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Des restaurants canadiens imposent des pourboires ou les éliminent carrément

Une serveuse qui travaille sur une terrasse porte un masque.

De nombreux restaurants ont choisi d'imposer un pourboire ou de carrément l’éliminer.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

La culture du pourboire pourrait être appelée à changer en cette pandémie de COVID-19. La plupart des restaurants et des bars au pays misent sur les méthodes de paiement sans contact, mais certaines solutions proposées ne font pas le bonheur de tous.

De nombreux établissements, y compris des chaînes de restauration, ont aussi choisi d’imposer un pourboire ou de carrément l’éliminer. L’idée, dans les deux cas, est de permettre aux clients de payer sans devoir manipuler une machine pour y inscrire le montant de leur choix.

Julian Bentivegna se prépare à rouvrir son restaurant à Toronto, la semaine prochaine. Ses clients remarqueront qu'un pourboire de 18 % sera prélevé automatiquement sur leur facture.

Selon lui, les employés des restaurants méritent bien ce supplément, surtout dans le contexte difficile de la crise sanitaire.

C’est quelque chose que nous voulions mettre en place bien avant la pandémie. Mais là, la COVID a certainement été l’élément déclencheur.

Julian Bentivegna, chef et propriétaire, Restaurant Ten

Nos clients pourront laisser leur carte de crédit sur la table et nos serveurs passeront avec la machine, sans rien toucher, explique-t-il.

Un homme masqué porte des contenants de métal dans une cuisine de restaurant.

Le restaurant Ten à Toronto imposera un pourboire de 18 % à ses clients lorsqu'il rouvrira ses portes le 19 août.

Photo : Radio-Canada

Le groupe torontois Wild & Rose va encore plus loin. L’entreprise – qui comprend les restaurants Fat Pasha, Madame Boeuf et Big Crow – a aussi imposé un pourboire de 15 % sur les commandes pour emporter.

C’était difficile auparavant, et là, ça l’est encore plus, explique le propriétaire du groupe, Anthony Rose, dans une note publiée sur son site web.

Certains consommateurs applaudissent cette initiative. 15 %, 18 %, c'est une pratique normale, alors je suis très contente de payer et j'espère que tous les restaurants vont imposer cette méthode obligatoire, souligne la Torontoise Saron Gebresellassi.

Un terminal de paiement par carte en gros plan

Choisir le montant du pourboire est chose du passé dans certains restaurants, qui veulent minimiser les contacts.

Photo : Radio-Canada

Pourboire éliminé, employés mieux payés

Ryan Donovan, copropriétaire du restaurant Richmond Station, a décidé de ne plus offrir l’option des pourboires, mais de mieux rémunérer ses employés. Pour ce faire, il a augmenté ses prix de 20 % en moyenne.

Ces revenus supplémentaires sont redistribués au personnel, comme les pourboires le seraient normalement, dit-il.

Pour le client, ça revient au même. Auparavant, il aurait peut-être acheté un sandwich à 10 $ et offert 2 $ de pourboire. Maintenant, le prix du sandwich est de 12 $.

Ryan Donovan, copropriétaire du restaurant Richmond Station
Ryan Donovan, masqué, dans son restaurant.

Ryan Donovan, copropriétaire du restaurant Richmond Station

Photo : Radio-Canada

D'autres, comme Deniella Almajose, préfèrent tout de même que les clients puissent continuer de choisir eux-mêmes le montant du pourboire, en fonction de la qualité du service.

Je crois que les pourboires sont bénéfiques autant pour les employés que pour la clientèle. Sans pourboire, ça décourage les serveurs d’aller au-delà des attentes, affirme la serveuse.

Mohamad Fakih, propriétaire de la chaîne de restaurants Paramount Fine Foods, est du même avis. Nous devons faire un excellent service pour la clientèle pour mériter le pourboire. Ce n'est pas automatique, lance-t-il.

Mohamad Fakih, devant un restaurant.

Mohamad Fakih, fondateur et PDG de la chaîne de restaurants Paramount Fine Foods et Box'd.

Photo : Radio-Canada

Ses restaurants proposent une solution qui permet aux clients de choisir leur propre montant, sans contact. Ils peuvent passer leur commande sur leur téléphone et ils peuvent donner le pourboire sans toucher les machines, alors ce n'est pas un problème, dit-il.

Restaurants Canada n’a pas fait de recommandation ciblant spécifiquement les pratiques de pourboire, laissant chaque établissement déterminer quelle est la meilleure approche.

Son porte-parole, David Lefebvre, constate toutefois que l’augmentation soudaine des prix a une influence sur le client et peut entraîner une baisse d’achalandage.

Il conclut, à la lumière de conversations avec des restaurateurs et des clients, que les consommateurs tiennent à la possibilité de donner un pourboire en fonction du service.

L’organisme encourage l’utilisation de méthodes de paiement sans contact durant la pandémie.

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