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Crise du canola : le Manitoba s'en tire bien

Un champ de canola.

Un champ de canola.

Photo : Radio-Canada / Chloé Dioré de Périgny

Les moissons arrivent à grands pas et bien que l'industrie canadienne du canola soit toujours handicapée par un embargo imposé par Pékin, le Manitoba, l’une des plus importantes provinces exportatrices de l’oléagineux du pays, reste impassible.

En mars 2019, évoquant des parasites qui auraient été détectés dans des cargaisons sans toutefois fournir de preuves, la Chine a fermé ses portes à l'importation de canola canadien en révoquant les permis de Richardson International, dans un premier temps, puis de Viterra. Les deux entreprises ont leur siège social respectivement à Winnipeg et Regina.

Le geste posé par Pékin a été interprété par plusieurs comme une mesure de représailles à la suite del'arrestation au Canada en décembre 2018 de Meng Wanzhou, la directrice financière de la compagnie chinoise Huawei.

Nous avons vu nos exportations vers la Chine baisser de 2 millions de tonnes [de graines de canola]. Nous avons vu le revenu de nos producteurs en baisse d'un milliard [de dollars] en un an, explique Brian Innes, vice-président des affaires publiques du Conseil canadien du canola.

[L'embargo] sème beaucoup d'incertitude dans l'industrie du canola au Canada, chez les producteurs. C'est certain que la valeur du canola a baissé au cours des 16 derniers mois.

Pourtant, la popularité du canola n'a pas diminué auprès des 7500 producteurs du Manitoba.

Les agriculteurs manitobains ont semé 6 % de plus de canola que l'an dernier, un total de 3,4 millions d'acres, fait valoir Charles Fossay, le vice-président de l'Association des producteurs de canola du Manitoba (APCM).

À elles deux, la Saskatchewan et l'Alberta en ont ensemencée de 1,5 à 2 millions d'acres de moins, dit-il.

Au Manitoba, en ce qui concerne la superficie de terres agricoles arables dédiée au canola et les prix que touchent les agriculteurs pour leur canola, [l’embargo] n’a pas vraiment eu d’impact, relate M. Fossay.

Le vice-président de l’APCM attribue cette stabilité économique à des initiatives de diversification, soulignant qu’il y a cette année une plus importante production d’huile de canola à partir des graines, et au développement de nouveaux marchés tels que l'Inde, le Bangladesh, le Pakistan et l'Union européenne.

Les pays membres de l'UE ont connu une saison de croissance de canola médiocre et ils réclament de plus en plus d'huile de canola pour le biodiesel, affirme-t-il, ajoutant que l’Union européenne importera plus d’un million de tonnes de canola cette année.

Donc, malgré l'incertitude que créent les jeux de pouvoir politique entre la Chine et le Canada, les producteurs manitobains arrivent quand même à bien s'en tirer, conclut Charles Fossay.

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