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Ex-déléguée du Québec à Dakar, Fatima Houda-Pepin conteste son congédiement

Plan rapproché de Fatima Houda-Pepin.

Fatima Houda-Pepin soutient qu'elle est en mesure de réfuter toutes les allégations faites sur ses problèmes de relations de travail à la délégation et sur de prétendues folles dépenses d'hébergement.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La Presse canadienne

Fatima Houda-Pepin n'entend pas se laisser écarter sans riposter des prestigieuses fonctions de déléguée générale du Québec à Dakar, au Sénégal.

Congédiée la semaine dernière par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie (MRIF), qui a mis fin à son contrat après moins d'un an de service, elle demande à la ministre Nadine Girault de rendre public le rapport préparé par un administrateur expert du ministère sur sa gestion de la délégation.

De plus, si l'Assemblée nationale le souhaite et si son devoir de réserve est levé, elle se dit prête à témoigner publiquement en commission parlementaire et à divulguer des informations et des documents sur la situation problématique observée à la délégation de Dakar.

L'ancienne députée libérale a expédié une longue lettre aux médias mardi, en vue de répliquer à ce qu'elle considère comme étant des faussetés véhiculées ces derniers temps à son sujet. Surtout, elle en veut au ministère pour la façon dont elle a été traitée.

L'ampleur des attaques publiques et leur impact sur mon intégrité, ma famille et mes proches me forcent, en l'absence de réponse du MRIF, à rectifier les faits compte tenu des dommages irréparables à ma réputation.

Fatima Houda-Pepin, dans une lettre envoyée à plusieurs médias

La décision du ministère a été prise sans justification valable, selon l'ancienne diplomate, qui se dit en profond désaccord avec la position du ministère, n'ayant commis à ses yeux aucune faute.

S'estimant injustement traitée, Mme Houda-Pepin dit pouvoir réfuter toutes les allégations qui ont circulé sur ses problèmes de relations de travail à la délégation et sur de prétendues folles dépenses d'hébergement.

J'ai assumé les responsabilités de ma charge avec honnêteté, loyauté, et intégrité dans l'intérêt public et en conformité avec les orientations et objectifs définis par le gouvernement du Québec.

Fatima Houda-Pepin, dans une lettre envoyée à plusieurs médias

Celle qui fut vice-présidente de l'Assemblée nationale insiste pour dire que l'enquête commandée par le ministère peu après son arrivée en fonction ne portait pas sur un prétendu climat toxique de relations de travail, mais plutôt sur la gestion administrative et financière prévalant à la délégation avant son arrivée, l'automne dernier.

Le rapport de l'administrateur, remis à la sous-ministre, n'a pas été rendu public, et même si elle était visée par l'enquête, elle n'a pas pu en prendre connaissance.

C'est elle-même, dit-elle, le jour de son entrée en fonction, qui a décidé d'alerter les autorités du ministère à Québec, en demandant qu'on fasse l'état des lieux de la délégation et qu'on nomme un administrateur permanent chargé de redresser la situation.

Certains employés lui ont reproché de s'être installée à l'hôtel plutôt que dans la résidence officielle de Dakar, entraînant ainsi des coûts non justifiés. À cela, elle réplique que la résidence officielle n'était pas sécurisée et se trouvait à son arrivée dans un état insalubre en dépit du fait que deux femmes de ménage étaient rémunérées par la Délégation pour en faire l'entretien quotidien.

Par souci d'économie, elle dit avoir opté pour un appartement de fonction et non une villa coûteuse.

Elle affirme de plus que, contrairement à ce qu'ont prétendu des employés locaux de la délégation, elle n'a jamais empêché les employés de la délégation d'échanger en langue wolof.

Cependant, elle demandait à ses employés de s'assurer que leurs échanges reliés au travail se passent en français. Le contraire aurait eu pour effet d'empêcher certains membres de la délégation de pleinement participer à ces échanges professionnels, dit l'ex-déléguée nommée par le premier ministre François Legault en septembre.

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