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Le projet de gazoduc Nord Stream 2 pourrait être compromis

Une grue déplace des tuyaux du gazoduc Nord Stream 2.

Des tuyaux du gazoduc Nord Stream 2 arrivent au port de Mukran, en Allemagne, en juin 2019.

Photo : Getty Images / Axel Schmidt

Radio-Canada

Le projet de grande envergure Nord Stream 2, qui doit alimenter l’Allemagne en gaz russe, semble être en danger en raison de la menace de sanctions américaines.

Le groupe d'énergie allemand Uniper, l'un des financiers du projet, a exprimé son inquiétude quant à un échec possible.

Après les sanctions financières envisagées par les États-Unis contre le port allemand de Sassnitz (nord-ouest) impliqué dans ce projet, la probabilité a augmenté qu'il y ait des retards dans sa construction, voire qu'il ne se réalise pas du tout, a écrit Uniper dans son rapport financier sur le deuxième trimestre publié mardi.

Fondamentalement, nous considérons l'évolution des sanctions avec inquiétude, a déclaré mardi le président de la direction d'Uniper, Andreas Schierenbeck, lors d'une conférence téléphonique.

Fin décembre, le président américain, Donald Trump avait promulgué une loi imposant des sanctions contre les entreprises apportant une assistance technique à la construction de Nord Stream 2. Selon lui, le gazoduc allait accroître la dépendance des Européens au gaz russe et ainsi renforcer l'influence de Moscou.

En juillet, le secrétaire d’État, Mike Pompeo, a ouvert la voie à des sanctions plus dures, annonçant que ce projet tombait désormais sous le coup d'une loi adoptée en 2017 par le Congrès pour contrer les adversaires de l'Amérique à travers les sanctions.

Uniper participe au financement du gazoduc à hauteur de 950 millions d'euros et estime qu'il ne serait pas concerné directement par d'éventuelles sanctions. M. Schierenbeck a affirmé continuer de croire que le projet sera terminé.

Toutefois, dans son rapport, le groupe classe le projet dans la catégorie des risques significatifs, car des scénarios extrêmes ne doivent pas être exclus, a déclaré Sascha Bibert, directeur financier du groupe.

L’Allemagne mécontente

L'Allemagne, principale bénéficiaire du gazoduc russe, y voit une source stable d'approvisionnement en énergie.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a déclaré avoir exprimé son mécontentement à Mike Pompeo à la suite de menaces de sanctions financières visant le port de Sassnitz, sur l'île de Rügen.

En visite à Moscou mardi, le ministre allemand a déclaré que l’Allemagne avait le droit de choisir ses sources d’énergie.

M. Maas a souligné que les sanctions entre partenaires [n’étaient] certainement pas la bonne voie. En fin de compte, d'où nous tirons notre énergie reste notre décision souveraine. Aucun pays n'a le droit de dicter la politique énergétique de l'Europe avec des menaces. Cela ne réussira pas.

Trois sénateurs américains ont envoyé une lettre la semaine dernière dans laquelle ils menacent le port de Sassnitz de destruction financière si l'Allemagne ne cessait pas immédiatement de participer au projet de gazoduc.

Le gazoduc Nord Stream 2 a une capacité de 55 milliards de mètres cubes par année. Le projet est financé à 50 % par la compagnie russe Gazprom. L’autre moitié est financée par cinq entreprises d’énergie européennes.

Avec les informations de Agence France-Presse, et RT

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