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Une Première Nation du Nord de l’Ontario développe un programme scolaire communautaire

La Première Nation de Long Lake a tiré de nouvelles leçons « révolutionnaires » de son propre passé.

Une vieille photo de la famille Finlayson.

Le nouveau programme d’histoire locale de la Première Nation de Long Lake comprendra des leçons sur la famille Finlayson, photographiée ici à la fin des années 1800, qui a joué un rôle important dans le commerce local de la fourrure.

Photo : Avec la permission de la Première Nation de Long Lake

Radio-Canada

Claire Onabigon, directrice de l’éducation de la Première Nation de Long Lake, dans le Nord-Ouest de l’Ontario, espère qu’un nouveau programme scolaire dans les écoles de la communauté aidera les élèves à se construire un avenir meilleur.

Des conversations intergénérationnelles l’ont inspirée à développer un tout nouveau programme d’histoire pour les élèves de la Première Nation, avec des leçons sur leur propre famille et leur communauté.

Mme Onabigon raconte qu’elle a beaucoup aimé le temps qu’elle a passé avec son arrière-grand-mère, à découvrir les liens profonds de sa famille avec le territoire et les gens qui l'ont peuplé.

Des résidents de la Première Nation de Long Lake.

La Première Nation de Long Lake vit le long de la route 11, dans le Nord-Ouest de l'Ontario.

Photo : Noreen Agnew

Ma grand-mère parlait toujours de sa vie, raconte la directrice de l’éducation. Cela nous a vraiment aidés. Cela a donné beaucoup plus de stabilité, et je pense que nos enfants n’ont plus cela.

Premier programme d’études de ce type

Mme Onabigon a trouvé en Waubageshig, un consultant en éducation, un partisan enthousiaste de son projet de programme d’histoire locale.

C’est une initiative révolutionnaire, dit-il. C’est le premier programme de ce genre au pays.

Waubageshig, dont le nom anglais est Harvey McCue, a cofondé le programme d’études autochtones à l’Université Trent et travaille dans le domaine de l’éducation depuis plus de 50 ans.

Waubageshig explique que les écoles des Premières Nations gérées par le gouvernement fédéral ont cédé la responsabilité de l’élaboration des programmes d’études à la province, avec de mauvais résultats.

Nous savons, après 70 ans, que le programme provincial est à l'origine du décrochage de nos enfants. Plus nous pourrons [adapter à notre culture] le programme des écoles primaires et secondaires, mieux nos jeunes s’en porteront.

Waubageshig, consultant en éducation

Environ 44 % des membres des Premières Nations âgés de 18 à 24 ans ont terminé leurs études secondaires, contre 88 % pour les autres Canadiens, selon Services aux Autochtones Canada.

Les pensionnats, les externats et le temps passé dans les écoles provinciales de Geraldton et Longlac ont nui à l’estime de soi des élèves au cours des années passées, explique Mme Onabigon.

Un panneau souhaitant la bienvenue aux visiteurs près d'un centre touristique où sont exposés des bateaux de drave.

La Première Nation de Long Lake est voisine de Longlac, une des communautés qui forment la municipalité de Greenstone.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Long Lake a repris le contrôle de l’éducation de ses enfants en 1998, dit-elle, en construisant à la fois une école primaire et une école secondaire au village, une rareté dans les petites Premières Nations du Nord de l’Ontario.

Nous avons besoin que nos enfants sachent qui ils sont et d’où ils viennent, dit-elle.

L’histoire de Long Lake est bien documentée, entre autres grâce à ses nombreuses revendications territoriales et aux traités, dit Waubageshig. Cela a permis d’accélérer le développement du programme scolaire, lui permettant de terminer le projet en moins d’un an.

Donner les moyens d’agir

Le programme comprend des modules et des plans de cours pour chaque niveau scolaire, de la maternelle à la douzième année.

Le Cercle de feu, un projet de développement minier dans le Grand Nord de l’Ontario, y est notamment abordé.

Le Cercle de feu offre un grand potentiel et je pense qu’il est important que les élèves puissent y réfléchir de manière critique, explique Waubageshig.

Une partie du nouveau programme mettra en lumière les actions de Long Lake lors de la crise d’Oka, qui a opposé en 1990 les résidents de Kanesatake, la Sûreté du Québec et l’armée canadienne au sujet du projet d’extension d’un terrain de golf.

Pendant la crise d’Oka, Long Lake a bloqué la voie ferrée, explique Mme Onabigon. Beaucoup de gens qui étaient là sont encore en vie. Nos enfants ne savent pas que leurs grands-pères ou leurs pères ou la personne en bas de la rue y ont participé.

Nos enfants pourront se voir dans l’histoire, conclut Mme Onabigon, cela leur donnera du pouvoir.

Avec les informations de CBC

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