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5 options pour les cinéphiles qui veulent changer de Netflix

Xavier Dolan en gros plan.

Xavier Dolan dans son film « Matthias et Maxime »

Photo : Shayne Laverdière

Fanny Bourel

Entre le confinement et les pluies de ces dernières semaines, vous sentez que vous avez fait le tour du catalogue des Netflix, Disney+ et Amazon Prime Video de ce monde? Voici cinq options pour sortir des grosses productions américaines et dénicher de petits bijoux du septième art, en vous laissant guider par les recommandations d’amoureux et d'amoureuses du cinéma.


1. Mubi, le paradis du cinéma d’auteur

Un jeune homme portant des lunettes de soleil est dans une piscine.

Timothée Chalamet dans le film « Appelle-moi par ton nom »

Photo : Frenesy Film Company

C’est en constatant qu’il ne pouvait pas regarder le film In the Mood for Love dans un café de Tokyo, en 2007, que le Turc Efe Çakarel a eu l’idée de fonder Mubi (Nouvelle fenêtre)

Face à la pléthore de longs métrages accessibles sur Netflix, Disney + ou encore sur Amazon Prime Video, cette plateforme britannique a fait le choix d’œuvres triées sur le volet. Pour 9,99 $ CA par mois, Mubi donne l’accès à un choix de 30 films d’auteur du monde entier. Chaque jour, une nouvelle œuvre est ajoutée et une autre est retirée.

Ses sélections, élaborées différemment selon les pays, mêlent films anciens et récents, classiques et longs métrages rares. Pour les composer, Mubi puise dans la programmation des festivals de cinéma, dont ceux de Cannes ou de Berlin. 

Ainsi, Appelle-moi par ton nom (Call Me by Your Name), avec Timothée Chalamet, peut côtoyer Elle, avec Isabelle Huppert, ou encore Québec-Montréal, de Ricardo Trogi, ainsi qu'Octobre et Speak White, de Pierre Falardeau. Au menu en août, on trouve le film fantastique canadien Des trous dans la tête (Brand Upon the Brain!) ainsi que Delicatessen, du Français Jean-Pierre Jeunet. 

Mubi, qui a enrichi son concept initial d’une vidéothèque de films permanents, concocte également des rétrospectives consacrées à des cinéastes en particulier, tels que Jean-Luc Godard, ou à des thèmes, comme la nouvelle génération du cinéma canadien, par le passé, ou encore le nouveau cinéma brésilien.

À noter que c’est sur Mubi que la dernière création de Xavier Dolan, Matthias et Maxime, est désormais visible en ligne dans plusieurs pays, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, mais pas au Canada. Ce film québécois n’avait pas encore été distribué dans ces pays. 

La plateforme propose aussi une version gratuite, qui ne permet pas de visionner les films, mais où l'on peut noter des films, consulter les critiques rédigées par les autres membres ou se créer des listes. Elle revendique près de 10,5 millions d’utilisateurs et utilisatrices dans le monde, et affirme que son audience a triplé en un an. 


2. Tënk, la plateforme 100 % documentaire

Photo noir et blanc montrant une femme dans les années 1950.

Une des photos prises par la photographe Vivain Maier, qui est le sujet du documentaire « À la recherche de Vivain Maier »

Photo : © vivian maier/maloof collectio

Spécialisée dans le cinéma documentaire d’auteur, la plateforme française Tënk (Nouvelle fenêtre) est arrivée au Québec en février dernier avec la collaboration de gens du milieu du cinéma québécois. 

Comme Mubi, Tënk fait le pari de proposer une sélection limitée, mais soigneusement élaborée, de films pour 11,50 $ par mois. Chaque semaine, les personnes abonnées peuvent ainsi découvrir cinq documentaires, qui restent en ligne pour une cinquantaine de jours. 

Par exemple, en ce moment, Tënk met en lumière Adagio pour un gars de bicycle, que la réalisatrice Pascale Ferland a consacré, en 2008, au pionnier du cinéma indépendant québécois René Bail. 

Autre film à l’affiche : Sans frapper, de la cinéaste belge Alexe Poukine. Ce documentaire, sélectionné lors des dernières Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM), raconte, à travers plusieurs femmes, l’histoire d’Ada, survivante d’une agression sexuelle.

