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Des Libanais de Montréal réclament la fin du confessionnalisme politique

Des dizaines de personnes se recueillent, une bougie à la main.

Des Montréalais participaient jeudi dernier à une veillée aux chandelles pour les victimes des explosions survenues mardi à Beyrouth.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

Des représentants de la communauté libanaise de Montréal estiment que le Liban doit changer complètement son modèle gouvernemental s’il espère se relever de la crise politique, sociale et économique dont il est la proie depuis des mois – une crise exacerbée par la double explosion qui a dévasté une partie de Beyrouth la semaine dernière.

La démission du premier ministre Hassan Diab et la dissolution de son gouvernement suscitent un espoir extrêmement prudent chez les Montréalais d’origine libanaise que nous avons rencontrés. Les attentes sont très élevées à l’égard du prochain gouvernement.

Si ce gouvernement ne répond pas aux besoins du peuple et ne prend pas la confiance du peuple, le Canada ne devrait pas – sous aucune circonstance – le reconnaître et le légitimer, estime l’étudiant Joe Abou-Malhab.

Il nous faut un vrai changement, signale Lynn Kodeih, membre du groupe Diaspora unie, qui milite contre le régime politique libanais actuel, qu'il accuse de corruption. Ce groupe a déjà organisé plusieurs manifestations dans la métropole québécoise.

Le vrai changement va se faire grâce à un gouvernement restreint d'indépendants –  j'insiste : d'indépendants, qui n'ont rien à voir avec tous les partis politiques confessionnels.

Lynn Kodeih, membre de Diaspora unie
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La démission du gouvernement libanais vue de Montréal

Il n'y a aucun espoir pour le Liban tant que le système confessionnel est en place, estime lui aussi Gadhi Elkoreh, un autre membre de Diaspora unie.

C'est le temps, c'est notre dernière chance pour un vrai changement pour une réelle modification du système pour une révolution dans tous les sens du terme, pour qu'on puisse enfin changer et avoir le Liban qu'on mérite.

Gadhi Elkoreh, membre de Diaspora unie

Qu’est-ce que le système confessionnel?

Très critiqué par les Libanais de Montréal, le confessionnalisme politique, que le Liban a adopté en 1943, exige que les différentes communautés religieuses libanaises se répartissent des sièges réservés selon leur poids démographique.

La moitié des 128 élus sont de confession musulmane, les autres sont chrétiens (ou, dans une faible proportion, juifs).

Certainement, il y a une impasse structurelle et morbide du régime politique qu'on appelle le régime confessionnaliste, où la loyauté à la confession prime sur la loyauté à la citoyenneté, convient Sami Aoun, professeur à l’École de politique appliquée de l'Université de Sherbrooke et directeur de l'Observatoire sur le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord de la Chaire Raoul-Dandurand.

La question des leviers de changement se pose, parce qu'aujourd'hui, ceux qui veulent le changement sont à l'extérieur du système et ceux qui sont à l'intérieur en profitent tellement, qu'il y a fort à parier qu'ils feront tout pour essayer de le maintenir d’une manière ou d’une autre, explique Marie-Joëlle Zahar, spécialiste du Moyen-Orient et professeur de science politique à l’Université de Montréal.

Avec des informations de Marie-Claude Morin

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