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Un ex-commissaire remet en question la libération du délinquant sexuel Michel Cox

Une voiture du Service de police de la Ville de Montréal.

Voiture du SPVM.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Radio-Canada

Comment un délinquant sexuel peut-il se retrouver en liberté alors que plusieurs éléments de son dossier justifient son maintien en détention? C'est la question que se pose l’ancien commissaire aux libérations conditionnelles, Dave Blackburn.

En entrevue à l’émission Le 15-18 sur ICI Première, M. Blackburn a ainsi réagi au cas de récidive, la semaine dernière, d'un homme remis en liberté après avoir été condamné à 21 ans de prison pour agression sexuelle.

Michel Cox, âgé de 43 ans, a tenté d'enlever une adolescente en se faisant passer pour un policier dans le quartier d'Outremont, à Montréal. Arrêté par le Service de police de la Ville de Montréal, l’homme fait maintenant face à des accusations d’enlèvement, de vol qualifié et de s’être fait passer pour un agent de police.

Il avait été libéré de prison en 2017 après avoir purgé les deux tiers de sa peine pour des actes commis en 2002 et 2004.

Selon M. Blackburn, cette histoire démontre qu'il faut mettre à jour la prise de décisions, au Québec, des commissaires de la Commission des libérations conditionnelles du Canada, parce que, de toute vraisemblance, le public n’est pas protégé actuellement.

La dernière évaluation psychologique de Michel Cox laissait pourtant entendre qu'il était à risque de causer du tort dans la société.

Or, l’évaluation psychologique représente un élément parmi d’autres dans l’évaluation du risque que posait M. Cox, estime M. Blackburn. Dans son cas, la consommation d’intoxicants était présente, note-t-il.

En mars dernier, Michel Cox a brisé ses conditions de libération d’office. Son équipe de gestion de cas a alors recommandé la révocation de sa libération d’office. Mais cette recommandation n’a pas été retenue par le commissaire aux libérations, qui a jugé que l’individu ne représentait pas un risque inacceptable pour la société. M. Cox est donc demeuré en maison de transition.

Dave Blackburn juge qu'il s'agit d'une décision surprenante. Surtout avec un individu comme ça, ajoute-t-il.

Outre le non-respect de condition, on regarde la fiche criminelle de cet individu-là, c’est des crimes très importants. Rien qu’avec la peine en soi, 21 ans pour des crimes sexuels, c’est très rare au Canada […], troubles de santé mentale, entre autres, personnalité antisociale, très narcissique, prédateur sexuel sadique, énumère-t-il.

La notion d’insertion sociale est importante, mais encore une fois, ce qui prime c’est la protection du public. Selon toute vraisemblance, son risque était inacceptable.

Dave Blackburn, ancien commissaire aux libérations conditionnelles

Une libération étape par étape

En règle générale, avant de permettre à un détenu de retourner dans la société, on regarde l’ensemble de ces facteurs contributifs. On regarde aussi son cheminement à l’intérieur des murs [de la prison]. Est-ce qu’il a fait des programmes? Est-ce qu’il est allé en cure?, explique M. Blackburn.

On regarde tous ces éléments pour déterminer si la personne est apte à retourner en société, ajoute-t-il.

Généralement, c’est [étape par étape]. On commence par des permissions de sortie avec escorte, sans escorte, précise l’ancien commissaire.

Selon M. Blackburn, la majorité des commissaires vont prendre des décisions qui vont aller dans le sens des recommandations du service correctionnel.

En janvier dernier, M. Blackburn avait aussi réagi après la mort de Marylène Levesque aux mains d’Eustachio Gallese, un homme accusé de meurtre par le passé et qui bénéficiait au début de l’année d’une semi-liberté.

Avec d’autres ex-commissaires, il avait remis en question le processus de nomination de la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

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