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Comment sécuriser au maximum votre piscine

Une bouée sur le bord d'une piscine.

Selon la Société de sauvetage, neuf personnes se sont noyées dans des piscines résidentielles depuis le début de l'année.

Photo : iStock / Theerawat Payakyut

Érik Chouinard

Selon la Société de sauvetage du Québec, neuf noyades sur 68 sont survenues dans des piscines résidentielles du Québec depuis le début de l'année. Or, il existe plusieurs règles à suivre pour prévenir au maximum ces décès trop souvent évitables.

La découverte du corps inanimé d'une fillette de 4 ans dans une piscine à Shannon lundi a ébranlé le Québec. Les circonstances entourant la mort de la fillette ne sont pas établies jusqu'à maintenant, mais le drame a suscité de vives réactions.

La vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault a même fait un commentaire à ce sujet lundi. Ça démontre à quel point c’est important d’être prudent, a affirmé Mme Guilbault, en marge d'une annonce à Québec concernant le tourisme.

Ce que dit la loi

Au Québec, c’est au propriétaire que revient la responsabilité de sécuriser la piscine résidentielle.

Les fabricants et les installateurs sont tout de même souvent bien au fait des règlements en place. Quand on fait une installation, on s’assure vraiment de bien suivre la réglementation, confirme Martin Perreault, directeur des opérations des magasins Club Piscine de la région de Québec.

La réglementation, c'est la Loi québécoise sur la sécurité des piscines résidentielles qui a récemment été mise à jour. Ainsi, toute piscine construite à partir de juillet 2010 doit être entourée d’une clôture ou d'une enceinte d’au moins 1,2 m de hauteur. Il doit y avoir une porte qui se ferme et se verrouille automatiquement.

La Loi décrit aussi que l’espace entre les barreaux de cette enceinte ne doit pas permettre à un objet sphérique de plus de 10 cm de diamètre de passer.

De plus, l’enceinte doit être dépourvue d’éléments qui pourraient faciliter l’escalade. Il faut éloigner d’un mètre de la clôture les objets comme les filtreurs, qui pourraient permettre à un enfant de grimper, souligne Martin Perreault.

Chaque municipalité peut aussi adopter sa propre réglementation pour renforcer certains aspects.

Si un propriétaire contrevient à l’une des dispositions prévues par la Loi, il s’expose à une amende entre 500 et 700 $, et en cas de récidive de 700 à 1000 $.

La mise à jour provinciale ne s’applique toutefois pas rétroactivement aux piscines construites avant 2010. On peut encore voir des portes-patio qui donnent directement sur la piscine, alors que maintenant, il faut vraiment venir clôturer tout le balcon, explique Martin Perreault.

Une piscine hors terre qui penche vers la droite.

Les piscines hors terre n’ont pas à être clôturées si leurs parois font plus de 1,2 m à partir du sol. Par contre, le moyen d’y accéder doit tout de même être sécurisé et si l’accès se fait à partir d’une terrasse ou une plateforme, alors elles doivent être sécurisées par une enceinte.

Photo : Radio-Canada / René Saint-Louis

Quoi faire pour protéger les enfants?

Sans commenter la noyade de la fillette à Shannon, le directeur général de la Société de sauvetage du Québec, Raynald Hawkins, rappelle qu'aucune maisonnée n'est à l'abri d'une noyade.

Habituellement, ce sont les enfants de la maison qui sont les plus à risque de se noyer dans leur propre piscine, a précisé lundi Raynald Hawkins, lors d’une entrevue à l’émission C’est encore mieux l’après-midi.

Ce dernier insiste d’abord et avant tout sur l’importance d’assurer une surveillance continue lorsque des enfants se retrouvent à proximité de l’eau. Dans 9 noyades sur 10, les enfants se noient sans surveillance.

Vue aérienne de nageurs dans une piscine avec des articles de flottaison.

Avec les épisodes de canicule et le télétravail, il est important d'être encore plus vigilant autour de la piscine.

Photo : getty images/istockphoto / helivideo

Raynald Hawkins souligne également l'importance de ranger les jouets et les objets flottants lorsqu'il n’y a personne autour de la piscine. Lorsqu’il y a des éléments dans l’eau qui pourraient être attirants pour l’enfant, il pourrait vouloir les récupérer ou se sentir invité à la baignade.

Des technologies populaires

En plus des mesures de prévention traditionnelles, certains produits technologiques permettent d'accéder à un deuxième niveau de sécurité pour les parents.

Il existe des bracelets pour enfants qui déclenchent une alarme lorsqu’ils se retrouvent dans l’eau, mentionne pour Martin Perreault des magasins Club Piscine de la région de Québec.

L’appareil est si populaire qu'il est presque impossible d'en trouver sur les tablettes des commerces en ce moment, d'après M. Perreault.

Il soutient tout de même lui aussi que rien ne vaut la présence d’un surveillant. Ce n’est pas long pour qu'un accident malheureux se produise, ça peut juste être un petit moment d’inattention.

Un été chaud passé près de l’eau

Le nombre de noyades est élevé cet été au Québec. En date du 10 août, la Société de sauvetage a recensé 68 noyades rapportées par les médias, contre seulement 47 à pareille date l’an passé.

Selon les données de la Société de sauvetage, 51 des 68 noyades impliquaient des hommes de plus de 15 ans. La plupart du temps, elles surviennent dans un lac ou une rivière.

Le directeur général de la Société de Sauvetage, Raynald Hawkins, en profite donc pour rappeler l’importance du port de la veste de flottaison. 95 % des victimes au Québec ne portaient pas ou ne portaient pas correctement leur veste, dénonce-t-il.

Un kayakiste est en train d'attacher sa veste de flottaison sur le bord d'un lac.

Un kayakiste porte une veste de flottaison sur le bord d'un lac.

Photo : getty images/istockphoto / Dzurag

Malgré la hausse de cette année, les statistiques de noyade ont déjà été bien pires. Quand j’ai commencé il y a 30 ans, on avait environ 200 noyades par année, la moyenne se situe plus autour de 80 dans les derniers 10 ans, révèle le directeur général de la Société de Sauvetage.

Selon lui, cette année, avec les restrictions de voyages, les Québécois se sont peut-être plus souvent retrouvés à risque dans leur propre province. Il fait beau et il fait chaud, donc les gens vont près de l’eau et surtout cet été, les vacanciers sont restés au Québec, remarque-t-il.

Avec des informations d'Olivier Lemieux

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