Il est aussi possible de se plonger dans On est au coton, le portrait controversé que Denys Arcand a dressé de l’industrie textile québécoise en 1970, ou encore dans À la recherche de Vivain Maier. Ce film américain retrace la vie et l'œuvre de la photographe du siècle dernier dont l’immense talent n'a été découvert que par hasard après sa mort. 

À partir du 14 août, à l’occasion du festival Fierté Montréal, Tënk présentera Les invisibles. Ce documentaire français porte sur des personnes nées entre les deux guerres mondiales qui ont choisi de vivre leur homosexualité au grand jour à une époque où la société condamnait cette orientation sexuelle.


3. Le site de l’ONF, de plus en plus populaire

Une mère autochtone embrasse son fils.

Jordan et sa mère, Virginia Anderson, dans le documentaire « Jordan River Anderson, le messager », d'Alanis Obomsawin

Photo : ONF

Films de fiction, d’animation ou encore documentaires et récits interactifs… Plus de 4000 productions attendent le public sur le site de l’Office national du film du Canada (Nouvelle fenêtre). Si certaines d’entre elles sont accessibles gratuitement, d’autres sont à louer sur demande. 

Le service existait depuis 10 ans, mais restait sous-utilisé jusqu’à il y a quelques mois. Le confinement s’est traduit par une explosion des visionnements. Leur nombre a grimpé jusqu’à 25 000 par jour, contre une moyenne de 7000 auparavant. Cet été, les chiffres tournent autour de 10 000 à 15 000 visionnements quotidiens.

En mars, l’ONF, qui espère que la fréquentation de son site va désormais s’inscrire dans les habitudes des cinéphiles, a commencé à sortir quatre nouveautés par mois. Le 31 août, le public pourra ainsi profiter du documentaire Jordan River Anderson, le messager, de la réalisatrice abénaquise Alanis Obomsawin, qui a reçu un prix Iris hommage lors du dernier Gala Québec Cinéma.

Et le 21 septembre sera en ligne Contes d'une grossophobie ordinaire, le court métrage de Josiane Blanc sur les effets de la discrimination fondée sur le poids chez les adolescentes.


4. byNWR, pour les fans de films de série B

« byNWR » est écrit en lettres colorées sur un fond noir.

byNWR a vu le jour en 2018.

Photo : ByNWR

Offert en français depuis l’an dernier, byNWR (Nouvelle fenêtre), moitié plateforme en ligne et moitié magazine numérique, a été imaginée par le cinéaste danois Nicolas Winding Refn, à qui l’on doit le film Drive.

Vouée à la mise en valeur de films de série B rares, souvent introuvables ailleurs, byNWR se présente sous une forme originale : celle d’une exposition toujours gratuite. Par exemple, l'exposition La culture est pour tout le monde se décline en huit volumes. 

Chaque volume se compose de plusieurs films, sous-titrés en français. Et comme un magazine, il est orchestré par un rédacteur ou une rédactrice en chef, qui accompagne son volume de longs textes fouillés, enrichis de photos et parfois d’extraits sonores.

Parmi ces plumes figurent la scénariste, programmatrice de festivals de cinéma et autrice canadienne Kier-La Janisse ainsi que le biographe américain Jimmy McDonough, le romancier William Boyle et l’auteur Bob Mehr. 


5. Sundance Now, l’esprit du festival de cinéma indépendant

Un homme marche sur une plage.

Joaquin Phoenix dans le film « Elle » (« Her ») de Spike Jonze.

Photo : Facebook/Sundance Now Canada

Lancée au Canada en 2017, la plateforme Sundance Now (Nouvelle fenêtre) s’inspire du Festival du film de Sundance, qui célèbre le cinéma indépendant chaque hiver dans l’Utah, aux États-Unis.

Également axée sur l'édition, Sundance Now offre, pour 6,99 $ par mois, un catalogue de productions télévisuelles et cinématographiques misant sur la qualité tout en restant grand public. 

Parmi les fictions et les documentaires ayant fait leur entrée au cours des derniers mois, on trouve Elle (Her), de Spike Jonze, Mommy, de Xavier Dolan, Whiplash, de Damien Chazelle, et Frantz, de François Ozon. 

Avis aux amateurs et amatrices de faits divers criminels : Sundance Now présente une sélection de séries documentaires criminelles, mais aussi de documentaires comme The Case of Sally Challen

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