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« De la gomme de sapin dans les veines » : Claude LeBlanc, collectionneur de haches

Un homme travaille du bois dans un jardin.

L'été, Claude LeBlanc travaille ses haches et ses batons dans son jardin.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

On les appelle les taillandophiles. Ils font partie d'une catégorie rare : les collectionneurs de haches. Un francophone d'Edmonton en a rassemblé une panoplie au fil des années et possède une des plus grandes collections du Canada. Rencontre avec ce passionné du bois dans le nord de la capitale albertaine.

De tous les pays

Quand Claude LeBlanc pousse la porte de son hangar à haches situé dans son jardin, beaucoup de poussière et d’émotions remontent à la surface.C’est toujours un plaisir de les regarder, avoue-t-il. Partout où je vais, j’achète des haches. Je ne les vends pas. Tu ne veux pas te débarrasser de ta collection.

Il y en a de toutes les tailles, de toutes les couleurs et de tous les pays. Ça, c’est une hache de menuisier. Celle-ci, c’est une hache pour équarrir du bois. Celle-là vient de Hongrie.

Combien de haches sont rangées dans cette cabane? C’est pas important pour moi, dit Claude LeBlanc. Mais j’en ai au-dessus de 1000. Leur valeur varie entre 200 et 800 $.

Un homme tient une hache dans ses mains.

Certaines haches ont plus de 300 ans.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Pour ce collectionneur, toutes sont des merveilles, mais c’est sûr qu’il a ses préférées en tête, notamment celle aux bouts arrondis. Et il y a aussi cette hache que les Anglais et les Français échangeaient avec les Indiens contre des fourrures. Elle a 300 ans, estime-t-il.

De génération en génération

Originaire de Gaspésie, au Québec, Claude LeBlanc collectionne les haches depuis 1976, mais sa passion vient d’encore plus loin et révèle un amour profond du bois. Petit garçon, il était entouré de forêts et voyait ses grands-pères, Isidore et Yves-René, travailler cette matière dure.

Mon grand-père et mon père me racontaient que tel arbre est bon pour telle chose, se rappelle-t-il. Par exemple, pour les fosses septiques, il faut du mélèze.

Un de mes oncles disait qu’on avait de la gomme de sapin dans les veines.

Une citation de :Claude LeBlanc, artisan

Le virus du bois l’envahit. Il commence sa collection à l’âge de 14 ans et se met à confectionner des manches de hache en s’installant en Alberta, avant de s’essayer à la fabrication de bâtons de marche et de baguettes chinoises, qu’il vend une fois par semaine au marché fermier d'Old Strathcona d’Edmonton, sous le nom The Stick Man.

Un homme tient dans ses mains deux haches.

Parmi les milliers de haches, le collectionneur a ses préférées.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Pour les haches, le meilleur bois, en Amérique du Nord, ce serait le hickory. Si tu vas dans le bois exotique, il y en a plein qui sont très solides, raconte cet aficionado. C’est des bois qui ont de la couleur, ils sont flexibles et durables.

Les différentes variétés n’ont plus de secret pour lui. Je pourrais fermer les yeux. Tu sables du bois et je les reconnais juste par la senteur. Ils ont des arômes. Il y a du bois qui sent la cannelle.

Vente directe privilégiée

Claude LeBlanc vend les haches qu’il fabrique dans son jardin, mais uniquement à des amis ou par le bouche-à-oreille. Internet, il s’en sert pour faire découvrir ses créations, notamment sur le groupe de référence sur Facebook Axe Junkies, mais sinon, il s’en méfie. 

Des haches par terre.

La majorité des haches qu'il fabrique est vendue à des connaissances.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Si je vends sur Internet et que j’aie quatre commandes de hache, c’est pas un problème. Si j'en ai 150, là, ça devient un problème. Je ne veux pas ça. C’est tout fait à la main. Les manches sont tous différents, les étuis sont tous différents. C’est ça, la beauté aussi pour le collectionneur.

La gratification du travail manuel

Armé d’outils rotatifs et d’une ponceuse,cl'artisan passe des heures dehors, assis sur un rondin de bois, à tailler et à affiner. Il lui faut moins d’une heure pour réaliser un manche de hache, qui va ensuite être inséré dans une partie supérieure coupante en acier de haute qualité venant d’une fonderie en Ontario.

Sa partie préférée du travail, c’est la dernière, qui consiste à huiler le manche avec une serviette. La couleur du bois change, c’est incroyable. T’as créé quelque chose avec tes mains. C’est une récompense. Cet amour du bois pourrait bien s'arrêter avec lui dans sa lignée familiale. Ses enfants ont choisi d'autres terrains artistiques.

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