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Un jeu éducatif dans un camp de jour de Gatineau suscite la grogne des parents

Un employé du camp de dos accueille les enfants devant une pancarte annonçant le camp de jour.

Des enfant du camp de jour de l'école Carle auraient nettoyé des poignées de portes, des rampes et des pupitres sans protection, dénoncent des parents

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Radio-Canada

Lavage de poignées de portes, de rampes et de pupitres, voilà en quoi aurait consisté une activité de sensibilisation aux mesures sanitaires dans le camp de jour de la Ville de Gatineau à l’École primaire Carle. Des parents dénoncent l’activité puisque selon leurs enfants, ils n’auraient pas porté de masque ni de gants.

En route vers la maison après une journée au camp de jour, Annie Carrier a demandé à ses enfants comment s’était passée leur journée. Ils m’ont expliqué qu’ils avaient fait du ménage dans l’école, raconte la mère. Ses enfants lui ont aussi raconté avoir lavé des cuvettes de toilettes.

La maman a demandé à d’autres parents de jeunes fréquentant les camps de jours dans une publication Facebook s’ils avaient reçu le même témoignage de leurs enfants.

C’est comme ça que j’ai eu ma réponse, dit-elle après avoir reçu quelques réponses de parents qui ont interrogé leurs enfants.

Je trouve ça assez ordinaire. Je les envoie au camp de jour pour qu’ils aient du plaisir […] et qu’ils voient des amis. Si j’ai besoin de leur faire faire du ménage, il y en a à faire à la maison.

Annie Carrier, mère

Annie Carrier a par la suite contacté le service d’appels non urgents de la Ville de Gatineau pour porter une plainte officielle et a retiré ses enfants du camp de jour. Il y a des règles très strictes sur comment accueillir les enfants dans des locaux, comment désinfecter, le port du masque, le port des gants quand on nettoie une surface puis […] mes enfants ont eux-mêmes fait le ménage sans masque, sans gants, avec des produits dangereux.

Mme Carrier se dit déçue de la réaction de la Ville. Selon elle, les propos de ses enfants sont minimisés. Au moment d’effectuer l’entrevue, elle n’avait pas eu de retour d’appel de la Municipalité.

Il faut qu’il y ait un suivi, je ne comprends juste pas, lance-t-elle. La mère de famille est d’avis que la situation n’est pas prise au sérieux par l’administration municipale.

Selon elle, il s’agit d’une activité qui se serait produite à plus d’une reprise. Mon enfant a fait trois classes de pupitres. C’était chacun une journée. Sa sœur, ma fille, elle l'a fait la journée d’avant, souligne Mme Carrier.

Les enfants portaient des gants, assure la Ville

La Ville a refusé la demande d’entrevue de Radio-Canada. Elle a toutefois indiqué que l’activité avait pour objectif de sensibiliser les enfants aux mesures d’hygiène en période de pandémie.

Le camp de jour de l’école Carle est le seul à avoir proposé ce genre d’activité, il y a deux semaines.

Des animateurs de camps de jour assis dans l'herbe lors d'une formation dans un parc.

La Ville confirme que les enfants portaient des gants lors de l'activité, mais pas de masque.

Photo : Radio-Canada

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, la Ville de Gatineau confirme que les enfants qui ont participé à l’activité ne portaient pas de masque. Les enfants qui ont participé à l’activité portaient des gants uniquement, le port du masque n’étant pas obligatoire pour les enfants fréquentant un camp de jour, explique-t-elle.

Selon la Ville, seuls les locaux que les enfants utilisaient ont été nettoyés par ceux-ci, et le service de conciergerie fait la tournée du camp trois fois par jour. Elle affirme également n’avoir reçu aucune plainte et avoir contacté les parents mécontents, qui auraient été satisfaits de leur réponse.

Les mesures d’hygiène remises en question

Lucie-Julie Groulx a elle aussi retiré son enfant du camp de jour de l’école Carle. Après avoir vu la publication Facebook de Mme Carrier, elle a questionné son enfant sur les activités organisées au camp.

J’ai questionné mon enfant, et oui, cette journée-là, il a fait des tâches ménagères. Il a nettoyé des pupitres, des salles à dîner, mais pas la sienne. C’était vraiment ceux de tout le monde, explique Mme Groulx.

Le lendemain, elle a contacté la Ville de Gatineau. Celle-ci lui aurait expliqué que le but de l’activité était de sensibiliser les jeunes aux mesures sanitaires en vue de la rentrée scolaire.

Lucie-Julie Groulx en entrevue à Radio-Canada.

Mme Groulx a retiré son enfant du camp de jour de l'école Carle.

Photo : Radio-Canada

En ce moment, tu es en train de lui apprendre à nettoyer une rampe d’escalier, puis pas de gants, où toutes les mains touchent.

Lucie-Julie Groulx, une mère

La mère dit comprendre qu’il peut être difficile pour les camps de respecter les mesures sanitaires en place. Selon elle, l'activité n'avait pas sa place. On leur apprend à maintenir deux mètres de distance, à ne pas partager, à ne pas toucher les choses des autres. Sauf que là, on leur apprend à aller nettoyer une rampe d’escalier.

Ce qui dérange Mme Groulx, c’est que son enfant aurait nettoyé des surfaces communes aux enfants du camp. Ça ne me dérange pas que mon enfant fasse des tâches ménagères. Je comprends ça qu’il nettoie ses ballons, qu’il nettoie son pupitre. Ça fait partie des normes de la salubrité actuelles. Mais de là à ce qu’il le fasse pour tout le monde.

Je commence à comprendre pourquoi depuis six semaines mon enfant, chaque jour, ne veut pas aller au camp de jour, conclut-elle.

Avec les informations de Julie-Anne Lapointe et de Marielle Guimond

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