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Québec prépare une stratégie de rattrapage scolaire

Une fillette porte un masque, un livre et un sac à dos.

La gouvernement Legault entend dévoiler dans quelques jours sa stratégie sur le rattrapage scolaire.

Photo : iStock

Radio-Canada

Le plan d'action qu’a présenté le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, lundi, en prévision de la rentrée scolaire, sera suivi d’un second volet axé sur le rattrapage scolaire, promet le premier ministre François Legault à ceux qui sont restés sur leur faim.

On y travaille fort, on devrait être capable d'annoncer des choses dans les prochains jours, a-t-il indiqué lors d’un bref échange avec des journalistes, mardi, à L'Assomption, dans Lanaudière, ajoutant du même souffle : Quoi que c'est du cas par cas, école par école, enfant par enfant.

Déjà, on est très avancé, a affirmé M. Legault, en voulant se montrer rassurant devant les inquiétudes qu’a soulevées l’absence de modalités pédagogiques dans le plan de M. Roberge – présenté à moins d’un mois de la rentrée –, celui-ci étant surtout composé de mesures sanitaires, comme le port obligatoire du masque dès l’âge de 10 ans dans les aires communes des écoles.

Les représentants des comités de parents se demandent pourquoi le ministre Roberge n’en avait pas davantage à dire à propos des mesures éducatives qui seront mises de l’avant.

Quand un ministre tient un point de presse sur l'éducation à trois semaines de la rentrée, on s'attend à ce que la pédagogie prenne un peu de place. […] Ce n'était qu'un point de presse de santé publique.

Sylvain Martel, président du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec
Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Rattraper le retard à la rentrée

Le deuxième volet du plan de Québec portera surtout sur le rattrapage destiné aux enfants éprouvant des difficultés d'apprentissage.

Il s'agit d'un sujet de grande préoccupation pour de nombreux parents, enseignants et spécialistes de l’éducation, qui attendent avec impatience de connaître la stratégie pédagogique de Jean-François Roberge.

Un chemin plus escarpé pour plusieurs

Certains enfants n'ont pas fréquenté l'école depuis plus de cinq mois et, qui plus est, tous n’ont pas les mêmes aptitudes. M. Legault en convient.

De 20 à 25 % des enfants ont des difficultés d'apprentissage. On va se concentrer sur ces enfants-là, qui ont manqué un certain nombre de semaines d'école.

François Legault, premier ministre du Québec
François Legault porte un masque non médical.

François Legault était à L'Assomption mardi avant-midi.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

À l'école, les anxiétés vont ressortir et, en plus, pour les enfants qui ont des difficultés scolaires, ça va être assez complexe, prévoit le Dr Gilles Julien, pédiatre social.

Ils vont reprendre en septembre avec des retards augmentés, des besoins augmentés, avertit Émilie Morasse, superviseure en psychoéducation du programme Parcours d'enfant de Morneau Shepell, un fournisseur de services de gestion des ressources humaines.

C'est déjà difficile pour un enfant hors COVID de retourner à l'école et de reprendre la routine.

Émilie Morasse, superviseure en psychoéducation

Elle s’attend à ce que pour plusieurs, le défi soit cette année beaucoup plus difficile à relever qu’à l’habitude.

Le grand défi sera d’amener les élèves à combler leur retard sans les décourager, selon Isabelle Gadbois, présidente de l’Association des orthopédagogues du Québec.

Il ne faut pas mettre de pression avec le terme rattrapage scolaire, prévient-elle.

Il est important de faire une consolidation, une mise à niveau. Mais si on se met à parler de rattrapage scolaire et que l'on veut faire digérer quatre mois de contenu à des élèves en l'espace de deux ou trois mois, ça va être un échec.

Isabelle Gadbois, présidente de l’Association des orthopédagogues du Québec

Québec promet plus de ressources, mais les écoles peinent déjà à trouver les enseignants et les spécialistes dont elles ont besoin.

Si on parle d'une offre de service bonifiée, il faut ajouter du personnel en plus pour donner des services aux élèves vulnérables. L'idée est bonne, au niveau budgétaire, je sens que le ministère est prêt à injecter des sous. Mais maintenant, il faudra vraiment trouver le personnel pour effectuer la tâche, ce qui ne sera pas simple, signale Nicolas Prévost, président de la Fédération des directions d'établissement d'enseignement du Québec.

Le Dr Julien espère que l'ensemble de la communauté viendra donc à la rescousse des écoles : Il ne faut pas que l’école soit laissée seule là-dedans. […] La demande va être extrêmement forte.

Avec les informations de Vincent Maisonneuve et de La Presse canadienne

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