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Un texto signale le début de la campagne électorale non officielle en Saskatchewan

Une image du texto en question.

Dans le message, « Kate » demande si le Parti saskatchewanais peut compter sur l'appui de la personne qui a reçu ce texto pour les prochaines élections provinciales.

Photo : Radio-Canada / Grégory Wilson

Ces derniers jours, de nombreuses personnes en Saskatchewan ont reçu un texto d’une dénommée « Kate », du Parti saskatchewanais, qui leur demande si le parti peut compter sur leur appui lors des prochaines élections provinciales.

Le directeur général du Parti saskatchewanais, Patrick Bundrock, affirme que son parti utilise ce message texte afin de joindre les électeurs en ce temps de pandémie.

[L’envoi de ce texto] est une de nos stratégies pour joindre les électeurs [...] Nous voulions nous assurer d’être aussi respectueux que possible envers les électeurs saskatchewanais.

Patrick Bundrock, directeur général du Parti saskatchewanais

Il explique que le parti a obtenu les numéros de téléphone cellulaire des personnes vivant en Saskatchewan à l’aide du plan de numérotation nord-américain. Le Parti conservateur du Canada avait d’ailleurs utilisé la même technique lors des élections fédérales l’année dernière.

En Saskatchewan, il n'y a pas de règles ou de balises particulières au sujet de l’envoi de textos par des partis politiques, car la Loi sur les élections de 1996 ne réglemente pas cette activité, souligne le directeur des communications d’Élections Saskatchewan, Tim Kydd.

D’ailleurs, ces messages ne sont pas assujettis à la [Loi canadienne anti-pourriel] puisqu’ils ne sont pas de nature commerciale, selon le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes.

Selon Patrick Bundrock, les personnes concernées ont été très heureuses d’avoir reçu ce message texte. Il ajoute cependant que celles et ceux qui ne veulent plus recevoir de textos de leur part peuvent demander d’être ajoutés à une liste de non-envoi.

Le directeur général du Parti saskatchewanais s’attend à ce que tous les partis de la province adoptent cette stratégie en amont des élections à l'automne.

Selon moi, [d’ici les élections générales], tous les partis politiques en Saskatchewan vont faire l'essai des campagnes à base de textos dans cette nouvelle ère de la COVID-19.

Patrick Bundrock, directeur général du Parti saskatchewanais

Le directeur général du Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan, John Tzupa, confirme que son parti adoptera aussi cette méthode dans le cadre de la campagne électorale.

Depuis la dernière élection, de nombreuses personnes ont abandonné leur téléphone fixe. Nous devons donc trouver de nouvelles façons pour communiquer avec elles, déclare-t-il.

Une stratégie qui prend de l'ampleur au pays

Le directeur de l’Institut des études canadiennes de l’Université McGill, Daniel Béland, considère que l’envoi des textos non sollicités fait désormais partie de l’arsenal politique que les partis utilisent durant les campagnes.

De plus, estime-t-il, la pandémie de la COVID-19 n’a fait que renforcer la tendance vers l’utilisation des nouvelles technologies dans le domaine de la communication politique.

C’est un phénomène technologique qui existe depuis longtemps et la COVID-19 [n’a fait que] favoriser son déploiement [et] son expansion au cours des prochains mois et au cours de l’an prochain aussi, dépendamment de ce qui se passe du côté de la santé publique.

Daniel Béland, directeur de l’Institut des études canadiennes de l’Université de McGill

Daniel Béland ajoute que l’envoi d’un texto est une stratégie politique qui s'adapte aux habitudes des gens.

Beaucoup de gens ne répondent pas à leur téléphone si c’est un appel, mais ils verront le texto, explique-t-il. Ils vont donc voir le message même si ça ne les intéresse pas.

Le directeur de l’Institut des études canadiennes de McGill croit aussi que ce genre de stratégie a une valeur économique pour les partis politiques.

Je pense que ça permet de rejoindre beaucoup de gens à faible coût, conclut-il.

Les élections générales saskatchewanaises se tiendront le 26 octobre.

Contexte en Saskatchewan

En envoyant des textos non sollicités afin de communiquer avec les électeurs, le Parti saskatchewanais est revenu sur sa décision initiale de rejeter cette pratique.

En 2017, l’ancien premier ministre de la Saskatchewan Brad Wall a même accusé le Nouveau Parti démocratique de la Saskatchewan d’agir de façon illégale lorsqu’il a utilisé cette technique pour joindre les électeurs.

Le NPD a potentiellement obtenu les numéros de téléphone cellulaire privés de milliers de résidents saskatchewanais et envoient du pourriel ce qui, selon la définition de la Loi canadienne anti-pourriel, va à l’encontre de la Loi , avait alors dénoncé Brad Wall.

Le directeur général du Parti saskatchewanais Patrick Bundrock n’a pas voulu indiquer les raisons pour ce changement d’avis.

C’est ironique, car l’ancien premier ministre Brad Wall était si radicalement opposé à cette pratique quand nous avions utilisé des téléphones portables pour contacter les gens , a souligné le chef de l’opposition, Ryan Meili en point de presse lundi. Maintenant “Kate” a contacté presque tout le monde dans la province.

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