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Vous hésitez à renvoyer vos enfants à l'école? Voici ce que disent des experts

Des enfants portent un masque.

L'Agence de la santé publique du Canada recommande le port du masque à l'école dès l'âge de 10 ans.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le moment de prise de décision approche pour de nombreux parents de la région. Renverront-ils leurs enfants à l'école en septembre ou non?

Aux parents d'Ottawa, je vous entends, a déclaré la Dre Vera Etches, médecin-chef de Santé publique Ottawa,lors d'une conférence de presse virtuelle plus tôt cette semaine.

C'est une décision difficile pour de nombreux parents, étant donné qu’il y a tant de variables et tant d'inconnues sur l'avenir, a-t-elle déclaré. Il n'y a pas une bonne réponse pour tout le monde.

Voici quelques conseils de la Dre Etches et d'autres experts.

Quels facteurs de risque clés dois-je prendre en compte?

Les facteurs clés, selon Vera Etches, sont les suivants :

  • L'état de santé de votre enfant.
  • Les contacts étroits de votre enfant et leur état de santé.
  • La capacité de votre famille à trouver des services de garde.
  • La capacité de votre famille à organiser l'école à la maison.
  • Si votre enfant a des besoins de développement qui nécessitent un apprentissage en classe avec un professionnel qualifié.
La Dre Vera Etches, médecin-chef de Santé publique Ottawa.

La médecin hygiéniste d'Ottawa, la Dre Vera Etches, a déclaré que les parents recevraient plus d'informations sur la façon de dépister les symptômes au cours des prochaines semaines.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Que pouvons-nous apprendre des autres pays?

D'autres pays ont déjà renvoyé leurs enfants à l'école, avec des résultats mitigés. Selon le Dr Doug Manuel, scientifique à l'Institut de recherche de l'Hôpital d'Ottawa, nous devrions nous inspirer du Danemark ou de la Finlande, moins d'Israël.

En Israël, il y a eu des problèmes, a-t-il dit. Ils sont retournés à l'école, ont eu une grosse vague de chaleur, ils ne pouvaient pas porter leurs masques, ils ont dû fermer les écoles avec la climatisation, et il y a eu beaucoup de transmission dans les communautés. Certaines écoles secondaires ont été particulièrement touchées.

Le Danemark et la Finlande ont commencé à renvoyer les enfants au printemps avec des classes plus petites et des horaires alternés. Les deux pays scandinaves ont été en mesure de maintenir une faible transmission communautaire et s'orientent maintenant vers un retour à plein temps en classe.

Une classe vide, les chaises levées sur les bureaux.

Plusieurs conseils scolaires laissent encore quelques jours aux parents pour décider s'ils renvoient ou non leurs enfants à l'école au mois de septembre.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Verra-t-on des cas positifs dans les écoles?

Oui, selon tous les experts qui ont été consultés.

Il y aura des cas [de COVID-19]. Nous le savons. Nous pouvons l’anticiper.

Dre Vera Etches, médecin-chef de Santé publique Ottawa

Cela contribuera-t-il à une augmentation du nombre de cas à Ottawa? Vera Etches ne fait pas de prédiction, mais elle a déclaré que tout nouveau cas proviendrait probablement de l'extérieur de l'école plutôt que d'être transmis dans les salles de classe et les couloirs.

Une petite fille semble avoir du mal à se concentrer en faisant ses devoirs.

Les responsables de la santé publique évaluent divers scénarios, y compris ce qui se passerait si un élève était positif à la COVID-19.

Photo : iStock

Dois-je dépister les symptômes de mon enfant?

Oui. Tous les matins. La Dre Etches a déclaré que des recommandations détaillées de dépistage à domicile seront bientôt fournies aux parents. Des infirmières en santé publique seront également affectées aux écoles, où un dépistage rigoureux sera effectué.

Elle a également indiqué que les parents qui gardent leurs enfants à la maison en raison de symptômes possibles peuvent s'attendre à un appel téléphonique de suivi de Santé publique Ottawa (SPO).

Les experts estiment que les parents devraient rechercher plus que de simples symptômes respiratoires, car la COVID-19 peut également provoquer des symptômes gastro-intestinaux, notamment des nausées, des vomissements et de la diarrhée, en particulier chez les enfants.

Une salle de classe vide.

Les conseils scolaires ont déclaré que les parents pouvaient changer d'avis quant à la possibilité de renvoyer leurs enfants à l'école, mais probablement pas avant la moitié de l'automne.

Photo : Radio-Canada

Que sont ces pièces d'isolement?

Les conseils scolaires essaient de savoir quoi faire avec les élèves qui présentent des symptômes à l'école. Ils ont indiqué qu'ils se tournaient vers SPO pour obtenir des conseils à ce sujet.

Nous pensons avoir des espaces d'isolement si un enfant tombe malade ou est considéré comme malade pendant la journée d'école

Camille Williams-Taylor, directrice de l'éducation au Conseil scolaire du district d'Ottawa-Carleton.

Elle a déclaré que plus d'informations seraient communiquées aux parents dans les semaines à venir.

Que se passe-t-il si quelqu'un à l'école est confirmé positif à la COVID-19?

La Dre Etches a déclaré plus tôt cette semaine que les résultats des tests positifs dans les écoles seraient examinés au cas par cas.

Elle a également dit qu'il y aura des équipes d'intervention avec du personnel de SPO et du conseil scolaire déployés pour s'assurer que les mesures à prendre sont bien prises.

Elle a défini une éclosion comme deux cas dans une école avec un lien entre eux, par opposition à deux cas qui seraient apparus séparément à l'extérieur de l'école.

