•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Faire du pouce entre Godbout et Baie-Comeau à 89 ans... et aveugle

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un homme âgé marche à l'extérieur avec une canne pour non-voyant.

Jean-Louis Parisot doit marcher un kilomètre pour se rendre à la route 138.

Photo : Radio-Canada / Marlène Joseph-Blais

Radio-Canada

Sans autre solution convenable à son avis, Jean-Louis Parisot, 89 ans, fait de l'auto-stop chaque semaine sur la route 138.

Avant la pandémie, les moyens de transport disponibles sur la Côte-Nord étaient déjà limités, mais la COVID-19 a accentué le problème pour certains. C'est le cas pour M. Parisot, résident de Godbout, qui montait régulièrement à bord d'un véhicule d'Intercar pour faire ses courses à Baie-Comeau.

Quand l’autobus arrivait ici, pour moi, c’était l’indépendance suprême, raconte Jean-Louis Parisot, qui est aveugle.

Ça fait près de 20 ans qu’il habite à Godbout, un véritable paradis à ses yeux.

Ce que j’aime ici, c’est mon jardin. C’est la tranquillité. [...] Je vais pêcher tous les soirs.

Jean-Louis Parisot

Comme sa cécité l'empêche de conduire, il prend l’autocar depuis longtemps pour parcourir les 60 kilomètres qui le séparent de Baie-Comeau. Il l'emprunte également pour rendre visite à ses enfants à Montréal quelques fois par année. Plus qu’un moyen de transport, ces moments passés sur la route 138 remplissent aussi sa vie sociale.

Ils étaient contents de me voir. Moi, je m’assois devant et c’est toutes des femmes qui sont devant, bla-bla-bla. J’étais chez moi. J’étais rendu sur la Côte-Nord chez moi, se souvient Jean-Louis Parisot.

Un homme penché sur des plants de légumes dans son jardin.

Jean-Louis Parisot se passionne pour le jardinage et la pêche.

Photo : Radio-Canada / Marlène Joseph-Blais

Sans autocar depuis mars, et comme un aller-retour en taxi coûte environ 250 $, l’homme de 89 ans s’est tourné vers l’auto-stop. Il marche donc un kilomètre et demi pour atteindre la route 138, puis attend qu’un conducteur s’arrête.

Jean-Louis Parisot a bien essayé les services d’accompagnement proposés par la Municipalité de Godbout et le CLSC, mais il s’est rendu à l’évidence : c’est son autonomie qu’il souhaite conserver.

Le service d’Intercar convenait parfaitement aux besoins du résident de Godbout, qui faisait un aller-retour à Baie-Comeau dans la même journée, une fois par semaine, pour faire son épicerie.

L’autobus, bien, ils me connaissaient tous, donc ils me descendaient juste devant chez moi avec mon petit bogie et mon marché. Ça fait que j’étais indépendant, explique-t-il.

Il dit avoir appelé l’entreprise à de nombreuses reprises pour réclamer le retour de l'autocar. M. Parisot ne mâche pas ses mots par rapport à la qualité du transport en commun dans sa région.

Je trouve que dans un pays civilisé, comme on est ici, comme on se vante d’être ici, bien je trouve que c’est le tiers monde pour le transport. Il n'y a pas de transport, tranche-t-il.

Intercar recommencera à offrir la liaison Baie-Comeau-Québec au plus tard le 3 septembre. Cela ne réglera toutefois pas le problème vécu par Jean-Louis Parisot et les résidents d’autres municipalités situées plus à l’est sur la 138.

La compagnie ne sait pas à quel moment on reverra ses autocars circuler entre Havre-Saint-Pierre et Baie-Comeau.

Avec les informations de Marlène Joseph-Blais

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !