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Les investisseurs poursuivront-ils leur ruée vers l'or?

Après avoir franchi un cap record de 2000 $ US pendant quelques jours, le prix de l'once d'or a subi une correction mardi.

Plusieurs pépites d'or en gros plan.

Le prix de l'once d'or a subi une correction mardi.

Photo : iStock

L’or continue de jouer son rôle historique de valeur refuge en temps d’incertitude. Oscillant autour de 2000 $ US l’once dans les derniers jours, les investisseurs qui ont fait fi de ce rôle en début de crise se demandent peut-être aujourd’hui s'ils ont manqué le bateau.

Et pourtant, malgré une hausse de sa valeur d'environ 30 % cette année, la route vers le Klondike semble toujours prometteuse, d’autant plus avec la baisse soudaine du cours de l'or mardi.

Les facteurs fondamentaux qui propulsent son prix seraient encore appelés à persister ou à évoluer : les taux d’intérêt anémiques, l’inflation, la dépréciation du dollar américain et la volatilité des marchés.

L’économiste et stratège en chef de la Banque Nationale, Stéfane Marion, mise surtout sur le premier de ces quatre facteurs pour expliquer ce qui dope la valeur du précieux métal actuellement. C'est que l'intervention des banques centrales pour soutenir l'économie en achetant massivement des obligations gouvernementales a entraîné une baisse significative des taux d'intérêt.

Des investisseurs se retrouvent même devant des rendements obligataires négatifs en tenant compte de l'inflation et se tournent ainsi vers une valeur refuge, ou plus attrayante, dans les circonstances... l'or.

L'or ne paie pas de taux d'intérêt, rappelle l'économiste. [...] En général, un environnement de taux d'intérêt négatifs est très porteur pour le prix du lingot.

Un engouement certain...

Puisque les banques centrales manifestent l’intention de maintenir les taux d’intérêt sous l’inflation pour une bonne période de temps, voire plusieurs années, M. Marion y voit encore un potentiel haussier conjugué à une baisse limitée.

L’or a un rôle à jouer dans une diversification de portefeuille, que ce soit au niveau institutionnel ou des particuliers. Je pense que c’est le mouvement auquel on est en train d’assister.

Stéfane Marion, économiste en chef à la Banque Nationale

À plus de 2000 $ US l’once, le métal jaune serait surévalué de plus ou moins 200 $, selon l’institution financière.

Des investisseurs ont pu y voir une occasion de réaliser un profit mardi. La correction subite de près de 6 % ramènerait progressivement l’or à un plus juste prix, et pourrait justifier un meilleur point d’entrée. Son cours est d'ailleurs légèrement reparti à la hausse mercredi.

Dans les prochains mois, nombre d’analystes prédisent que la matière conservera sa vigueur et bondira de plusieurs centaines de dollars. Fin avril, la Bank of America tablait même sur une once à 3000 $ US d’ici l’été 2021.

... mais pas pour tous

Cette ruée vers l’or n’est pas pour tous. Parlez-en à Eddy Chandonnet, gestionnaire de portefeuille et associé chez Medici : acheter un métal en ayant comme objectif que ce métal prenne de la valeur dans le temps, ce n’est pas un investissement qu’on trouve intéressant.

On cherche des entreprises qui ont de beaux modèles d’affaires. Ça, on peut l’évaluer, ce qu’on ne peut pas faire avec l’or.

Eddy Chandonnet, gestionnaire de portefeuille et associé, Medici

La firme de Saint-Bruno-de-Montarville adopte une vision semblable à celle de l’investisseur Warren Buffett, qui n’a jamais caché son aversion pour l’or. Vous achetez un métal, l'entreposez quelque part et attendez que sa valeur s’apprécie, déplore M. Chandonnet. Vous ne recevrez pas de dividendes et les profits générés ne seront pas créateurs de valeur [pour les actionnaires].

Certains voient ainsi l’or comme un objet de spéculation plutôt que d’investissement, mais bien d’autres l’ont en revanche une fois de plus confirmé comme une protection par excellence en temps de crise.

Saviez-vous que la Banque du Canada n’a pas un seul lingot d’or?

Le Canada est le seul pays du G20 à ne pas détenir d’or dans ses réserves. Tout a été liquidé. Les derniers lingots d’or appartenant à l’État ont été vendus en 2003; il restait encore une quantité négligeable de pièces d'or jusqu'à il y a quelques années.

Le sous-gouverneur de la Banque du Canada, Timothy Lane, rappelait dans un discours l’année dernière qu’en 1980, le gouvernement a adopté une politique visant à vendre progressivement et de manière ordonnée son encaisse-or afin d’augmenter les revenus du Compte du fonds des changes. L’argent recueilli en échange a été placé dans des avoirs en devises… qui rapportent des intérêts! Bien que ces avoirs n’aient évidemment pas l’aura (ni le poids) des lingots d’or, a-t-il expliqué, nous sommes convaincus qu’ils concordent mieux avec la vocation des réserves.

Mais comme quoi son attrait ne s'essouffle pas, la Banque Nationale recommandait dans une récente étude de réintégrer l’or dans ce compte en cette époque caractérisée par des risques économiques et politiques mondiaux accrus.

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