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Quel rôle jouera Kamala Harris pendant la campagne présidentielle?

Joe Biden et Kamala Harris lors d'un débat au Texas

Joe Biden et sa colistière Kamala Harris, alors qu'ils étaient adversaires pendant les primaires démocrates.

Photo : Reuters / MIKE BLAKE

Première femme noire dans le tandem de candidats d'un grand parti à un scrutin présidentiel américain, Kamala Harris a fait une entrée remarquée dans la campagne électorale, recevant les louanges de nombreux élus démocrates et subissant les attaques de l'entourage du président Trump.

Quel rôle la sénatrice de la Californie jouera-t-elle aux côtés de Joe Biden? Nous avons posé la question à Joel Goldstein, professeur émérite à l’Université Saint Louis, au Missouri, et auteur de deux livres sur la vice-présidence américaine.

Quelles sont généralement les responsabilités du colistier pendant la campagne?

Habituellement, les candidats à la présidence préfèrent se présenter comme étant moins partisans et plus présidentiels. Le candidat à la vice-présidence joue alors un rôle plus offensif.

Évidemment, tout cela a changé avec Donald Trump qui passe lui-même plus souvent à l'attaque que tous les colistiers de l’histoire américaine. Il n’en demeure pas moins que le candidat à la vice-présidence s'en prendra aux performances et aux idées des adversaires, tout en étant le principal défenseur du candidat à la présidence.

C’est l’une des raisons pour lesquelles Joe Biden a arrêté son choix sur Kamala Harris?

Kamala Harris est très éloquente et efficace en débat. Elle s’est aussi montrée efficace dans ses questions aux candidats de Donald Trump à la Cour suprême lorsqu'ils comparaissaient devant le Congrès. Elle pourrait donc faire valoir les thèmes de la campagne Biden tout en mettant l’accent sur certains échecs de l'administration Trump.

Qu’est-ce que la candidature de Kamala Harris apporte à la campagne de Biden?

Kamala Harris est non seulement une femme, mais elle est aussi Afro-Américaine et Asio-Américaine. Elle apporte une diversité raciale et de genre. Elle pourra faire part de ses expériences, qui sont différentes de celles de Joe Biden. Mme Harris représente la diversité aux États-Unis, où il y a des discussions importantes sur la marginalisation des gens racisés.

Les femmes et les Afro-Américains sont par ailleurs importants au sein du Parti démocrate. C’est une manière de leur envoyer un message.

Kamala Harris lors d'une audience au Congrès

Kamala Harris lors d'une audience au Congrès

Photo : Reuters / ERIN SCOTT

Quelle importance prennent les considérations politiques dans le choix d’un colistier?

C’est une décision qui a toujours des implications à court terme, mais aussi à long terme. À court terme, vous pensez à la campagne. Vous avez l’élection dans quelques mois et vous voulez choisir quelqu’un qui sera efficace en tant que candidat.

À long terme, vous réfléchissez à un bon partenaire pour gérer le pays. La manière dont la vice-présidence s’est développée depuis Walter Mondale [le vice-président de Jimmy Carter, NDLR] fait en sorte que le président passe beaucoup de temps avec son vice-président, qui fait partie de son cercle intime.

Il y a aussi la possibilité d’une succession de pouvoir si quelque chose devait arriver au le président. Ce n’est donc pas assez de choisir quelqu’un qui saura séduire une partie de l’électorat. Je pense que c’est de la bonne politique que de choisir quelqu’un qui est « présidentiel ».

Vous parliez de succession. Si Joe Biden remporte l’élection, il sera le président le plus âgé de l’histoire. Cela ajoute-t-il de l’importance au choix de sa numéro 2?

Joe Biden et Donald Trump sont les deux personnes les plus âgées à faire campagne. Si Joe Biden ne fait qu’un seul mandat, cela signifie que la colistière fera partie des principaux candidats en 2024. Peu importe le parti, le vice-président voudra se positionner en vue de la prochaine campagne.

La vice-présidence est devenue le principal tremplin vers la présidence. Un vice-président n’est pas assuré de remporter l’investiture de son parti, mais ses chances d’être nommé sont plus importantes.

Que ce soit pour Hubert Humphrey ou Al Gore, plusieurs vice-présidents, bien qu’ils aient perdu l’élection générale, ont réussi à devenir les candidats de leur parti. Vous préférez donc être vice-président, plutôt qu’être l’un des 100 sénateurs ou l'un des 50 gouverneurs.

Le fait que Kamala Harris soit prête à ne plus être sénatrice de la Californie, le plus grand État du pays, pour devenir vice-présidente, le démontre bien.

Certains propos ont été synthétisés à des fins de compréhension.

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