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Le gouvernement bolivien poursuit Morales en justice pour « terrorisme et génocide »

Evo Morales montre le poing.

Avant de se rendre en Argentine, l'ex- président Evo Morales avait fait un court séjour au Mexique.

Photo : Getty Images / Hector Vivas

Agence France-Presse

Le gouvernement bolivien a déposé une plainte contre l'ex-chef de l'État, Evo Morales, et son candidat à l'élection présidentielle pour des délits de « terrorisme et génocide », les accusant d'être responsables des barrages routiers depuis une semaine, a annoncé lundi le parquet général.

La plainte concerne au total 12 personnes, notamment le dirigeant de la Centrale ouvrière bolivienne (COB), Carlos Huarachi, et les deux candidats à la présidence et à la vice-présidence présentés par le parti d'Evo Morales, le MAS, soitr Luis Arce et David Choquehuanca, a annoncé le procureur de La Paz, Marco Antonio Cossio.

La plainte les accuse de terrorisme, génocide, délits contre la santé, a ajouté un autre procureur, Alexis Vilela.

Le gouvernement de la présidente par intérim Jeanine Añez a accusé M. Huarachi d'avoir ordonné les barrages routiers depuis le lundi de la semaine dernière, ainsi que des protestations liées à l'ancien président Morales (2006-2019) pour exprimer leur désaccord avec le report des élections du 6 septembre au 18 octobre. Elles étaient initialement prévues le 3 mai.

Ces protestataires estiment que ce nouveau report du scrutin porte préjudice à M. Arce, donné en tête dans les sondages, face à d'autres candidats comme l'ex-président centriste Carlos Mesa et Mme Añez.

Selon le gouvernement, ces barrages routiers dans tout le pays ont empêché le transfert de vivres et de fournitures médicales, comme de l'oxygène, vers les principales villes. L'exécutif estime que le manque d'oxygène causé par ces blocus a été à l'origine de 31 décès la semaine dernière.

Les autorités ont décidé lundi d'envoyer l'armée et la police pour protéger les services publics, les infrastructures stratégiques et les convois médicaux.

Le ministre de la Défense Luis Fernando Peredo a précisé que l'armée escorterait notamment un convoi de camions contenant plus de 60 tonnes d'oxygène de la ville de Santa Cruz (est) vers Cochabamba (centre), La Paz et Oruro (ouest).

La décision du gouvernement de facto d'emmener un convoi avec de l'oxygène de Santa Cruz à La Paz sur une route où il y a des blocages, lorsque c'est possible par d'autres itinéraires, est une provocation qui recherche la violence, a écrit Evo Morales sur Twitter.

Morales fait l'objet de deux mandats d'arrêt

Les personnes visées par la plainte vont être convoquées dans les jours qui viennent, a avancé M. Cossio. Il n'a pas précisé comment se ferait la déposition d'Evo Morales, réfugié en Argentine depuis décembre après avoir démissionné à la suite de mouvements sociaux liés aux résultats de l'élection présidentielle intervenue peu de temps auparavant.

L'ex-président est par ailleurs visé par deux mandats d'arrêt du parquet général, l'un délivré en décembre 2019 et l'autre début juillet 2020, pour sa responsabilité présumée dans les violences qui ont suivi l'élection présidentielle d'octobre. Le deuxième mandat d'arrêt a été délivré à la suite de la diffusion d'un message audio où l'on entend présumément M. Morales ordonner à un leader producteur de coca de barrer des routes.

Ni M. Morales ni ses candidats n'ont réagi à l'action en justice.

La Bolivie prévoit des élections présidentielles et parlementaires le 18 octobre, même si le pays est frappé par l'épidémie de coronavirus qui a provoqué officiellement 3640 décès et plus de 90 000 contaminations.

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