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Nunavut : le Collège de l’Arctique n’acceptera pas d'étudiants en enseignement à l'automne

Cette décision déplaît puisque le programme d'enseignement doit contribuer à rendre l’éducation bilingue en langue inuit au territoire.

Le Collège de l'Arctique dispose de trois campus au Nunavut: à Iqaluit, à Rankin Inlet et à Cambridge Bay.

Le Collège de l’Arctique du Nunavut a annoncé mardi sa décision de ne pas accepter de nouveaux étudiants de première année dans son Programme de formation des enseignants du Nunavut.

Photo : Radio-Canada / Matisse Harvey

Le programme d’enseignement du Collège de l’Arctique du Nunavut n’acceptera pas de nouvelles admissions cet automne; une décision qui soulève des inquiétudes puisque la formation offerte doit contribuer à rendre l’éducation bilingue en langue inuit au territoire.

Le Collège a annoncé mardi sa décision de ne pas accepter de nouveaux étudiants de première année dans son Programme de formation des enseignants du Nunavut (PFEN).

Plusieurs futurs étudiants qui avaient soumis leur candidature ont appris la nouvelle la semaine dernière dans une lettre de l'établissement invitant plutôt à postuler dans un autre programme d’enseignement.

Ce programme bilingue d’enseignement primaire et secondaire est porteur d’espoir en matière de revitalisation de la langue inuit au territoire. Il forme chaque année des enseignants bilingues capables d’enseigner l’inuktut, le terme employé pour désigner la langue inuit.

Manque de ressources d’enseignement

La présidente intérimaire du Collège de l’Arctique, Rebecca Mearns, admet que la décision de ne pas accepter de nouveaux étudiants dans ce programme cet automne n’est pas idéale.

Ce n’est pas une décision que nous voulions prendre, mais c’est ce qui a été décidé avec notre université partenaire en raison de préoccupations opérationnelles, explique-t-elle.

Rebecca Mearns devant une bibliothèque.

Rebecca Mearns, la présidente intérimaire du Collège de l'Arctique du Nunavut

Photo : Photo fournie par Rebecca Mearns

Le programme repose sur un partenariat entre le Collège de l’Arctique et l’Université Mémorial de Terre-Neuve depuis une entente bilatérale conclue entre les deux établissements d’enseignement en 2019.

Selon Rebecca Mearns, la suspension abrupte des cours au printemps causée par la crise sanitaire n’a pas permis aux étudiants de quatrième année de décrocher leur diplôme.

Elle explique que le Collège de l’Arctique ne dispose pas de ressources suffisantes pour achever la formation de ces étudiants, en plus de constituer une nouvelle cohorte de première année.

L’impact sera considérable

Le président de l’Association des enseignants et enseignantes du Nunavut, John Fanjoy, a du mal à contenir son mécontentement : Nous sommes très déçus. Nous avons toujours martelé que les cohortes du PFEN sont d’une importance vitale.

D'après lui, une telle décision aura des effets irréversibles sur la préservation de la langue inuit au territoire.

L’impact sera considérable. Cela veut dire qu’il n’y aura pas de finissants en 2024.

John Fanjoy, président de l’Association des enseignants et enseignantes du Nunavut

Dans son projet de loi 25, le gouvernement du Nunavut s’est fixé comme objectif de parvenir à un système d’éducation bilingue dans toutes les écoles d’ici à 2039 et d’ici à 2026 pour les élèves de la maternelle à la première année.

 La page d’un livre pour enfant en inuktitut.

Le gouvernement comptait initialement rendre l'enseignement bilingue de la maternelle à la 12e année en 2019, mais la pénurie d’enseignants ne lui a pas permis d'atteindre cet objectif.

Photo : Radio-Canada / Marc Godbout

En prenant ce type de décisions, ils mettent sans aucun doute un frein à leur capacité à y parvenir d’ici les cinq à sept prochaines années , croit John Fanjoy.

Il évalue entre 30 % et 35 % la proportion actuelle d’enseignants inuit dans le système d’éducation. La grande majorité de ces enseignants sont des diplômés du PFEN, affirme M. Fanjoy.

Il ajoute que le gouvernement territorial devra mettre les bouchées doubles pour parvenir à son objectif à temps : Il faut investir plus dans le PFEN, accepter plus d’étudiants et ainsi permettre à un plus grand nombre de personnes de décrocher leur diplôme.

Dans un échange de courriels, mercredi, le ministère de l’Éducation confirme avoir été mis au courant de la décision du collège et indique travailler avec son administration pour s’assurer que les besoins du système d’éducation du Nunavut sont comblés .

Avec les informations de Jackie Mckay

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