•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les Albertaines en fauteuil roulant s'unissent contre l'isolement

Brandice Lorch dans son jardin.

Brandice Lorch est à l'origine de la création du groupe Alberta Wheel Girls qui se retrouve chaque semaine sur Zoom pour discuter et s'échanger des conseils.

Photo : Photo envoyée par Brandice Lorch

Radio-Canada

Alberta Wheel Girls a été créé en avril dernier, alors que de nombreuses femmes à mobilité réduite de la province se sentaient isolées. Un sentiment accentué par la pandémie et que le groupe de soutien parvient à rendre moins intense.

Elles ont 19, 22, 38 ou 45 ans, sont une trentaine, vivent en Alberta et ont toutes en commun d’avoir eu un traumatisme de la moelle épinière. Pour certaines, il y a de cela plus de 15 ans, pour d’autres, à peine quelques mois. Et depuis qu’elles se connaissent virtuellement, elles disent que leur vie a changé.

Le groupe m’a beaucoup aidée avec la dépression. J’ai 19 ans, toute ma vie est changée, explique Emma Read lors d’une visioconférence. La jeune femme a eu un accident de voiture en décembre dernier. Après trois mois dans une unité de soins intensifs, et trois mois à faire de la rééducation à l'Hôpital Glenrose d’Edmonton, elle a pu rentrer chez ses parents, à Grande Prairie.

Pendant son séjour à l'hôpital, la pandémie est arrivée, et Emma Read s’est sentie isolée pendant six mois. Je n’avais personne à qui parler qui avait les mêmes blessures que moi, se souvient-elle.

Puis, une des femmes du groupe, qui lui avait rendu visite à l'hôpital, lui a parlé d'Alberta Wheel Girls. Si Emma Read n’a pas encore pu participer aux rencontres virtuelles organisées toutes les semaines depuis le début du mois d'avril, elle est très active dans le groupe de discussion Instagram. Et, aujourd’hui, c’est à elle que certaines des autres participantes demandent conseil.

Je veux juste sensibiliser les gens et être là pour celles et ceux qui ont eu des accidents. Je veux leur montrer que la vie n’est pas finie : il y a tellement de choses que l’on peut faire, raconte la jeune femme.

Emma Read.

Emma Read, 19 ans, a eu un accident il y a huit mois et dit que le groupe de soutien l'a beaucoup aidée à faire face à la dépression qui a suivi.

Photo : Photo envoyée par Emma Read

C’est Brandice Lorch, coordinatrice des services à l’association Spinal Cord Injury de l’Alberta qui a eu l’idée de réunir des femmes en fauteuil roulant qui se sentaient isolées. En faisant le suivi de ses clientes par téléphone en raison de la pandémie, elle a senti que celles-ci seraient ravies de pouvoir parler avec des femmes dans la même situation qu’elles.

Un groupe qui change la vie

Les rétroactions que j’ai du groupe, c’est que ça a changé leur vie, raconte-t-elle. Aujourd’hui, une trentaine de femmes prennent part aux discussions sur le groupe Instagram et une quinzaine d’entre elles assistent aux rencontres virtuelles hebdomadaires. Elle-même est en fauteuil roulant depuis 2005 et fait partie du groupe.

Danielle Drouin, 22 ans et résidente de Lethbridge, pense n’avoir manqué aucune rencontre depuis le mois d'avril. Elle se souvient notamment d’une fois ou une participante avait parlé de sa technique pour sortir de sa baignoire. Peu de temps après, Danielle s'est retrouvée dans une mauvaise posture dans sa baignoire et a décidé d’utiliser la technique de cette dernière. Je n’avais jamais eu aucun problème pour sortir de ma baignoire avant ça, plaisante-t-elle aujourd’hui.

Et c’est bien là le but de ce groupe : parler de ce que chacune vit et échanger, des conseils pour faciliter la vie des autres. Et pour celles qui ont besoin qu’on leur remonte le moral, c’est ce qu’on fait aussi, précise Margaret Conquest.

À l’origine, l’Edmontonienne de 45 ans a été invitée à venir parler au groupe de santé sexuelle. Une discussion qui a connu un grand succès, selon Brandice Lorch. Depuis, Margaret Conquest est devenue membre à part entière du groupe de soutien.

Quand j’ai été blessée, en 1991, la technologie n’existait pas, je n’avais quasiment aucun contact avec d’autres femmes blessées. Quant à des femmes qui avaient les mêmes blessures que moi, je n’en connaissais aucune, explique-t-elle.

Si certaines ont pu se rencontrer en personne, la plupart attendent que la situation sanitaire s’améliore pour le faire. En attendant, chaque mardi, c’est sur Zoom qu’elles ont rendez-vous, un moment qu'elles sont nombreuses à ne manquer pour rien au monde.

Avec les informations de Jamie Malbeuf

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !