19 ruiner son automne sur les planches, Duceppe a eu une idée originale afin d’être en mesure de s’adapter rapidement si une production se retrouve touchée par la COVID-19 ou si une pièce attire peu de gens.

[On s’est dit :] pourquoi on ne mettrait pas sur scène un plateau tournant; d’un côté, il y aurait un décor, et d’un côté, il y aurait un autre décor, et [...] on peut tourner le décor de bord, a expliqué David Laurin.

Le public du théâtre montréalais sera-t-il au rendez-vous? Duceppe a sondé ceux et celles qui lui sont fidèles. En mai, 22 % des personnes abonnées se disaient prêtes à retourner dans ce théâtre en septembre. Début août, ce chiffre avait doublé, et celui des gens préférant attendre l’arrivée d’un vaccin avant de reprendre le chemin du Théâtre Jean-Duceppe était passé de 14 % à 9 %. 

Devant l’incertitude générée par la situation sanitaire actuelle, la programmation de Duceppe ne s’aventure pas au-delà du mois de décembre pour le moment. 

Pour poursuivre sa mission, demeurer proche de son public et garder à l'emploi de nombreux artistes et travailleurs culturels, la compagnie prend d’énormes risques financiers, a précisé le théâtre par communiqué.

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