Les différents conseils scolaires attendent toujours des précisions du ministère de l'Éducation sur ce qui arrivera si un seul élève est déclaré positif.

Des amis partagent un repas en camping.

Le concept de « bulle sociale » qui permet à deux ménages de se côtoyer en omettant les principes de distanciation physique est de plus en plus répandu depuis le début de la crise sanitaire.

Photo : iStock / monkeybusinessimages

Cela fait-il éclater l'idée de bulles?

Vous pourriez vous demander : à quoi sert une bulle si mon enfant va à l'école?, a déclaré l’épidémiologiste Dara Spatz Friedman.

Mais retourner à l'école ne signifie pas qu'il est temps d'arrêter de fonctionner par bulles, selon plusieurs experts.

Vera Etches a appelé les adultes à limiter leurs contacts au minimum. Les adultes sont probablement la source des enfants qui apportent [la COVID-19] à l'école, dit-elle.

Dayna Bell, médecin des urgences du CHEO, conseille aux parents qui renvoient leurs enfants à l'école d'avoir des discussions franches avec les autres adultes dans leurs bulles.

Vous devez être capable de dire à cette personne : si mon enfant attrape la COVID-19 à l'école et qu'il vous la transmet, et que vous vous retrouvez hospitalisé, allons-nous toujours être amis? suggère la Dre Bell.

Le retour à l’école est-il important pour la santé mentale de mon enfant?

La Dre Catherine Horvath, psychologue pour enfants, craint que plus les enfants qui souffrent d’anxiété, de dépression ou de problèmes d’apprentissage restent longtemps à la maison, plus ils aient du mal à retourner à l’école.

Elle indique que depuis la fermeture des écoles en mars, ces jeunes patients lui ont signalé une diminution de l'anxiété, car il y a une telle diminution des demandes et des attentes et des choses qui les rendent anxieux.

Selon elle, les parents devraient aborder le sujet de la même manière qu'ils aborderaient un discours sexuel : le rendre adapté à l'âge, ne donner que les faits et laisser les enfants poser des questions.

Nous devons nous rappeler que c'est en grande partie notre stress et non le stress de nos enfants - à moins que nous le leur transmettions,

Dre Catherine Horvath, psychologue pour enfants

Selon elle, les enfants qui ne souffrent généralement pas d'anxiété pourraient profiter du retour en classe, et c'est ce qu'elle prévoit de faire avec ses propres enfants.

Des élèves assis sur le gazon, disposés à 2 mètres les uns des autres, écoutent leur enseignante.

Pendant la pandémie, certains enseignants ont donné quelques cours à l'extérieur de leur école, comme ici à l'école Mont-Bleu (archives).

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Les conseils scolaires envisagent-ils une autre forme de salles de classe?

Les conseils scolaires ont déclaré qu'ils espéraient garder l'environnement d'apprentissage aussi familier que possible.

Selon Camille Williams-Taylor, du CSDOC, le déplacement des élèves vers des endroits à l'extérieur de l'école poserait un trop grand défi. Nous ne cherchons certainement pas à déménager dans des espaces extérieurs à l'école.

L'apprentissage en ligne sera-t-il meilleur qu'il ne l'était au printemps?

Il existe des systèmes actuellement en place qui n'étaient pas nécessairement en place à grande échelle lorsque nous avons dû pivoter en mars, a déclaré Michelle Schira Hagerman, professeure adjointe à la Faculté d'éducation de l'Université d'Ottawa.

Les différents conseils scolaires s’attendent à pouvoir répondre à des attentes et à fournir des échéances plus claires.

Faire comprendre aux élèves quand leurs tests vont se dérouler, à quoi ressembleront les évaluations, sera certainement l'une des autres différences que nous verrons en ligne, a déclaré Camille Williams-Taylor.

Un grand-père étreint ses petits-enfants.

Faudra-t-il toujours protéger les grands-parents? C'est une question que se posent beaucoup de parents.

Photo : Getty Images / Geber86

Mes enfants peuvent-ils encore voir leurs grands-parents si je les renvoie à l'école?

Les experts disent qu'il s'agit d'une décision individuelle qui dépend de son niveau de confort et de l'état de santé.

Je ne pense pas que je le ferais à ce stade, a déclaré Raywat Deonandan, épidémiologiste et professeur agrégé à l'Université d'Ottawa. Mais cela ne signifie pas qu'ils ne peuvent pas rendre visite à l'enfant, si les protections appropriées sont en place, comme des écrans faciaux, des masques faciaux et la distanciation.

Y a-t-il des raisons d'être optimiste?

Raywat Deonandan le pense.

Nous pouvons déployer des stratégies importantes, et elles peuvent ne pas fonctionner parfaitement. Mais si suffisamment d'entre elles fonctionnent la plupart du temps, nous aurons une protection suffisante, estime-t-il.

Il propose cette comparaison : c'est comme construire des fortifications contre une armée d’invasion. Vous pouvez construire votre château, votre fossé, une grande porte. L’une ou l'autre de ces choses ne sera sans doute pas parfaite. Mais leur combinaison peut fournir une protection suffisante, ajoute-t-il.

Le port du masque ne sera pas parfait. Les enfants s'agiteront. Les barrières de plexiglas entre les bureaux ne seront pas parfaites. Mais toutes ces choses, superposées les unes aux autres, devraient offrir suffisamment de protection

Raywat Deonandan, épidémiologiste et professeur agrégé à l'Université d'Ottawa

D’après les informations d’Hillary Johnstone de CBC

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