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Des champignons hallucinogènes pour traiter l’anxiété d’un Saskatchewanais

Une photo montrant Thomas Hartle assis sur une chaise médicale et souriant vers l'objectif

Trois autres patients au Canada ont été autorisés à consommer de la psilocybine par le Bureau des substances contrôlées.

Photo : Radio-Canada / Thomas Hartle

Le Bureau des substances contrôlées du Canada a donné le feu vert à un résident de la Saskatchewan pour utiliser de la psilocybine, élément psychotrope des champignons hallucinogènes, afin de traiter son anxiété.

L’homme de 52 ans, Thomas Hartle, est atteint depuis 2016 d’un cancer du côlon. Il est aujourd’hui dans la phase terminale de sa maladie.

Le père de deux enfants raconte qu’il a eu une petite rémission pendant quelques années, puis une rechute en août 2019 : Je ne suis donc plus admissible à la chirurgie ou à la radiothérapie. La chimiothérapie est actuellement ma seule option.

Thomas Hartle explique qu'il est souvent sujet à de l'anxiété. Même s’il admet qu'il existe des médicaments sur ordonnance pour masquer ses symptômes, ce type de traitement ne fait pas grand-chose de plus, selon lui.

Une vingtaine de petits champignons qui poussent dans une boîte de culture prévue à cet effet.

Des champignons à psilocybine en croissance dans une salle de culture de la ferme Procare à Hazerswoude, dans le centre des Pays-Bas.

Photo : Associated Press / Peter DeJong

Le masquage des symptômes d’anxiété, c’est comme si une personne était victime d'une crise cardiaque, qu’on la transportait à l'hôpital, qu’on lui injectait de la morphine pour la douleur et qu’on la renvoyait chez elle. Ce n'est pas une solution, explique Thomas Hartle.

Des effets prouvés par l’Université Johns-Hopkins

Thomas Hartle a entendu parler pour la première fois de la thérapie à la psilocybine alors qu'il cherchait des moyens de gérer la neuropathie, un effet secondaire de la chimiothérapie, soit la perte de sensation des doigts et des orteils.

M. Hartle a dit avoir trouvé un type de champignon utilisé dans la médecine traditionnelle chinoise et a finalement découvert les recherches menées par l'Université Johns-Hopkins, à Baltimore, dans le Maryland, sur l'utilisation des champignons à psilocybine pour les patients atteints de cancer en fin de vie.

Depuis près de 20 ans, les chercheurs de l'unité de recherche en pharmacologie comportementale de l'Université Johns-Hopkins étudient les effets de la psilocybine, et plus précisément la manière dont elle agit sur l'anxiété et la dépression chez les personnes atteintes d'un cancer en fin de vie, mais aussi chez celles qui sont dépendantes du tabac.

En 2016, l'Université a publié des résultats indiquant que la majorité des personnes souffrant d'anxiété liée au cancer ressentaient un soulagement considérable pendant six mois grâce à une seule dose importante de psilocybine.

Appui d'un groupe de défense des personnes en fin de vie

La psilocybine est illégale au Canada depuis 1974, mais le Bureau des substances contrôlées a approuvé quatre demandes d’exemption la semaine dernière.

La décision ravit Thomas Hartle. Le père de famille explique que le fait de découvrir qu'on a au moins la possibilité d'essayer quelque chose qui pourrait améliorer les choses, c’est vraiment un moment d'espoir.

Une bonne nouvelle qui ne serait peut-être pas arrivée sans l’aide de TheraPsil, un groupe de défense des intérêts des personnes en fin de vie qui désirent prendre de la psilocybine. Le groupe a milité plus de 100 jours pour obtenir cette dérogation, explique Thomas Hartle.

Thomas Hartle assis dans un canapé, les mains croisées et souriant à la caméra.

Thomas Hartle espère qu'on accordera plus d'attention à la thérapie par consommation de psilocybine

Photo : Radio-Canada / Thomas Hartle

La plus grande joie vient de savoir que ces quatre personnes peuvent maintenant avoir accès à une option de traitement qui peut être vraiment curative et qui peut réduire la détresse quotidienne à laquelle elles fontcface., affirme Holly Bennett, une représentante du groupe.

Thomas Hartle devra cultiver ses propres champignons chez lui pour obtenir la psilocybine. Il espère que la population sera consciente de la grande différence entre l'usage récréatif et l'usage thérapeutique de cet hallucinogène.

M. Hartle espère que la thérapie fonctionnera, ce qui lui permettra peut-être de vivre une dernière sortie dans un parc d'attractions avec ses enfants.

L'espoir, c’est que je puisse passer mes journées sans avoir d'anxiété quotidienne et passer mon temps avec ma famille et mes enfants, en rassemblant les souvenirs que j’aimerais qu'ils gardent. En somme, faire des choses que j'aime au lieu de penser à quand je ne serai plus là, conclut Thomas Hartle.

Avec les informations de Heidi Atter

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