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Rachat de Loveday par une firme américaine : une occasion de rayonnement industriel

Un groupe de champignons blancs dans les herbes.

Loveday Mushroom produit plus de 2700 tonnes de champignons blancs, crimini, huîtres, portobello, shiitake et enoki par an, selon de récents rapports.

Photo : Paul Kroeger

L’acquisition de l’entreprise manitobaine de champignons Loveday Mushroom par la firme américaine South Mill Champs est une occasion de croissance économique et de rayonnement de l'industrie de Winnipeg en Amérique du Nord, selon le président de la Chambre de commerce francophone de Saint-Boniface, Philippe Richer.

M. Richer indique que cette transaction peut également donner un souffle nouveau aux revendications des résidents de Saint-Boniface qui se plaignent depuis des années des odeurs nauséabondes qui émanent, selon eux, d’une des usines de l’entreprise située dans le quartier. Cela pourrait conduire, pense-t-il, à la négociation d’un compromis bénéfique pour les deux parties.

South Mill Champs est l’un des plus grands producteurs et fournisseurs de champignons frais et de produits à base de champignons en Amérique du Nord.

Peu de risque de quitter Winnipeg

Philippe Richer note qu'à chaque fois qu’une entreprise américaine achète un concurrent canadien, la crainte est qu’elle transfère la production aux États-Unis. Dans le cas de l’acquisition de Loveday Mushroom, il fait remarquer que la localisation de l’entreprise à Winnipeg constitue un avantage stratégique que South Mill Champs ne voudra pas perdre. Loveday vend ses champignons de l’Alberta à l'Ontario, ainsi que dans les états américains du nord, situés le long de la frontière, explique-t-il.

South Mill Champs, par contre, opère aux États-Unis et en Colombie-Britannique, dit-il, tout en soulignant que la majorité des centres de production et de distribution de l’entreprise sont, entre autres, en Pennsylvanie, à La Nouvelle-Orléans, en Californie et au Texas.

D’après lui, Loveday est vraiment un complément pour South Mill Champs qui permettra de rapprocher la firme de la clientèle, car les compagnies de champignons veulent livrer leurs produits dans des délais très courts pour garder la fraicheur, dit-il.

Philippe Richer assis dans un bureau.

Selon Philippe Richer, l’acquisition de l’entreprise Loveday est une bonne chose pour Saint-Boniface, pour Winnipeg pour le Manitoba.

Photo : Vincent Rességuier

De plus, il note que, de par sa constance sur le marché, Loveday Mushroom a acquis une expérience qui fait de son équipe dirigeante de précieux partenaires. C’est l’une des plus vieilles entreprises de production de champignons en Amérique du Nord. Elle est là depuis 1932, lance-t-il.

Amélioration et continuité

Cette analyse de Philippe Richer est confirmée par la firme américaine qui indique avoir acquis Loveday afin de permettre aux deux entreprises de fonctionner plus efficacement, d’améliorer l’offre de services, d’apprendre et de partager les meilleures pratiques d’affaires.

Le président-directeur général de South Mill Champs, Lewis Macleod, rassure en affirmant que la firme ne prévoit pas un changement de personnel. Les employés actuels, dit-il, bénéficieront des avantages et des occasions de développement de carrière au fur et à mesure que l’entreprise nouvellement fusionnée se développera.

La famille Loveday reste

M. Macleod souligne que Burton Loveday restera président-directeur général de Loveday et cumulera à cette fonction celle de membre de l’équipe de direction de South Mill Champs.

Dans ses deux usines d’environ 11 610 et 6780 mètres carrés à Winnipeg, Loveday emploie près de 200 personnes. Elle produit plus de 2700 tonnes de champignons blancs, crimini, huîtres, portobello, shiitake et enoki par an, selon de récents rapports.

South Mill Champs et Loveday prévoient de continuer à fournir des champignons de qualité, dit Lewis Macleod, en précisant que les deux entreprises combineront leurs savoir-faire et mettront des moyens en place afin d’améliorer continuellement l’environnement de travail et d'étendre et d'automatiser la production partout où cela est économiquement raisonnable.

Des champignon séchés dans un sac en plastique.

En 2017, South Mill de Pennsylvanie et Champs Mushrooms de la Colombie-Britannique ont fusionné pour former South Mill Champs.

Photo : Radio-Canada / Allison Van Rassel

Les odeurs à Saint-Boniface

Concernant les plaintes des résidents de Saint-Boniface par rapport aux odeurs, Lewis Macleod assure que les responsables de l’entreprise continueront de travailler avec les autorités municipales et provinciales pour identifier et atténuer les problèmes environnementaux qui pourraient survenir.

Partout où nous opérons, nous sommes de bons gérants de nos communautés tout comme Loveday, dit-il.

Il y a quelques années, des résidents de Saint-Boniface réclamaient, par l’intermédiaire d’une pétition, le déménagement de l’usine de champignons Loveday Mushroom.

Philippe Richer ne croit pas que le déménagement soit la bonne solution. C’est toujours difficile lorsque les communautés et les usines vivent côte à côte, dit-il. Mais c’est important de trouver des compromis, car c’est la base de notre économie. Au Manitoba, on se fie à ces entreprises pour créer de l’emploi, explique-t-il.

L’acquisition de l’entreprise Loveday est une bonne chose pour Saint-Boniface, pour Winnipeg, pour le Manitoba, ajoute-t-il.

Les plaintes doivent continuer, dit Mathieu Allard

De son côté, le conseiller municipal de Saint-Boniface, Mathieu Allard, demande aux résidents qui ,comme lui, subissent cette nuisance [les odeurs ndlr] de continuer à envoyer des plaintes formelles à la province afin que le gouvernement contraigne l’entreprise à faire les travaux nécessaires pour améliorer la qualité de l’air autour de ses usines.

Il souligne que son bureau a mis sur pied, il y a quelques années, un site internet nommé Odeurs à Saint-B où les résidents peuvent remplir un formulaire de plainte qui sera acheminé directement à la province. Au début, nous avons eu beaucoup de plaintes pendant à peu près un mois et après les gens ont arrêté, déplore-t-il.

Mathieu Allard, debout à l'extérieur au nord de Saint-Boniface.

Le conseiller municipal de Saint-Boniface, Mathieu Allard, indique à l’attention de la population que si rien n’est fait, une croissance de l’usine peut empirer les choses.

Photo : Radio-Canada / Radja Mahamba

M. Allard indique avoir eu une rencontre avec les responsables provinciaux au plus fort des plaintes et assure que ceux-ci s’étaient montrés ouverts à mettre en place de nouvelles mesures pour gérer le cas particulier de l’usine Loveday.

Les règles entourant la qualité de l’air et tout autre enjeu écologique doivent être une priorité, selon le conseiller municipal.

Il ajoute que l’arrivée du nouvel investisseur est un signal que les affaires vont continuer, d’où, dit-il, l’urgence d’intensifier le lobbying auprès de la province pour que les choses s’améliorent.

Je sais que les plaintes fonctionnent, car c’est à la suite des plaintes que j’ai eu une rencontre avec la province, insiste M. Allard. Selon lui, avant le gouvernement disait que les odeurs à Saint-Boniface n’étaient pas un enjeu. Mais quand les autorités provinciales ont vu les plaintes arrivées, ils ont bougé, alors, il faut que les plaintes continuent, martèle-t-il.

Le conseiller municipal de Saint-Boniface estime que si rien n’est fait, une croissance de l’usine peut empirer les choses. Plus de production peut signifier plus d’odeurs, conclut-il.

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