•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

Brenda Milner, exploratrice de la mémoire

Brenda Milner en 1991.

Brenda Milner, pionnière de la neuropsychologie.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Brenda Milner est souvent considérée comme la fondatrice de la neuropsychologie. C’est à Montréal qu’elle fait une multitude de découvertes sur la construction des « mémoires », dans le cerveau humain.

Une centenaire honorée

En 2018, le gouvernement du Québec décernait à la docteure Brenda Milner une médaille d’honneur de l’Assemblée nationale.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Captation de la colline parlementaire, 8 mai 2018

Le 8 mai 2018, l’équipe de la colline Parlementaire à Québec en a capté la cérémonie de remise à l’hôtel du Parlement.

Celle qui reçoit la récompense s’apprête à célébrer ses 100 ans. Brenda Milner est née à Manchester, en Angleterre, le 15 juillet 1918.

À 98 ans, elle continuait de superviser des recherches d’étudiants!

Tous ceux et celles présents à la cérémonie de remise ont pu constater qu’elle avait encore bon pied bon œil et, on pourrait ajouter, beaucoup de mémoire vive!

Synonyme de mémoire

En 1944, c’est une jeune Anglaise qui est arrivée à la gare Windsor pour s’établir à Montréal où elle est devenue une grande scientifique et universitaire.

Pierre Maisonneuve, 1991
Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Découverte, 17 mars 1991

Le 17 mars 1991, l’émission Découverte présente un portrait qu’ont effectué la journaliste Solange Gagnon et le réalisateur Pascal Gélinas avec la neuropsychologue Brenda Milner de l’Institut neurologique de Montréal à l’Université McGill.

En présentant ce portrait, l’animateur Pierre Maisonneuve souligne l’importance capitale des travaux de cette scientifique pour comprendre le fonctionnement de la mémoire chez l’humain.

Ses recherches, la neuropsychologue les a entreprises pour venir à la rescousse du neurochirurgien Wilder Penfield qui a fondé l’Institut neurologique de Montréal.

Depuis 1934, l’Institut neurologique de Montréal est à l’avant-garde mondiale, notamment en ce qui concerne le traitement de l’épilepsie.

En 1953, le docteur Penfield vient d’opérer deux patients atteints de cette maladie.

Mais ces interventions chirurgicales visant à extraire des tissus du cerveau, et que le docteur Penfield réalise depuis des années, tournent au cauchemar.

Les patients opérés perdent la mémoire.

Bouleversé, le docteur Penfield demande l’aide de Brenda Milner pour comprendre comment il a pu altérer la mémoire de ses patients.

C’est en étudiant notamment le cas de HM, un épileptique qui a perdu une partie de sa mémoire lors d’une intervention chirurgicale, que Brenda Milner parvient à mieux comprendre certains des mécanismes très complexes de la mémoire.

Ce qu’elle et certains de ses élèves découvrent progressivement, c’est que la mémoire est une fonction extrêmement morcelée à travers le cerveau.

Dans les faits, le cerveau abrite plusieurs formes de mémoire qui se retrouvent dans différentes zones de ce dernier.

Par exemple, la mémoire verbale secondaire, appelée aussi mémoire à long terme, est liée à l’aire du cerveau appelée l’hippocampe du lobe temporal située dans l’hémisphère gauche de ce dernier.

Par contre, c’est dans l’hippocampe du lobe temporal droit du cerveau que se retrouve la mémoire visuelle à long terme.

Cette dernière permet aux humains de se rappeler comment les objets sont distribués dans l’espace.

Quant à la mémoire des formes et des visages, elle est logée dans ce qu’on appelle la région superficielle du lobe temporal de l’hémisphère droit du cerveau.

Les recherches de Brenda Milner ont aussi démontré que les deux hippocampes du cerveau constituaient la base anatomique du stockage de la mémoire à long terme chez l’être humain.

Ces découvertes ont stimulé un grand nombre d’études expérimentales sur la mémoire à travers le monde.

Par ailleurs, les neurochirurgiens utilisent ses recherches pour identifier les foyers épileptiques chez leurs patients et éviter des catastrophes lors d’opération d’extraction de tissus cérébraux responsables de la maladie.

Une exploratrice optimiste

Je vous comparais dans mon esprit à un Christophe Colomb qui aborde un territoire immense et qui ne sait pas ce qu’il a devant lui.

Suzanne Laberge, 1993

En 1993, le gouvernement du Québec a décerné pour la toute première fois le prix Wilder-Penfield qui récompense la carrière d’un ou d'une scientifique œuvrant dans le domaine biomédical.

Il l’a accordé à Brenda Milner.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Aujourd'hui dimanche, 5 décembre 1993

Cela a donné l’occasion à l’animatrice de l’émission Aujourd’hui dimanche Suzanne Laberge d’interviewer la neuropsychologue le 5 décembre 1993.

Cette entrevue nous laisse entrevoir des aspects plus personnels de la scientifique.

Brenda Milner nous confie que rien au départ ne la prédestinait à devenir neuropsychologue.

Elle est née dans une famille où le père était critique musical et la mère était cantatrice. Ses parents auraient préféré qu’elle choisisse une carrière artistique.

Elle est admise à 18 ans à l’Université de Cambridge pour y étudier les mathématiques.

Elle se tourne quelque temps pour tard vers la psychologie expérimentale.

Elle arrive à Montréal en 1944 et commence à travailler comme psychologue à l'Institut de neurologie de Montréal créé par le docteur Penfield.

Dans les années 1950, elle est un peu regardée de haut à l’Institut de neurologie par ses collègues médecins, qui n’estiment guère la psychologie en tant que discipline.

Elle gagnera cependant leur respect au fil du temps.

Les épouses de ces derniers, pour leur part, peinent à comprendre qu’une femme ne se consacre pas à sa famille ou à tenir maison.

Durant cette entrevue, Brenda Milner démontre son grand optimisme. La science progresse, lentement mais sûrement, dans la compréhension des mécanismes de la mémoire.

Dans l'avenir, l'épilepsie, mais aussi d'autres maladies qui affectent la mémoire comme la maladie d'Alzheimer, sera vaincue par les jeunes scientifiques que rencontre la neuropsychologue lors de congrès médicaux.

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.