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« Hors de question de laisser tomber la Biosphère », clame Ottawa

Le ministre Steven Guilbeault promet un nouvel engagement financier du gouvernement fédéral pour redonner pleinement vie à la Biosphère, qui devrait être prochainement gérée par la Ville de Montréal.

La Biosphère de Montréal.

La Biosphère a été construite sur l'île Sainte-Hélène dans le cadre de l'Exposition universelle de 1967. La création d'un campus voué à la transition écologique est évoquée sur ce site par la Ville de Montréal et le gouvernement fédéral.

Photo : iStock

Cette fois-ci, jure Steven Guilbeault, « il y a un grand alignement des planètes ».

Souvent menacée et sous respiration artificielle ces dernières années, la Biosphère de Montréal serait en passe de retrouver une nouvelle jeunesse, si l’on se fie à la volonté commune de l’équipe de la mairesse Valérie Plante et du gouvernement fédéral.

Selon les informations obtenues par Radio-Canada la semaine passée, Ottawa compte laisser la gestion quotidienne de cette infrastructure héritée d’Expo 67 à la Ville de Montréal et à Espace pour la Vie, qui s’occupe, notamment, du Biodôme et du Jardin botanique.

Le ministre du Patrimoine canadien, responsable des musées nationaux, confirme ces intentions. Son équipe prendrait alors la main sur la supervision de la Biosphère – fermée depuis le début de la pandémie –, qui est jusqu’à maintenant gérée par Environnement Canada.

Une annonce, explique Steven Guilbeault, est espérée d’ici quelques semaines ou mois, alors que le bail d’exploitation de la Biosphère, d’une durée initiale de 25 ans, signé entre Ottawa et Montréal, s’achève à la fin de l’année. Celui-ci avait déjà été prolongé en urgence d’un an, au printemps dernier, le temps de trouver une solution pour préserver ce bâtiment.

Les deux hommes côte à côte.

Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine canadien, assure que le gouvernement de Justin Trudeau va « continuer d'être un partenaire pour la Biosphère ».

Photo : Reuters / Blair Gable

Un campus de transition écologique souhaité

L’avenir de ce dôme réalisé par l’Américain Buckminster Fuller a déjà été très sombre. En 2012, le milieu écologiste était monté au front pour défendre ce symbole important de Montréal, rappelle Steven Guilbeault.

La situation a été difficile ces dernières années. Je peux comprendre l’incertitude des employés. Le gouvernement Harper a tenté de mettre fin aux activités de la Biosphère. On a réussi, beaucoup avec la volonté de la Ville de Montréal, à garder cette institution en place, mentionne l’ex-patron et cofondateur d’Équiterre, qui a eu récemment plusieurs rencontres avec la Ville, dont la mairesse Plante, sur ce sujet.

C’est hors de question qu’on laisse tomber la Biosphère. C’est trop important pour l’histoire, pour ce qu’elle représente pour Montréal.

Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine canadien

Deux projets sont sur la table des négociations actuellement : une rénovation de la Biosphère, qui garderait une activité muséale, et la création d’un campus écologique, avec l’utilisation du bâtiment Hélène-de-Champlain, laissé à l’abandon depuis plusieurs années.

Cette ambition, née de l’administration de Valérie Plante, devrait être inscrite dans le prochain plan directeur du Parc Jean-Drapeau, qui sera dévoilé cet automne.

On est très ouvert, soutient le ministre Guilbeault, en évoquant ce futur centre de technologie propre, jeune pousse dans le domaine [avec] peut-être un centre de recherches. Ce projet est cependant moins avancé que celui de la restauration de la Biosphère, précise-t-il.

Le restaurant Hélène-de-Champlain

L'ancien restaurant Hélène-de-Champlain, situé dans le parc Jean-Drapeau, a déjà été en partie rénové, mais il est laissé à l'abandon.

Photo : Radio-Canada

En faire un lieu qui connaît du succès auprès du public

Selon Luc Ferrandez, ancien responsable des grands parcs et grands projets pour la Ville de Montréal, il faudrait déjà dépenser au moins 25 millions de dollars pour rénover la Biosphère. L'aménagement du bâtiment Hélène-de-Champlain coûterait quelques dizaines de millions supplémentaires.

L’argent est disponible, avance Steven Guilbeault, en parlant de l’entente sur les infrastructures entre Québec et Ottawa. C’est un processus qui peut se faire relativement rapidement, lance-t-il.

En attendant, glisse le ministre montréalais, Ottawa travaille sur un budget d'exploitation. On parle d’une dizaine de millions de dollars, annuellement, à répartir à parts égales entre Montréal, Québec et Ottawa, confirme Steven Guilbeault.

Cette prévisibilité pourrait changer la donne, croit-il, afin d’attirer davantage de visiteurs et d’en faire un endroit incontournable. On ne peut pas espérer faire de la Biosphère un lieu où les gens vont aller si l’équipe n’est pas capable d’avoir un budget prévisionnel sur plusieurs années. On ne peut pas prévoir des activités et faire venir des expositions si on ne sait pas si on va être encore là. Les musées prévoient des activités sur plusieurs années d’avance.

On ne peut pas espérer en faire un musée qui connaît du succès auprès du public, si on ne lui donne pas les moyens d’atteindre ces objectifs-là.

Steven Guilbeault, ministre du Patrimoine canadien

J’y vais régulièrement en vélo avec les enfants. C’est un lieu tellement intéressant, très accessible en transport en commun. La Biosphère a tous les ingrédients nécessaires, juge-t-il.

C’est l’un des derniers pavillons restants de l’Expo, c’est un bâtiment signature pour Montréal. Elle a été négligée, elle a été abandonnée par le gouvernement précédent. Il y a définitivement un alignement des planètes entre la Ville et nous.

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