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La demande devient « insoutenable » au Centre de santé sexuelle d’Halifax

Kate Calnan.

Le Centre de santé sexuelle d'Halifax a besoin d'un grand appui du gouvernement, explique sa directrice, Kate Calnan (archives).

Photo : Radio-Canada / CBC/Elizabeth Chiu

Radio-Canada

Le Centre de santé sexuelle d’Halifax, un organisme de bienfaisance, demande au gouvernement provincial de lui accorder plus de fonds pour répondre à une demande qu’il qualifie d’insoutenable et qu’il attribue en partie à la COVID-19.

La clinique fonctionne à plein régime et comble une énorme lacune du système des soins de santé, souligne sa directrice, Kate Calnan. Si l’établissement doit fermer ses portes parce qu’il ne peut plus assurer ses services, Mme Calnan croit que le système de santé ne pourra pas prendre ces patients et leur donner des soins équivalents.

Comme bien d’autres fournisseurs de services de santé, la clinique a mis de côté tout ce qu’elle jugeait non essentiel en mars, à l’arrivée de la COVID-19, et elle rouvre progressivement. Elle reçoit chaque jour des centaines de demandes pour ses services et ne peut toutes les honorer. Elle doit demander aux gens de rappeler le jour où elle prend des rendez-vous pour le mois entier.

Tous les rendez-vous pour un mois sont établis en une seule matinée, pendant laquelle les téléphones de la clinique ne cessent de sonner, explique Mme Calnan.

Durant une telle journée, au début d’août, tous les rendez-vous ont été fixés en deux heures. Les membres du personnel administratif étaient surchargés. Après la pause du dîner, de 40 à 50 messages les attendaient sur le répondeur automatique. C’était des messages laissés par des gens qui voulaient un rendez-vous, ajoute Kate Calnan.

Le Centre de santé sexuelle offre plusieurs services, dont la régulation des naissances, l’insertion de dispositifs intra-utérins, le dépistage de maladies vénériennes, des soins prénataux, des services d’affirmation de genre et des soins aux personnes transgenres. De 9 à 10 médecins desservent à tour de rôle la clinique, qui ne compte qu’une infirmière à temps partiel.

L’attente pour les services d’affirmation de genre et les soins aux personnes transgenres est particulièrement longue. Elle peut atteindre sept mois.

C’est le seul endroit où Loren Baldwin, une personne non binaire, trans et queer, dit se sentir à l’aise pour recevoir des soins médicaux.

Loren Baldwin n’a pas de médecin de famille et consulte à l’occasion d’autres cliniques sans s’y sentir aussi à l’aise. Ces cliniques n’emploient pas un vocabulaire aussi inclusif que le Centre de santé sexuel, dont le personnel est incroyablement gentil et toujours accommodant, explique Loren Baldwin.

Les coûts de fonctionnement de la clinique s’élèvent à environ 700 000 $ par année. Sa principale source de financement est un pourcentage de la formule de paiement à l’acte des médecins par l’assurance maladie provinciale. L’établissement reçoit aussi certains fonds du réseau Santé sexuelle Nouvelle-Écosse, qui touche lui-même un financement du gouvernement provincial.

En 2019, le Centre de santé sexuelle d’Halifax a reçu 117 340 $ directement du ministère de la Santé et du Mieux-être. L’argent appuyait ses efforts en matière de prévention d’infections transmises sexuellement, dont le VIH et la syphilis.

Si le gouvernement accepte de financer le salaire d’une infirmière praticienne ou d’un travailleur social à temps partiel, cela aidera beaucoup la clinique à desservir la communauté, estime Kate Calnan.

En tant qu’organisme de bienfaisance, le Centre de santé sexuelle reçoit aussi des dons du public. Son équipe cherche à augmenter cette forme de financement, ce qui est aussi un défi durant la pandémie.

Le gouvernement explique par courriel qu’il communique régulièrement avec le Centre de santé sexuelle pour s’assurer qu’il fonctionne bien, et ce, particulièrement dans le contexte de la pandémie. Il ajoute qu’il est heureux d’entendre que les services de la clinique ont été maintenus et qu’elle espère élargir ses efforts de collecte de fonds.

Avec les renseignements de Shaina Luck, de CBC

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