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Poutine affirme que la Russie a inventé un vaccin contre la COVID-19

Jusqu'ici, la Russie n'a pas publié une étude détaillée des résultats de ses essais permettant d'établir l'efficacité des produits qu'elle dit avoir développés.

Des spécialistes de la santé vêtus d'uniformes, de masques et de gants s'occupent de patients couchés sur un lit, le visage couvert d'un masque.

Sur cette photo fournie par le ministère russe de la Défense, des infirmiers s'occupent de volontaires qui ont décidé de participer aux essais cliniques d'un nouveau vaccin contre le coronavirus, à Moscou.

Photo : Associated Press

Radio-Canada

Le président russe Vladimir Poutine a annoncé mardi que la Russie avait développé le « premier » vaccin contre le nouveau coronavirus, assurant qu'il donnait une « immunité durable ».

Ce matin, pour la première fois au monde, un vaccin contre le nouveau coronavirus a été enregistré, a dit Vladimir Poutine lors d'une réunion ministérielle retransmise par la télévision d'État, en ajoutant : Je sais qu'il est assez efficace, qu'il donne une immunité durable.

Le président Poutine a même affirmé qu'une de ses filles s'était fait inoculer le vaccin qui a été développé par le Centre de recherches en épidémiologie et microbiologie Nikolaï Gamaleïa, avec le ministère russe de la Défense.

Elle a participé à l'expérience, a-t-il indiqué, selon les agences russes affirmant qu'elle avait eu un peu de température après les deux inoculations, et c'est tout.

Dans les semaines précédant cette annonce, des scientifiques étrangers ont exprimé leur préoccupation face à la rapidité de la mise au point d'un tel vaccin et l'OMS avait appelé au respect de lignes directrices et directives claires en la matière.

Un porte-parole de l'OMS, Tarik Jasarevic, a d'ailleurs précisé mardi que l'organisation onusienne basée à Genève discutait avec les autorités russes de la procédure en vue d'une éventuelle préqualification de ce vaccin. Préqualifier un produit signifie qu'il satisfait aux normes de qualité, d'innocuité et d'efficacité définies par l'OMS.

Le porte-parole de l'agence onusienne a cependant rappelé que la préqualification de quelque vaccin que ce soit inclut un examen et une évaluation rigoureux de l'ensemble des données d'innocuité et d'efficacité recueillies dans le cadre des essais cliniques.

Début août, alors que la Russie annonçait que son vaccin était presque prêt, l'OMS s'était montrée dubitative, rappelant que tous les produits pharmaceutiques devaient être soumis à tous les différents essais et tests avant d'être homologués pour leur déploiement.

Un porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier, avait alors indiqué que la Russie n'avait rien transmis d'officiel. Entre trouver ou avoir la possibilité d'avoir un vaccin qui fonctionne et avoir franchi toutes les étapes, il y a une grande différence, avait-il dit.

Les essais cliniques de phase 3 se poursuivent

Le ministère russe de la Santé a affirmé que la double inoculation permettait de former une immunité longue, estimant qu'elle pouvait durer deux ans.

Le plus important, bien sûr, est que nous puissions assurer à l'avenir une sécurité inconditionnelle quant au recours à ce vaccin et quant à son efficacité. J'espère que ce sera le cas.

Le président russe Vladimir Poutine
Vladimir Poutine, assis derrière un bureau, regarde un écran où apparaissent les membres de son Cabinet.

Vladimir Poutine a fait l'annonce lors d'une réunion ministérielle qu'il dirigeait depuis la résidence d'État de Novo-Ogaryovo, en banlieue de Moscou.

Photo : Getty Images / Sputnik/AFP/ALEXEY NIKOLSKY

Le ministre de la Santé Mikhaïl Mourachko a indiqué d'ailleurs que des essais cliniques sur plusieurs milliers de personnes allaient continuer.

Les résultats de ces essais, dits de phase 3, sont habituellement indispensables pour soumettre une demande d'autorisation de mise sur le marché.

Sur la centaine de vaccins actuellement en cours de développement à travers le monde, au moins quatre en sont au dernier stade des essais de phase 3 chez l'homme, selon des données de l'OMS.

Nous espérons vraiment que septembre, ou même fin août-début septembre, le vaccin soit produit et la première catégorie à être vaccinée sera le personnel médical, a dit la vice-première ministre responsable des questions de Santé, Tatiana Golikova, selon les agences russes.

Les enseignants devraient également être parmi les premiers vaccinés.

Selon Kirill Dmitriev, le président du fonds souverain, qui a été impliqué dans le développement du vaccin, plus d'un milliard de doses ont été précommandées par 20 pays étrangers, a affirmé Kirill Dmitriev, précisant que la phase 3 des essais commençait mercredi.

Les doutes de la Dre Quach

En entrevue à ICI RDI, la responsable de la prévention et du contrôle des infections au CHU saint-Justine, la Dre Caroline Quach, s'est montrée dubitative face à l'annonce de vaccin russe.

Moi, je n’ai vu aucune donnée quant à l’efficacité, la sécurité, l’immunogénicité de ce vaccin. J’ai cherché dans tout ce qui était en prépublication, je n’ai rien vu non plus, a commenté la microbiologiste et infectiologue.

Donc, si la Russie a des données – et c’est possible qu’elle en ait – elle ne les a pas rendues disponibles pour les autres scientifiques.

Selon la Dre Quach, il serait étonnant que le vaccin soit disponible au début de l'année prochaine s'il est développé selon les règles de l'art.

Généralement, avant de décider qu’un vaccin est prêt à être utilisé, on a des études de phase 3 et c’est vraiment sur un grand nombre d’humains. On fait des études à un peu long terme.

Un vaccin baptisé Spoutnik V

Le vaccin sera mis en circulation le 1er janvier 2021 dans la population, selon le registre national des médicaments du ministère de la Santé, consulté par les agences de presse russes.

Le président du fonds souverain russe, Kirill Dmitriev, a précisé qu'il serait commercialisé sous le nom de Spoutnik V sur les marchés étrangers, en référence au premier satellite artificiel de la Terre lancé par l'Union soviétique en 1957.

Ce vaccin est à vecteur viral, c'est-à-dire qu'il utilise comme support un autre virus qui a été transformé et adapté pour combattre la COVID-19. Il utilise l'adénovirus, une technologie également choisie par l'Université d'Oxford.

Des scientifiques du centre Gamaleïa avaient été critiqués en mai pour s'être personnellement injecté leur prototype de vaccin, une méthode en rupture avec les protocoles habituels destinée à accélérer le processus scientifique au maximum.

Jusqu'ici, la Russie n'a pas publié une étude détaillée des résultats de ses essais permettant d'établir l'efficacité des produits qu'elle dit avoir développés.

La Russie avait assuré ces dernières semaines la production prochaine de centaines de milliers de doses de vaccins contre le nouveau coronavirus et plusieurs millions dès le début de l'année prochaine.

La Russie travaille depuis des mois, comme de nombreux autres pays dans le monde, sur plusieurs projets de vaccins contre la COVID-19.

Un deuxième vaccin est en cours de conception au Centre étatique de recherches Vektor, en Sibérie, et fait également l'objet d'essais cliniques qui doivent être achevés en septembre.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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