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« Ce qui manque, c’est un plan en cas de fermeture d’école »

Une classe vide, les chaises posées sur les bureaux.

Si les balises sont claires quant au temps d'enseignement à distance par semaine, le « comment » de la chose l'est beaucoup moins, commente un expert de l'école à distance.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Québec a fait le plein d’équipement informatique pour assurer le bon déroulement de l'école virtuelle en cas de deuxième vague de COVID-19 à l'automne. Très bien, répondent plusieurs observateurs, mais les écoles pourront-elles se tourner vers l'enseignement à distance en 24 heures comme le promet le ministre de l'Éducation?

Il reste beaucoup de préparation... et bien peu de temps, fait remarquer Thierry Karsenti, professeur à la faculté des sciences de l'éducation de l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information et de la communication en éducation.

Ça devrait être une priorité absolue pour les écoles. On ne peut pas laisser ça à fin septembre, début octobre, lance ce spécialiste de l’école à distance.

Il faut être prêt dès la rentrée, avance-t-il, puisqu’on ne sait pas quand, et si, la deuxième vague frappera.

Ce qui manque, poursuit M. Karsenti, c’est un plan en cas de fermeture d’école, autant pour les enseignants que pour les élèves. Car si les balises sont claires depuis lundi notamment sur le nombre d’heures d’enseignement à distance par semaine, sur la quantité de travail autonome à faire pour les élèves ou sur le temps d’encadrement hebdomadaire que devra offrir l’enseignant à l’élève, le comment l’est beaucoup moins.

Les enseignants et les directions d’école doivent contribuer au plan, avertit l’expert. Il invite par exemple les enseignants à suivre la formation sur l'enseignement à distance offerte par la TELUQ. Près de 12 000 enseignants sur les 108 000 que compte le Québec l’ont suivie depuis le printemps.

Les élèves doivent aussi être préparés à l’école virtuelle et les premiers jours de la rentrée devront entre autres être consacrés à ça.

Il faut faire des simulations en salle de classe. On fait sa leçon de français en classe, mais comme si on était à distance. Voici le document, voici le plan de la leçon, comment tu me partages ton travail, etc.

Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information et de la communication en éducation

Il faudra aussi s'assurer d'avoir de l'aide pour les professeurs en cas de pépin technique, dit le professeur. Il faut que les écoles mettent ça en place rapidement. Si tu as des problèmes avec Zoom, tu ne peux pas attendre six mois.

COVID-19     : ce qu'il faut savoir

Achat de matériel par Québec

Le réseau de l'éducation a fait l'acquisition d'environ 200 000 tablettes et ordinateurs portables en prévision de la rentrée scolaire. Mais encore faut-il avoir accès à Internet.

Les centres de services ont une marge de manœuvre budgétaire pour faire l'achat de cartes LTE. On s’assure ainsi qu'il y ait une connexion réseau pour que tous puissent utiliser Internet, explique Nicolas Prévost, président de la Fédération québécoise des directions d’établissements d’enseignement.

Les parents et les élèves qui n'ont pas accès à l’Internet, ou encore à une tablette ou un ordinateur portable, peuvent donc se rassurer.

Des équipements leur seront prioritairement destinés, comme ceux que Québec a annoncé avoir achetés, mercredi. Le gouvernement a investi 19 millions de dollars pour se munir d’une réserve d'équipement informatique d'urgence de 30 000 appareils.

Les élèves handicapés ou en difficulté d'adaptation ou d'apprentissage font aussi partie des priorités du gouvernement.

Les directions d'écoles s'inquiètent par ailleurs de manquer de personnel. À l'heure actuelle, il y a plusieurs centres de service, plusieurs [écoles] qui sont à la recherche d'enseignants pour pourvoir les postes en classe, dit M. Prévost.

Avec les informations de Mathieu Belhumeur et de La Presse canadienne

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